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Lettre ouverte (fictive) de 600 prêtres à Mgr Fellay

 
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Auteur Message
Sean Johnson


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MessagePosté le: Sam 23 Juin - 21:58 (2018)    Sujet du message: Lettre ouverte (fictive) de 600 prêtres à Mgr Fellay Répondre en citant

Ces mots ont été écrits pour la première fois il y a huit mois, mais ils servent de rappel pratique de certaines des questions primaires au moment où nous nous dirigeons vers le Chapitre général.


La traduction française est une gracieuseté de DeepL.com, et l'original en anglais peut encore être trouvé sur ce blog : 


https://zascianekporusza.wordpress.com/2017/10/19/fictitious-open-letter-of-all-sspx-priests-to-bishop-fellay/







Après avoir lu la lettre subversive Cor Unum de Mgr Fellay de juin/2017, nous n'avons pas noté une seule voix d'opposition de la part des plus de 600 prêtres de la SSPX dispersés dans le monde entier.  Même si récemment, il y a six ans, une lettre comme celle-ci aurait provoqué une telle tempête de feu au sein de la Société que la survie de Mgr Fellay au prochain Chapitre général aurait été mise en danger. 


Mais aujourd'hui, pas un mot.


Ces jours semblent si lointains !


Par conséquent, j'ai pris sur moi de créer une réponse fictive qui aurait pu venir du clergé de la SSPX dans des jours meilleurs.







Lettre ouverte à Mgr Fellay de la part de tous les prêtres et évêques de la SSPX 
 

 
 
par 
 

 
 
Sean Johnson 
 

 
 
10/5/17 
 

 
 
 
 
Salutations, Monsigneur:
Vous comprendrez que nous sommes choqués par la récente lettre que vous nous avez envoyée en juin/2017 Cor Unum, qui est subversive de la sécurité de notre apostolat et de notre fidélité à la Foi catholique.


Votre lettre commence en notant "certains troubles qui ont éclaté dans notre Fraternité ces derniers mois", mais en reconnaissant cela, vous ne regardez pas la cause, mais seulement l'effet (c'est-à-dire les "troubles" dont vous êtes vous-même la cause).  Apparemment, on administrait une aspirine pour étouffer les symptômes, plutôt que de s'attaquer à la maladie qui les produit.


En nous rappelant que les statuts réservent l'adressage des relations romaines au Supérieur général, nous y voyons une mesure de contrôle destinée à étouffer toute opposition au ralliement.  Nous rappelons qu'avant que le ralliementbec public, les prêtres de la Société écrivaient et parlaient régulièrement sur la question des relations romaines, sans opposition de la part de Menzingen ou des différents sièges de District, pour la plupart.  Évidemment, vous ne voulez pas qu'une voix contraire mette en évidence votre trahison, et donc votre appel à cette règle.  Mais comme la vertu morale de l'obéissance est subordonnée à la vertu théologale de la foi, nous ignorons calmement votre appel et exécutons notre devoir de pasteur des fidèles en leur rappelant des chaire, des bulletins, des conférences et des articles, pourquoi signer un accord avec Rome non convertie mettra leur âme en péril.


Quelle folie avez-vous eue que Votre Excellence ait perdu de vue le danger clair et présent pour la Foi à Rome ?  Seul un fou serait persuadé (comme votre lettre nous attend), qu'il y a un nouveau climat à Rome qui veut en quelque sorte la Tradition (même si elle la persécute ?).


En ce qui concerne les lettres récentes de nos collègues en France, nous sommes très perplexes -et en colère- que vous nous racontiez la décision du Chapitre général de 2006 selon laquelle " mettre en lumière publiquement un différend avec l'autorité est un motif de renvoi de la Société ".  Le P. Rioult a "mis en lumière" vos relations secrètes avec Rome, et l'accord pour "procéder par étapes vers un accord pratique" avec les modernistes, et nous ne pouvons que nous demander si le statut de 2006 auquel vous faites référence était peut-être l'une de ces "préparations" (destinées à étouffer l'opposition lorsque le moment est venu pour vous de montrer vos véritables intentions subversives).


Mais selon l'avertissement de Votre Excellence, nous prenons votre avertissement au sérieux et reconnaissons que ceux qui ont le courage de s'opposer à cette réorientation traître sont probablement exposés au danger d'expulsion : Votre Excellence a volontiers eu recours à cette tactique (dont le P. Pfluger s'est réjoui en tant que "purification" de la SSPX dans sa conférence de Flavigny aux Frères).  Nous comprenons parfaitement que vous devez débarrasser notre Fraternité de l'opposition avant que Rome n'accepte votre signature.  C'est une question de bon sens.


Mais que le ciel nous interdise d'être lâches sous le couvert de la prudence ou de l'obéissance, tandis que nos moutons sont conduits par vous à l'abattoir romain !


Vous nous dites que nous imaginons seulement que nous défendons la Tradition.  Pourtant, nos observations concernant le ralliement correspondaient de très près à celles de Votre Excellence, dans la lettre 63 (et al) !


Talleyrand !


Vous prétendez que c'est notre opposition qui affaiblit la Fraternité en fracturant son unité, plutôt que de la réorienter en vue de la Prélature.  Rank malhonnêteté !  N'est-ce pas Votre Excellence qui a expliqué à Benoît XVI (moderniste) que vous étiez prêt à endurer une forte opposition et une division pour parvenir à un accord pratique, lorsque vous avez cherché une explication au rejet de dernière minute par Rome de la Déclaration que vous avez signée ?


VOUS êtes la cause de la désunion dans la Société, conséquence d'avoir quitté le chemin prudentiel de Mgr Lefebvre (et nous savons tous comment cela se terminera).


Il n'est pas passé inaperçu, cependant, cet accent mis par Votre Excellence, sur l'unité sur la doctrine (une caractéristique de l'église conciliaire dans laquelle vous dissolvez déjà notre Fraternité).  Mais cela ne nous surprend pas : L'évêque que vous avez expulsé pour faciliter votre trahison a déjà observé que "la crise de la SSPX ressemble en tous points à la crise de l'Église après Vatican II".  Une réponse distincte pourrait suivre toutes ces similitudes, mais à quelle fin ?  Votre Excellence a déjà fait part à Rome de sa détermination à aller de l'avant, quelle que soit la rupture qu'elle provoque dans la Société.


Pourtant, vous prétendez nous faire la leçon sur la perturbation de l'unité de notre Société ?


Votre Excellence nous pardonnera donc, quand nous sourions à votre affirmation fallacieuse selon laquelle "il est impossible d'utiliser un moyen mauvais et illégal sans causer de dommages au bien commun" qui tend plutôt à condamner Votre Excellence, et non pas nous.


Quant à vos "Cinq Points" rappelant la nature de nos relations avec Rome, nous percevons en eux des signes de l'infection moderniste de Votre Excellence (sans doute causée par des visites trop fréquentes à la léproserie) :


Au point 1, Votre Excellence fait quelques déclarations troublantes :


Tout d'abord, vous affirmez que la crise dans l'Église a commencé au moins depuis l'époque du pape Léon XIII.  Qu'est-ce que c'est que ces bêtises ?  Il n'y a pas eu de crise à l'époque parce que les autorités ont réprimé les révolutionnaires, alors qu'aujourd'hui elles sont de connivence avec eux.  En fait, ce sont eux !


Vous nous pardonnerez si nous soupçonnons dans les paroles de Votre Excellence une tentative d'étendre la crise jusqu'aux années 1800 afin d'exonérer le Concile Vatican II et d'éviter de l'identifier comme la cause de la crise actuelle.


Rome adopte la même position depuis plus de 50 ans, et c'est précisément la raison pour laquelle la crise s'aggrave chaque jour.


Plus loin dans le même paragraphe, Votre Excellence dit "ces erreurs, appelées fausses interprétations....".  Pourquoi ne pas les appeler des erreurs simplement ?  Pourquoi les réduire à de simples "fausses interprétations ?  2 ans de discussions doctrinales mises en scène (les vidéos promises que nous n'avons pas encore vues, six ans après !) n'ont-elles pas clairement montré que ce sont des erreurs ?  Cette équivoque trahit clairement la confusion intellectuelle (au mieux) dans l'esprit (ou le cœur ?) de Votre Excellence quant à savoir si ces erreurs sont vraiment des erreurs proprement dites.  C'est peut-être comme votre Excellence l'a rappelé lors de l'entrevue de la SNC il y a des années, que les gens ne savent pas vraiment ce que le Conseil a réellement enseigné ?  Peut-être que seuls les illuminés comprennent que ce ne sont pas vraiment des erreurs après tout (même si vos propres négociateurs le pensaient clairement !)?


Au point 3, Votre Excellence rappelle à juste titre que la position prudentielle de Mgr Lefebvre concernant Rome est ce qui a sauvé la Société (et la foi de tous les temps), et pourtant aujourd'hui vous la quittez librement, sous le prétexte spécieux d'un "changement de circonstances" (pour le mieux) à Rome ?  Quel homme fou croirait ça ?  Rome n'a jamais été plus embourbée dans le modernisme ; il n'y a pas un seul évêque ou cardinal conciliaire dans le monde entier qui professe, sans ambiguïté et sans équivoque, la foi de tous les temps.  Non, pas même vos amis modernistes comme l'évêque Athanasius Schneider, et al. tous ces hommes sont des hommes de Vatican II : Pozzo, Burke, di Noia, Hoyos, etc.


Au point 5, Votre Excellence nous fait inutilement remarquer que Mgr Lefebvre n'a jamais voulu se séparer de l'Église, comme si notre résistance continue aux réformes conciliaires équivalait précisément à une telle séparation.  C'est plus révélateur de la pensée de Votre Excellence que de la nôtre.  Pour notre part, nous n'avons pas besoin qu'on nous le dise.  Mais pour votre part, vous semblez craindre ce danger imaginé (et la propagande scrupuleuse que vous laissez couler des stylos du P. Simoulin, Schmidberger, Pfluger, Nely, Robinson, et al renforce cette suspicion).


L'argument implicite est que la position de la SSPX au cours des 29 dernières années a été schismatique.  Vous ne sortirez pas pour le dire, mais vous le craignez.  Vous ne pouvez pas non plus éviter la conclusion (comme vous le ferez plus tard) en faisant appel au changement de circonstances : Rome n'a-t-elle pas toujours été prête à approuver la Société, si seulement elle se conformait aux exigences romaines (comme elle l'a fait tout au long de ce long processus de ralliement, du moins depuis les réunions du GREC de 1997) ?  La Rome moderniste des années 1970 n'a-t-elle pas dit à l'archevêque Lefebvre qu'une seule messe Novus Ordo, et tout serait pardonné ?  La Rome moderniste des années 1980/1990 n'a-t-elle pas dit à Mgr Lefebvre qu'un seul acte d'humilité et d'excuses de Mgr Lefebvre à Jean-Paul II, et que tout serait rectifié ?


Oui, Votre Excellence, nous percevons en vous la croyance que la Société est schismatique, et un désespoir conséquent pour résoudre cette " situation canonique anormale ".  En cela, vous êtes tombés dans le même légalisme qui fait que toutes les communautés autrefois traditionnelles "courent à Rome" (comme vous l'avez déjà écrit).


Ne pourriez-vous pas simplement démissionner et vous "réconcilier" ?  Ou, percevez-vous un devoir imaginaire d'en emmener le plus grand nombre possible avec vous à Rome, pour apaiser votre conscience scrupuleuse, pour avoir dirigé un groupe de prêtres illégaux qui administrent des confessions et des mariages non valides depuis au moins les suspensions de 1976 ?


Votre Excellence considère qu'une ligne de conduite concernant les relations romaines a été proclamée aux Chapitres généraux de 2006 et 2012, sans toutefois mentionner que cette dernière contredit la première !  Au lieu de cela, vous tentez de tromper, en prétendant que 2012 est la suite du développement de 2006, comme si la contradiction pouvait être le développement !


Les principes ne changent pas, mais les circonstances peuvent changer.  Nous ne sommes pas en désaccord.  Mais nous percevons que dans la réalité de la situation à Rome et dans notre Société, ce sont les principes qui ont changé, et les circonstances sont restées les mêmes !  Le principe d'action du Chapitre général de 2006 était qu'il n'y aura pas d'accord pratique avec Rome non convertie.  Les circonstances étaient (et sont toujours) que Rome reste embourbée dans le modernisme, et le promeut activement dans toute l'Église universelle.


Si, de bonne foi, Votre Excellence est tellement délirant qu'il ne peut ni percevoir ni admettre cette réalité, alors Votre Excellence n'est clairement pas compétente pour guider en toute sécurité notre Fraternité à travers cette crise, et nous exigeons que vous (et tous ceux qui partagent votre illusion ou incompréhension dans les différents bureaux de District) démissionnez immédiatement de leur(s) position(s).  Une telle aveuglement ne peut que nous conduire dans les bancs rocheux, sur lesquels nous sommes peut-être déjà bloqués.


Votre Excellence déclare que "pour rien" nous voulons quitter cette ligne d'action par laquelle nous reconnaissons les autorités dans l'Église, mais refusons leurs erreurs.  Nous sommes tout à fait d'accord, mais nous remarquons que Votre Excellence le fait précisément dans la mesure où votre campagne de branding a tendance à cesser de refuser les erreurs romaines et conciliaire.  Il s'agit d'une étape intermédiaire sur la voie de l'acceptation de ces erreurs : D'abord, nous cessons de les combattre, et cela, combiné à l'accent continu sur le respect de l'autorité romaine, nous amène à commencer à accepter les erreurs (après tout, plus personne ne nous dit que ce sont des erreurs !


Si je pouvais assister à une réunion de la Grande Loge Orient de la Franc-maçonnerie, j'imaginerais précisément une telle stratégie pour subvertir, puis capturer la Tradition.


Votre Excellence utilise une façon intéressante de décrire la position traditionnelle de notre Société : "Nous affirmons notre soumission à l'autorité légitime, et nous refusons presque systématiquement de la suivre."  Cette description, exacte jusqu'à un certain point, ressemble presque à une critique, comme si en refusant "systématiquement" de suivre l'autorité, nous en sommes responsables.  Cela implique à son tour un déni de la manière "systématique" dont la révolution conciliaire a été mise en œuvre dans toute l'Église universelle, dans la liturgie, l'instruction catéchétique, les rites sacramentels, le droit canonique, etc.


Votre Excellence a-t-il perdu de vue l'ampleur et la gravité de la crise dans l'Église ?  Il semble que oui.


Enfin, Votre Excellence -nous hésitons à le dire, mais nous devons le dire- se montre un traître en déclarant que "c'est une approximation fausse et très dangereuse que de dire'nous n'avons pas besoin d'une délégation pour les mariages;''la juridiction fournie pour les confessions nous suffit....'".  Cette condamnation implique implicitement l'acceptation de la proposition contraire : "Il est vrai que nous avons besoin d'une délégation conciliaire pour nos mariages ;""la juridiction pour les confessions n'est pas suffisante pour nous".  Comment nos prêtres et nos fidèles peuvent-ils s'interroger sur la validité de leurs sacrements passés avec de telles absurdités venant de Votre Excellence ?  Et indépendamment de cette question, comment Votre Excellence peut-elle prétendre qu'il n'y a rien de dangereux à soumettre le contrôle des mariages aux autorités diocésaines ?  Nous voyons dans les directives pastorales du Cardinal Muller que la norme est que les autorités conciliaire donneront la délégation et recevront le consentement des parties au mariage, le prêtre de la SSPX célébrant la messe plus tard.


Si Rome permet actuellement à la délégation d'aller auprès des prêtres de la Société, n'est-ce pas seulement pour calmer la tempête ?  Une exception à la Règle (qui ne doit être mise en œuvre "dans la mesure du possible") ?  Pensez-vous que dans quelques années (en supposant que la SSPX n'a pas déjà vendu officiellement d'ici là), cette mise en œuvre intelligente de ces directives pastorales par les Romains donnera toujours la délégation aux prêtres de la Société ?  Bien sûr que non !  D'ici là, les prêtres de la SSPX ne feront plus confiance à leur juridiction d'approvisionnement, et dépendront psychologiquement de la réception de la délégation, même lorsque les directives pastorales commenceront à être mises en œuvre comme prévu : Avec le prêtre conciliaire recevant le consentement des fidèles.


Comme dans tous les autres domaines du ralliement, les Romains progressent graduellement, avec patience (comme ils vous l'expliquent continuellement !), et ne s'attendent qu'à d'autres pas dans le temps.  Mais Votre Excellence sait et comprend aussi bien que nous, que le jour viendra où la réception conciliaire des vœux dans les chapelles de la SSPX sera répandue et "normale".


Votre Excellence est dans un état de collusion ouverte avec nos ennemis, parce que Votre Excellence ne les perçoit pas comme tels, mais comme des amis.


Folie !


Mais nos bouches s'ouvrent quand nous lisons que Votre Excellence endosse le mouvement Ecclesia Dei, que notre Fondateur a condamné comme traîtres !  Par conséquent, vous aussi, vous êtes un traître pour soutenir les traîtres !  Comment ne pas le reconnaître ?  La même excuse est toujours offerte par les transfuges de la Tradition : "Imaginez le bien que nous pourrions faire."  Elle a été condamnée à Dom Gérard par les prêtres de Campos, qui plus tard sont tombés pour elle, et ont été condamnés par....Votre Excellence (qui, tombant pour elle aujourd'hui, est condamnée par nous).  Et la contradiction est censée être atténuée par un prétendu changement de circonstances ?


Pourtant, Mgr de Galarreta a reconnu à Albano (fin 2011) qu'il n'y a pas eu de changements substantiels à Rome qui justifieraient les nôtres !


Le fait que Rome offre plus pour démontrer que les hérétiques veulent que nous combattions leurs hérésies ?  Qu'ils veulent Tradition ?  Sois réaliste !


Par conséquent, nous ne percevons pas la voix du Bon Pasteur dans vos étranges raisonnements, qui semblent venir plus du loup que du berger.  Très honnêtement, Votre Excellence, vous sonnez plus comme le Supérieur Général de la Fraternité Saint-Pierre, que de la SSPX, en argumentant dans ce sens.


Les arguments que vous avancez sont toujours venus des quartiers d'Ecclesia Dei.  Pourquoi ne pas dire que vous croyez que Mgr Lefebvre avait tort, au lieu de vous ridiculiser en vous cachant derrière une contrevérité transparente que les circonstances et les conditions à Rome s'améliorent au point qu'il est temps de conclure un accord (ce que vous avez dit en 2001, 2012 et 2017).


"Rome s'améliore sans cesse ", nous devons croire, alors que c'est manifestement le contraire.


Certainement, vos paroles relativisant la juridiction fournie démontrent que vous avez perdu la foi dans l'excellente et imprenable apologétique avec laquelle la SSPX a justifié le recours à elle au cours des 40 dernières années dans l'exercice de l'apostolat.  Quand est-ce que ça t'est arrivé ?  Il y a des décennies ?  Pourquoi devons-nous partager vos scrupules ?  Ne vous suffirait-il pas de retourner à Rome avec vos lieutenants aux vues similaires ?  Ou bien, vos ravisseurs romains vous ont-ils piégé avec du chantage spirituel, en retenant votre "pardon spirituel" jusqu'à ce que vous trahissez complètement le fort de la Tradition ?


Et cette "lente évolution des cercles conservateurs" dont vous êtes témoin, qu'en est-il ?  Il y a eu des cercles de conservateurs depuis le Conseil lui-même !  Votre Seigneurie a perdu de vue le fait que les libéraux et les conservateurs (c'est-à-dire des libéraux plus réservés) ne sont pas différents des Jacobins et des Girondins dans la Révolution française : Tous deux soutenaient la révolution, la seule différence étant que les Jacobins (par exemple, Bugnini, Congar, Kasper, Kung, Francis) voulaient aller plus loin et plus vite que les Girondins (c'est-à-dire Benoît XVI, Athanasius Schneider, Pozzo, Burke).


Mais +Athanasius Schneider ne soutient-il pas et n'organise-t-il pas l'oecuménisme ?  Est-ce que ++Burke ne pense pas à défendre le mariage sur la base de la doctrine de JPII, et en s'appuyant sur la théologie post-Vatican II, et d'une manière qui évite soigneusement d'attaquer ce Concile infernal ?  BXVI ne prétend-elle pas que les magistère pré et post-conciliaire peuvent être réconciliés par la dialectique hégélienne et la synthèse des opposés (c'est-à-dire l'herméneutique de la continuité) ?


Votre "mouvement conservateur croissant" est en grande partie illusoire, sauf dans la mesure où il est peuplé d'anciens traditionalistes comme vous.  Mais s'il devenait réalité, il présenterait un plus grand danger pour les âmes car ses erreurs sont plus difficiles à identifier.  Choisis ton poison.


Quant aux nombreux Nicodème présumés au sein des communautés Ecclesia Dei qui croient que la position de l'archevêque Lefebvre est correcte, leur présence même au sein de ces communautés compromises et capturées ne démontre-t-elle pas le contraire ?  Ils n'ont pas du tout compris, et encore moins approuvé, Mgr Lefebvre.  Leur raisonnement, leur position et leur doctrine sont entièrement basés sur le légalisme, plaçant -comme Votre Excellence- la "régularité" canonique au-dessus de la primauté de la doctrine, et désireux de laisser tout le reste tomber à l'écart (même la Messe), tant que le sceau romain d'approbation est conservé :


Ils ont accepté la liberté religieuse (comme Votre Excellence l'a implicitement fait dans l'interview du CNS) ; ils déclarent qu'il n'y a pas d'erreurs dans les documents de Vatican II (Votre Excellence dit que nous en acceptons 95%) ; ils célèbrent le Novus Ordo (Votre Excellence aurait déclaré à Rome que si Mgr Lefebvre avait vu la nouvelle Messe célébrée de cette façon, il ne s'y serait jamais opposé) ; ils pratiquent l'œcuménisme (Votre Excellence encourage les réunions du GREC, et la prochaine Conférence sur l'identité catholique tardive) ; etc.


Votre Excellence a-t-elle remarqué que vous semblez avoir plus en commun avec Ecclesia Dei qu'avec la SSPX ?


En quoi ces "Nicodème" sont-ils en accord avec l'archevêque Lefebvre ?  Au mieux, tout en pensant à complimenter vos nouveaux amis, vous les traitez de lâches et remettez en question leur honnêteté et leur intégrité en faisant cet argument.


Et si nous n'élevions pas la voix, nous risquerions de partager le même sort[prenez note, prêtres de la SSPX !].


Si Votre Excellence pense voir "une amélioration par rapport aux conditions imposées par Rome", nous nous demandons quelle est la pertinence ou l'importance de ce qui est offert ?  Mgr Lefebvre a dit au cardinal Ratzinger : "Éminence, même si vous nous donnez tout - un évêque, une certaine autonomie par rapport aux évêques, la liturgie de 1962, nous permettent de continuer nos séminaires - nous ne pouvons pas travailler ensemble parce que nous allons dans des directions différentes. Vous travaillez à déchristianiser la société et l'Église, et nous travaillons à les christianiser."



Pourquoi ce même état de choses (c'est-à-dire travailler dans des directions opposées) ne vous concerne pas aujourd'hui, comme l'a fait notre Fondateur ?  Vous le découronnez aussi ?  Comme l'ont dit les Juifs quand ils ont prévu d'assassiner Notre Seigneur, "Il est opportun qu'un seul homme meure ?".


Seul un imbécile ne reconnaîtrait pas que tant que la Société et Rome travaillent dans des directions différentes, il ne peut jamais y avoir de collaboration fructueuse.  Par conséquent, s'il y a collaboration, c'est parce que les deux parties travaillent vraiment dans la même (mauvaise) direction.  Et l'appui de Votre Excellence aux communautés Ecclesia Dei, et aux prétendus "conservateurs" alliés à Rome, nous disent tout ce que nous avons besoin de savoir sur la direction que prend cette collaboration :


Votre Excellence dirige notre Société de la Tradition vers le conciliarisme conservateur.


Mais percevoir que Rome offre plus, parce qu'ils "s'améliorent", c'est être en danger de solipsisme.  Rome elle-même n'a-t-elle pas admis que leur but est de vous amener au Conseil ?  Ils doivent être très satisfaits des progrès que VOUS avez réalisés à cet égard !  Ce n'est pas la Rome antéchrist devenant plus catholique, mais Votre Excellence devenant plus libérale, qui vous cause cette perception délirante.


Rome a appris que plus longtemps ils vous refusent la prélature, plus Votre Excellence est prête à concéder et à faire des compromis pour l'atteindre.  C'est la raison du "coma" infernal qui prive le SSPX d'une mort finale ; une mort qui viendra sûrement, mais pas avant beaucoup plus de souffrance.  La SSPX doit expier ses anciens péchés, voyez-vous, et les compromis humiliants extorsions de Rome seront notre purification, leur protection et leur sécurité.


"Oui, oui, oui, Cardinal Muller, nous devons prendre plus de temps ; nous devons trouver cette "conversion plus profonde" qui est atteinte par ces contacts continus et trop fréquents (et qui n'est atteinte que par l'acceptation totale de Vatican II !).


Nous levons les sourcils devant votre affirmation selon laquelle nous devons attendre et voir si les autorités romaines "confirmeront la relativisation du Concile", alors que c'est exactement le contraire qui se produit : Votre Excellence relativise la Tradition, la juridiction fournie, et la nécessité de résister aux erreurs romaines !


Mais prétendre que les autorités romaines ont fait preuve de "bienveillance" en prenant au piège la Tradition, c'est presque se déclarer complice, en travaillant de l'intérieur contre la Tradition, pour sa destruction finale.


Contrairement à la croyance de Votre Excellence que la Tradition a beaucoup à gagner d'un accord pratique avec Rome non convertie, c'est exactement le contraire qui est vrai : La vérité n'a rien à gagner, puisqu'elle est déjà en possession d'elle-même, mais elle a tout à perdre en répudiant les conseils prudentiels de Mgr Lefebvre, et en se soumettant à ses ennemis et manipulateurs, et si la SSPX est en déclin qualitatif depuis sa mort, c'est précisément parce que l'héritage qu'il a laissé a été négligé par ceux qui pensent mieux se connaître, de sorte que la lumière est de plus en plus placée sous le panier de boisseau.


Nous vivrons probablement tous encore aujourd'hui pour voir la folie de cette orgueil.


L'histoire se souviendra de votre Excellence comme de l'homme qui a détruit le SSPX.


Sincèrement,


600 prêtres de la SSPX





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MessagePosté le: Sam 23 Juin - 21:58 (2018)    Sujet du message: Publicité

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