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Cluny, la crise de l'Eglise et les âmes du Purgatoire

 
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Raphaël


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MessagePosté le: Jeu 16 Nov - 21:10 (2017)    Sujet du message: Cluny, la crise de l'Eglise et les âmes du Purgatoire Répondre en citant

par dom Thierry Barbeau, moine de Solesmes
http://notrehistoireavecmarie.mariedenazareth.com/fr/esc/fondation-de-cluny…


© Olivier Duquesne CC BY SA
Le 11 septembre 909 ou 910, Guillaume III, dit « le Pieux », duc des Aquitains et comte de Mâcon, faisait donation à l’abbé Bernon d’une villa, située dans la vallée de la Grosne, à trois lieues au nord-ouest de Mâcon (Saône-et-Loire). Cluny était fondée : un très haut lieu monastique de la chrétienté médiévale venait de naître.

1) Odon
(...) Odon et ses frères de Cluny se regardaient comme formant une parvula societas, « une pauvre famille ». Deux siècles plus tard, l'Ecclesia cluniacensis était constituée d’un gigantesque réseau d’abbayes, de prieurés, d’églises et de dépendances diverses qui se ramifiait jusqu’aux confins de la Chrétienté : de l’Italie du Sud jusqu’en Angleterre et en Scandinavie ; des confins du monde "orthodoxe", en Pologne et en Hongrie, jusqu’aux avant-postes, face à l’Islam, dans la péninsule Ibérique et en Palestine où, à la faveur de la croisade, Cluny possédait une filiale, le monastère du Saint-Sauveur sur le Mont-Thabor. Les lointains successeurs de Bernon et d’Odon, Odilon, Hugues de Semur et Pierre le Vénérable surtout, seront des personnages de premier plan dans la Chrétienté des XIe et XIIe siècles, où les abbés de Cluny se feront les émules et parfois les protecteurs des papes.

2) Une situation historique remarquable.
Ce développement extraordinaire, cette destinée inégalée peuvent s’expliquer par la situation historique exceptionnelle {nous sommes dans le "Siècle de Fer", époque de décadence morale extraordinaire dans l'Eglise} dans laquelle Cluny s’est trouvée insérée au Xe siècle. (...) Mais cet essor prodigieux s’explique aussi par l’entière liberté, tant sur le plan temporel que sur le plan spirituel, dont jouit l’abbaye depuis ses origines {liberté face à la dépravation morale du clergé et des religieux, liberté pour contrer les manœuvres de destruction de l’Église}. En effet, Guillaume d’Aquitaine avait fait don du monastère aux apôtres saint Pierre et saint Paul, le plaçant ainsi sous la dépendance et la protection directes de l’Église de Rome : c’est ce qu’on appelle l’exterritorialité. Depuis, toute une série de privilèges d'exemption vis-à-vis des pouvoirs ordinaires de l’évêque diocésain {il faut malheureusement aujourd'hui ajouter l'exemption des pouvoirs ordinaires du Pape, sachant que la crise est promue par lui et est aussi une crise doctrinale} (...)

3) Des abbés mémorables.
Cependant le rayonnement de Cluny, son destin exceptionnel ou, si l’on préfère, « le secret de Cluny », résida pour l’essentiel dans une lignée presque ininterrompue de grands abbés, dont les longs et féconds abbatiats présideront aux destinées de la grande abbaye durant près de deux siècles et demi. Leurs mérites aux yeux de Dieu et des hommes leur valurent l’auréole des bienheureux et des saints que l’Église leur conféra. Ces grands abbés ont pour noms saint Odon, saint Mayeul, saint Odilon de Mercœur, saint Hugues de Semur et le bienheureux Pierre le Vénérable.  

4) À l’école de saint Benoît...
Si le succès de Cluny relève de la personnalité remarquable des abbés qui l’ont gouvernée, il est aussi attribuable à la Règle bénédictine qui fut celle des moines clunisiens. La vie de ces derniers était entièrement déterminée par la Règle de saint Benoît (RB), rédigée au début du VIe siècle. Une vie équilibrée faite de lecture, de prière et de travail. En un temps où l’insécurité des chemins en faisait un devoir strict de charité, les clunisiens développèrent aussi la pratique d’une large hospitalité, ainsi que l’exercice de l’aumône, dispensée avec une particulière générosité. Cluny fut aussi un centre culturel essentiel de l’Europe médiévale. La vie menée par les clunisiens supposait une sérieuse formation intellectuelle, tendant d’ailleurs moins à former des penseurs originaux que des hommes cultivés, comme le réclament la célébration de la liturgie et les obligations qui en découlaient pour les moines. Cette existence toute orientée vers la recherche et la louange de Dieu se traduisit aussi à travers une grande sensibilité artistique, une attention portée à la beauté qui doit rejoindre les aspirations de l’âme contemplative (...)

5) La liturgie
(...) La liturgie, prière de la louange divine, est en effet l’occupation principale des clunisiens. Saint Benoît avait déjà prescrit à ses disciples de ne rien préférer à l'œuvre de Dieu :
Nihil operi Dei praeponatur (RB 43). Cluny reprit à son compte ce beau programme. Ce dernier allait même l’amplifier, avec une magnificence jamais atteinte (...)

6) Le Christ, Seigneur des clunisiens.
Saint Benoît, qui demande à ses disciples de ne rien préférer à l'œuvre de Dieu, les invite pareillement à « Ne rien préférer à l’amour du Christ » (« Nihil amori Christi præponere »), (RB 4). Dès les premières lignes du Prologue de la Règle bénédictine, se dresse en effet la figure du Christ. Insistant sur sa divinité, saint Benoît voit avant tout en lui le Seigneur et le grand Roi (...)

7) Christologie « affective ».
La liturgie, qui est contemplation des mystères de la vie terrestre du Christ, de son humanité assumée et déifiée, de sa gloire et de son triomphe, conduisit aussi les moines clunisiens à une théologie et à une spiritualité de type affectif dont l'essence est l'union à Dieu. Aussi, la seconde grande caractéristique de la christologie clunisienne est d'être pénétrée d'une chaleur sensible. Christologie qui peut être à juste titre qualifiée d'« affective ». Ainsi, saint Odon donne du Christ deux aspects parfaitement complémentaires : d’une part, l’humilité, la douceur, la patience, la pauvreté {les affections sont ordonnées - pas de "charismatisme" ou d'apparitionnisme} du Fils de Dieu fait homme (...)

8) Notre-Dame, « Mère de Miséricorde ».
À la dévotion au Christ doit être associée la dévotion à sa Mère, très présente à Cluny, où les fêtes de la Vierge tiennent une place privilégiée dans le calendrier liturgique. La Vierge est invoquée sous les deux titres de « Dame » et de « Mère de miséricorde ». C’est en s’adressant ainsi à la Mère de Dieu, O Domina et Mater misericordiae, que l’abbé saint Odon, encore adolescent, s’était confié à elle, lui remettant sa vie entre ses mains. Jean de Salerne, son biographe, a rapporté la belle histoire survenue à un moine. Un jeune brigand avait été conquis par la douceur de saint Odon au cours d’un de ses voyages et était entré à Cluny où il menait une vie exemplaire. Tombé malade après quelques mois, il eut, une nuit, l’apparition d’une belle Dame entourée d’un brillant cortège.
- « Qui êtes-vous ? », lui demanda-t-il.
- « La Mère de miséricorde. »
- « Que me voulez-vous ? », ajouta-t-il.
- « Dans trois jours, à telle heure, je viendrai te chercher. »
Effectivement, le malade mourut au jour et à l’heure dits. Depuis lors, relate Jean de Salerne, saint Odon n’appelait plus Sainte Marie que la « Mère de miséricorde ». Et il n’est pas impossible que ce soit sous l’influence de Cluny qu’ait été introduit, dans les premiers mots du Salve Regina, le mot « Mater », (...)
Cette sensibilité à la Miséricorde de Dieu qui se penche sur toutes les misères des hommes conduira les moines clunisiens à œuvrer grandement en faveur de la prière pour les morts, œuvre de miséricorde par excellence. Et c’est l’abbé saint Odilon qui institua la commémoraison de tous les défunts, le 2 novembre, le lendemain de la fête de la Toussaint, qui s’étendra plus tard à l’Église entière.


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MessagePosté le: Jeu 16 Nov - 21:10 (2017)    Sujet du message: Publicité

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