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Pas de Justice pas de Paix?

 
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Sean Johnson


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MessagePosté le: Dim 8 Jan - 13:13 (2017)    Sujet du message: Pas de Justice pas de Paix? Répondre en citant

https://psalm129.wordpress.com/2016/12/15/no-justice-no-peace/


[Google Traduction]



Le SSPX est persuadée qu'ils sont redevables, en matière de justice, d'une «régularisation canonique» de la Rome moderniste. La revendication est qu'une telle mesure permettrait de corriger la «suppression injuste» de la Société dans les années 1970.


L'argument lui-même est relativement nouveau. Dans le passé, l'archevêque Lefebvre et les autres supérieurs de la SSPX ont considéré comme une «marque d'honneur» d'être «excommuniés» de l'Église conciliaire. Il a également dit que si les Romains n'acceptaient Quanta Cura, Quas Primas, et le reste de la Tradition, alors il est «inutile» de dialoguer. La justice, croyait l'archevêque, était lorsque Rome se détournerait de ses manières hérétiques et embrasserait la foi de tous les temps.


La Société des anciens a pris ses repères de ces principes. Tout au long des années 90 et 2000, comme d'autres traditionalistes ont glissé dans les mains des Romains, la SSPX était solide et essentiellement caractérisé ces groupes comme des traîtres. La Société mettrait également des citations d'effroi autour du mot «régularisation» chaque fois que le sujet se posait (quelque chose qu'ils ne font plus aujourd'hui). Lors de la chute de Campos en 2002, Mgr Fellay leur a dit qu'ils étaient placés dans un «zoo œcuménique». «L'irrégularité n'est pas avec la SSPX, mais avec l'Eglise Conciliaire», était une autre revendication communément entendue.


Au cours des cinq dernières années, l'argument de la «justice» a pris le devant de la scène et a balayé tous les autres de côté. Il est régurgité dans toute la chambre d'écho traditionnelle ad nauseam. Les blogueurs de toutes les bandes - beaucoup qui n'assistent pas aux chapelles de la Société - se joignent au chœur. Sa victime la plus récente est l'évêque Athanasius Schneider du Kazakhstan.


Dans un récent entretien avec une revue catholique française, Schneider affirme hardiment que l'archevêque, s'il était vivant aujourd'hui, accepterait une prélature personnelle. Car, une prélature ferait partie du processus d '«intégration canonique» qui «restaurerait la justice, très tardivement» à la Société.


Schneider suggère également que le pape François était «miséricordieux» en «étendant» les facultés des prêtres de la société pour entendre la confession. Jouant le rôle de pragmatiste (comme tous les libéraux), il affirme en outre que la Société «ne peut exiger des garanties à 100%». Ces demandes «seraient irréalistes» et «trahiraient un certain manque de confiance dans la Providence».


Schneider et la Société (qui ont fièrement re-produit l'interview sur leur site Web sous le titre «Restaurer la justice à SSPX») suivent les traces des autres libéraux qui sont allés avant eux. Au lieu de rappeler à Rome d'abord et avant tout que les catholiques du monde entier ont un droit en justice à une Eglise libre de modernisme, et que le Vicaire du Christ a un devoir envers Dieu (s'il veut sauver son âme) Se concentrer sur les «droits» de la Tradition, inversant ainsi complètement le point d'attention. Encore une fois, l'accent de l'archevêque était principalement sur Rome pour voir ses erreurs doctrinales et de voir qu'il ne vivait pas la foi catholique. Ce n'est pas le principal objectif de la SSPX aujourd'hui.


Quand le Christ parla aux pharisiens, il les réprimanda: "Sépulcres blanchis! Jean Baptiste, en avertiant Hérode de ses mauvaises voies, cria: «Repentez-vous!» Pourquoi n'est-ce pas le langage de la Société de notre temps? Il était utilisé pour de nombreuses années. Même l'évêque Fellay, par exemple, s'est référé publiquement à Francis comme un «véritable moderniste» dès 2013. Mais quand on lui a demandé ce commentaire de Tim Sebastian en 2016 (à l'époque où les discussions avec le Vatican se réchauffaient) . De plus, lorsqu'on visite le site Web de la Société aujourd'hui, on ne les rencontre pas avec des essais qui mettent en lumière la vérité, mais bien souvent avec des reportages sur des sujets non traditionnels non pertinents.


Au lieu d'agir comme ils sont en possession d'une grande perle, la Société semble embarrassée par le fait que le Saint-Esprit leur a donné des yeux pour voir la crise dans l'Église. En d'autres termes, au lieu de prêcher la vérité et de croire en Dieu pour augmenter la taille de leur troupeau, ils ont décidé de s'engager dans l'œcuménisme traditionnel et de demander l'approbation des évêques "canoniquement intégrés" comme Athanasius Schneider afin qu'ils puissent se dégager comme légers -manière et "acceptable" pour les masses.


Contrairement à ce que disait leur fondateur et contrairement à ce que leurs dirigeants disaient, le néo-SSPX croit qu'il vaut mieux être «à l'intérieur» et avoir une «connexion» avec Rome. Ils pensent qu'en se joignant à «tous les trads de bonne volonté» ils seront en mesure d'arrêter la montée du progressisme dans l'Église. C'est la raison d'être pour embrasser l'argument de «justice». Mais le problème avec cette logique est que c'est la sagesse de l'homme (qui pense toujours en quantité) au lieu de la sagesse de Dieu (qui pense toujours en qualité). C'est le catholicisme libéral par excellence.


La réalité est que la Société est un groupe de quelque 600 prêtres dans une Église qui compte 414 000 prêtres. C'est une embarcation de sauvetage, pas un remorqueur.  C'est une illusion, comme l'a dit une fois Mgr Lefebvre, de penser qu'ils peuvent «rentrer dans cette Église conciliaire dans le but, soi-disant, de la rendre catholique». Ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs, sujets."


Terminons par une analogie. Supposons qu'un groupe de terroristes ait fait irruption dans un palais. Supposons qu'ils ont enfermé le roi dans le donjon en pillant sa résidence. Ce ne serait pas nécessairement un acte de justice de déverrouiller la porte du donjon. La justice serait plutôt servie lorsque le palais sera rétabli à l'ordre et que les terroristes se retireront de leurs voies. Puissions-nous prier avec ferveur pour le jour où les modernistes qui ont volé l'Église reviennent à la vérité et consacrent la Tradition à sa juste place à Rome. C'est seulement alors qu'il y aura une vraie justice dans l'Église.
_________________
Tradidi quod et accepi


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MessagePosté le: Dim 8 Jan - 13:13 (2017)    Sujet du message: Publicité

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Viguerie


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MessagePosté le: Dim 8 Jan - 14:31 (2017)    Sujet du message: Pas de Justice pas de Paix? Répondre en citant

Lire L'illusion libérale par Louis Veuillot

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Viguerie


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MessagePosté le: Dim 8 Jan - 14:43 (2017)    Sujet du message: Pas de Justice pas de Paix? Répondre en citant

8 janvier 2017
[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] « Guerre » Au Vatican

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 7 janvier 2017 

tr_bq a écrit:

Depuis longtemps à Rome une guerre fait rage.
Beaucoup s’en rendent compte assez tard – c’est dommage.
Dans cette crise de l’Église, d’une gravité sans précédent dans toute l’histoire de l’Église, il est très important que les Catholiques fassent attention non seulement au mouvement Traditionnel mais aussi à l’Église catholique en dehors de ce mouvement. Car la Tradition prise dans son sens le plus large, c’est-à-dire tout ce que Notre Seigneur a confié à son Église pour être transmise (tradendum) par elle jusqu’à la fin du monde, est indispensable à l’Église, et le mouvement Traditionnel a joué un rôle indispensable en préservant depuis un demi-siècle de leur destruction par la Révolution Conciliaire la doctrine et les sacrements de la Tradition. Mais pour ce faire et survivre, le mouvement Traditionnel a dû se placer à côté de la structure hiérarchique normale de l’Église, structure qui, elle, fait certainement partie de la Tradition – « Pierre, pais mes brebis » (Jn XXI, 17). Donc pour profonde que soit la corruption Conciliaire à Rome, les Catholiques doivent quand même regarder vers Rome.
      
D’où l’intérêt du rapport suivant qui vient de l’intérieur du Vatican rédigé par le Fondateur et Directeur du site américain, LifeSiteNews, Steve Jalsevac. Il visite Rome normalement deux fois par an avec des confrères pour parler avec toute sorte de contacts à Rome, et savoir ainsi comment la situation de l’Église se développe. Après sa visite au mois de novembre il a publié le 16 décembre un rapport « très inquiétant » de ses impressions de la situation actuelle à Rome. En voici des extraits :— 
tr_bq a écrit:
« Notre visite à Rome du 16 au 23 novembre a été la plus dramatique des nombreuses visites bisannuelles que nous y avons faites au cours de ces dix dernières années. Après avoir rencontré des cardinaux, des évêques et d’autres membres des dicastères et institutions vaticanes, John-Henry Western, notre nouve au journaliste à Rome, Jan Bentz et moi-même, avons observé une tendance générale et omniprésente à l’anxiété et à une peur bien réelle chez les fidèles serviteurs de l’Eglise. Nous n’avons jamais rencontré ceci avant. Beaucoup redoutaient de perdre leur position, d’être licenciés de leurs emplois dans les institutions vaticanes ou bien de souffrir de graves réprimandes publiques ou des accusations personnelles de la part de l’entourage du pape ou même de François lui-même. Ils ressentent également de l’inquiétude et de la crainte devant les dégâts importants occasionnés à l’Eglise qu’ils se sentent impuissants à arrêter.  
tr_bq a écrit:
« . . . . Les universités catholiques de Rome sont surveillées et les enseignements des professeurs sont examinés à la loupe pour qu’on soit sûr qu’ils sont en conformité avec l’interprétation libérale d’ Amoris Laetitia. Les clercs sont dénoncés à leurs Supérieurs si on les a entendus exprimer quelque inquiétude au sujet du Pape François. Beaucoup ont peur de parler ouvertement, même ceux qui, par le passé, étaient toujours prêts à le faire. Des journalistes du Vatican nous ont dit avoir été avertis de nombreuses fois de ne pas parler des dubia (les questions suscitées par le cardinal Burke et trois autres cardinaux à propos de la doctrine contenue dans Amoris Laetitia). J’ai entendu des témoignages selon lesquels le Vatican est comme un État occupé. Certaines des sources avec qui j’ai parlé craignent que les communications avec des officiels du Vatican ne soient espionnées ; certains ont même rapporté d’étranges anomalies lors de certaines conversations téléphoniques, lesquelles, après une interruption de l’appel, se poursuivaient par une boucle audio répétant à maintes reprises les derniers instants de la conversation comme un enregistrement. Certaines personnes qui travaillent au Vatican conseille nt à leurs contacts extérieurs de ne pas partager d’informations sensibles par e-mail ou via les téléphones mis à disposition par le Vatican.  
tr_bq a écrit:
« Nous devons nous demander vers quoi tout ceci nous mène. C’est profondément inquiétant. La phrase que nous avons entendue toute cette semaine à Rome est qu’il y a une « guerre » en cours au sein de l’Église – une guerre des progressistes de « l’Esprit de Vatican II » contre les Catholiques orthodoxes. Une personne après l’autre a utilisé ce mot de « guerre ». Je n’ai jamais rien expérimenté de tel de toute ma vie et je suis sûr que la plupart des lecteurs réguliers de LifeSiteNews, sinon tous, peuvent en dire autant. » 
Les Traditionnalistes peuvent dire que les quatre Cardinaux et M. Jalsevac sont des victimes de Vatican II qui s’éveillent un peu tard, mais que personne ne dise qu’ils n’entendent pas être Catholiques. L’Église ne guérira pas tant que l a vraie doctrine et la vraie Hiérarchie ne seront pas réunies, et donc que les Traditionnalistes prient instamment pour ces âmes qui s’éveillent à la guerre Conciliaire. Que Dieu leur donne lumière et force. 
      
Kyrie eleison. 


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Viguerie


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MessagePosté le: Lun 9 Jan - 10:42 (2017)    Sujet du message: Pas de Justice pas de Paix? Répondre en citant

Congrès entre amis!14 janvier : congrès du Courrier de Rome à Paris

A l’occasion de son 50e anniversaire, la revue Courrier de Rome organise son XIIIe congrès théologique international, en partenariat avec le district de France de la Fraternité Saint-Pie X et DICI, les 14 et 15 janvier 2017, à Paris. Samedi 14 janvier, de 9h à 18h : le congrès se tiendra, sous la présidence de Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, à la crypte de la chapelle Notre-Dame de Consolation 23, rue Jean-Goujon 75008 Paris.
  • 9h00 : Un peu de l’histoire du Courrier de Rome, Abbé Emmanuel du Chalard
  • 9h30 : Des prêtres au secours de la Tradition, Jacques-Régis du Cray
  • 10h30 : L’Abbé Dulac et le droit de la messe traditionnelle, Abbé Grégoire Celier
  • 11h30 : L’Ecole romaine de théologie et le Cœtus Internationalis Patrum, Professeur Roberto de Mattei
  • 15h00 : Dans la continuité du Cœtus Internationalis Patrum, Abbé Jean-Michel Gleize
  • 16h00 : Evocation des combats et combattants du Courrier de Rome, Abbé Alain Lorans
  • 17h00 : Le combat de la foi continue, Mgr Bernard Fellay

Entrée gratuite, libre participation aux frais.


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Mikaël


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MessagePosté le: Lun 9 Jan - 13:12 (2017)    Sujet du message: Pas de Justice pas de Paix? Répondre en citant

On a le droit à toute la brochette : Du Chalard, du Cray, Celier, de Mattei  Lorans, Fellay .... l'abbé Gleize fait un peu tâche dans ce pot pourri de ralliéristes .
J'irai volontiers à cette journée histoire d'écouter de la bonne prose libérale. En plus c'est gratuit !


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Gillou47


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MessagePosté le: Mar 10 Jan - 19:58 (2017)    Sujet du message: Pas de Justice pas de Paix? Répondre en citant

M. l'abbé Gleize, c'est la cerise sur le gâteau, il y a chez lui une certaine confusion de discours :
- lorsqu'il s'agit de réaffirmer l'existence de l'Eglise conciliaire,
- sur la distinction sujet vs objet du magistère,
- sur une réutilisation sans détour des accusations de Mgr Lefebvre contre le Concile,
- sur le fait que le pape n'a pas encore été officiellement jugé pour hérésie,
- sur l'attitude de Benoît XVI pendant son pontificat.

L'abbé Gleize n'a pas réfuté le discours du 22 décembre 2005 de Benoît XVI, mais au contraire il a été intéressé par le propos de celui-ci selon lequel le Concile Vatican II s'inscrit dans la continuité de l'Eglise. L'abbé Gleize n'aura bien sûr pas cru cette parole au premier degré, mais il s'est sans doute imaginé que l'on pouvait faire œuvre utile auprès de Rome en utilisant adroitement ce propos.

Sur la continuité avec le Cœtus Internationalis Patrum, oui pour la théologie! mais attention pour ce qui est de la stratégie : en 1965 il a fallu d'une parole du Secrétaire d'Etat au sujet du C.I.P. (disant que c'était un groupe organisé agissant à l'intérieur du Concile et pouvant générer des divisions) pour empêcher l'épanouissement de ce valeureux groupe.
Transposition à une FSSPX vaguement reconnue : si quelques dizaines de prêtres seulement commencent à se rapprocher ostensiblement de la FSSPX, alors Rome interviendra pour limiter les effets du charisme de la "Tradition". La bonne clause pour un accord n'est pas "nous voulons être reconnus tels quels" (risible) mais "aucun obstacle ne sera posé à ceux qui souhaitent s'associer au combat de la Tradition" (impossible à accepter pour une Rome conciliaire malheureusement).


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Mikaël


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MessagePosté le: Mar 10 Jan - 20:32 (2017)    Sujet du message: Pas de Justice pas de Paix? Répondre en citant

Merci Gillou pour vos précisions bien utiles à nos esprits au sujet de M. l'abbé Gleize. Nous restons tous un peu sur le cliché de l'abbé Gleize ancienne mouture et nous avons peine à imaginer son évolution sur tous les points que vous abordez.
Nous voyons bien qu'il a fléchi sur tous ces points mais pourriez vous (si vous  aviez un peu de temps libre ?) nous donner les références sur ces fléchissements de sorte que nous puissions argumenter avec des faits et des écrits contre ceux qui s'imaginent encore vivre dans la fsspx de 1999.

Au sujet de la stratégie en interne dans l'église conciliaire, vous avez raison de dire qu'il est stupide de vouloir "être reconnu tels quels" mais je ne pense pas que le rajout d'une clause ne change quoi que ce soit puisque l'idée même de rejoindre l'église conciliaire plutôt que l'attirer à la tradition de toujours est déjà le signe d'une défaite morale et spirituelle : c'est en quelque sorte dire que la vérité doit se soumettre à l'erreur.
La meilleure clause est celle que Mgr Lefebvre a donnée : "attendre que Rome recouronne Notre Seigneur". Cela n'empêche pas de garder le zèle apostolique et de chercher tous les moyens pour convertir tels ou tel prélat à la Tradition. 


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Gillou47


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MessagePosté le: Mar 10 Jan - 22:30 (2017)    Sujet du message: Pas de Justice pas de Paix? Répondre en citant

Merci Mikaël de demander à en savoir un peu plus. M. l'abbé Gleize a plusieurs faiblesses, plusieurs petits travers, et ça joue dans le contexte actuel.

* pour la réutilisation des accusations de Mgr Lefebvre contre le Concile


Dans les actes du colloque des 10 et 11 novembre 2012 (page 121 de Vu de haut n°20), au début de sa conférence intitulé "La critique du Concile et ses présupposés" :

« Pourquoi ce titre J’accuse le Concile ? ». C’est la question posée par Mgr Lefebvre dès le début, c’est à dire dès l’introduction à ce livre que vous connaissez bien et où sont rassemblés les textes de ses principales interventions lors du Concile. Et c’est la question qui revient sans cesse depuis bientôt cinquante ans. En d’autres termes, comment pouvons-nous conclure que l’enseignement de Vatican II n’oblige pas en conscience ? On peut penser que cette question est difficile et délicate, dans la mesure où la réponse qu’elle appelle entraîne bien des conséquences d’ordre pratique, en particulier dans les rapports que nous entretenons avec les autorités romaines actuelles. Ce point de vue se justifie, à son niveau, qui est celui de la prudence. Mais un autre point de vue s’impose tout autant, et c’est justement le point de vue inverse, qui pour être inverse, ne contredit pas nécessairement le premier. La question est difficile pour une autre raison, et dans la mesure où la réponse qu’elle appelle doit s’efforcer de rendre un compte aussi exact que possible des conséquences d’ordre pratique, qui ont déjà eu lieu, et qui précisément sont les conséquences désastreuses du Concile. Car ces conséquences-là sont indéniables et nous ne devons pas les nier. Autrement dit, d’un bout à l’autre de cette problématique nous restons confrontés à deux exigences d’ordre pratique, et qui sont celles de la réalité. D’une part, même si nous accusons le Concile, nous ne pouvons pas pour autant nier la réalité catholique du magistère de l’Église, qui doit être normalement le gardien de notre foi. D’autre part, même si nous reconnaissons comme un principe intangible cette réalité catholique du magistère de l’Église, nous sommes bien obligés d’accuser le Concile, parce que nous sommes bien obligés de constater cette situation anormale où, par exemple, les représentants de la hiérarchie s’appuient sur les enseignements du Concile pour demander aux dirigeants politiques d’accorder le droit de cité au schisme, à l’hérésie et à l’idolâtrie.
Ces deux exigences semblent à première vue contradictoires et feraient donc apparemment la matière d’un dilemme. Je voudrais vous montrer ici comment une critique bien posée du Concile, c’est-à-dire une critique qui repose sur des présupposés théologiquement fiables, a pour résultat de sauvegarder ces deux exigences en échappant au dilemme.


Cette introduction est confuse et pénible, ça me donne l'impression que M. l'abbé Gleize va obscurcir les quelques clartés apportées par Mgr Lefebvre au sujet du Concile aux catholiques perplexes. C'est peut-être sa façon de parler intellectualisante qui est ainsi, dans un contexte de 1999 on ne pourrait rien juger là-dessus. Mais, dans l'actuel contexte de moindre fermeté, son langage peu directif favorise un relativisme sur l'opposition à avoir par rapport à l'Eglise de Vatican II. Pour ne pas noircir inutilement le portrait, je précise que la suite de la conférence est correctement exprimée, il y a de l'ardeur catholique mais c'est une ardeur post-Lefebvre.

Au passage, sur la problématique qu'il évoque, M. l'abbé Caldéron a fait un dossier sur de bonnes bases à ce sujet, paru dans le Sel de la Terre n°47 sous le titre "Un dilemme : Peut-on critiquer Vatican II sans s’ériger en juge du magistère ?".

* sur la confusion sujet vs objet du magistère

Dans l'extrait précédent, on voit déjà qu'il objectivise le magistère subjectif ("nous ne pouvons pas pour autant nier la réalité catholique du magistère de l’Église, qui doit être normalement le gardien de notre foi").
Le Sel de la Terre n°96, aux pages 167-168, commente le Courrier de Rome d'octobre 2015. Sur ce point (en reconnaissant que les autres articles sont intéressants), la critique signale que "l'erreur de l'Eglise conciliaire consiste à affirmer que le magistère vivant est libre d'interpréter le magistère passé", et que "l'abbé Gleize cherche à réfuter l'erreur moderniste en incluant le magistère passé dans le magistère vivant, ce qui aboutit à des formulations peu claires pour le réfuter". Avec par exemple cette phrase : "Le magistère n'est pas 'vivant' au sens exclusif d'un magistère présent. Il est aussi celui du passé.".
Le Courrier de Rome d'avril 2016 reprend la problématique, en traitant de l'obéissance au magistère non infaillible, il pense avoir éviter les différents paradoxes qui s'offrent à nous mais il ne s'en dégage pas non plus une impression de clarté.

* sur le fait que le pape n'a pas encore été officiellement jugé pour hérésie

voir l'article "un même pape peut-il faire partie de deux églises ?" dans le Courrier de Rome de juillet-août 2015.


Je m'arrête là pour ce soir pour ne pas m'englaiser. L'orientation doctrinale qui commence à se concrétiser dans la FSSPX comporte (au moins) ces deux erreurs :
- Mgr Lefebvre a eu l'opposition au Concile qui était la sienne, de même que Pie X a agi à sa manière contre le modernisme, etc. Donc à nous de concevoir notre opposition aux hérésies post-conciliaires, aux erreurs de maintenant ;
- accorder trop de réalité à une Eglise conciliaire donne une orientation dangereuse, schismatique.
Ces nouveaux préjugés (manifestement encouragés par Mgr Fellay) favorisent une "réingénierie" de la Tradition, qu'on appelle la néo-FSSPX, et qui l'affaiblit face aux autorités conciliaires. Et dans ce contexte, les articles de M. l'abbé Gleize prennent une résonance particulière.


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Mikaël


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MessagePosté le: Mer 11 Jan - 08:39 (2017)    Sujet du message: Pas de Justice pas de Paix? Répondre en citant

Merci Gillou . Du beau travail d'analyse !
Nous attendons la suite avec impatience ..


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Gillou47


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MessagePosté le: Mer 11 Jan - 20:23 (2017)    Sujet du message: Pas de Justice pas de Paix? Répondre en citant

(la suite sur l'abbé Gleize)

* sur la compréhension de l'Eglise conciliaire, et sur le discours de Benoît XVI du 22 décembre 2005

dans le Courrier de Rome de février 2013, un article fameux "Peut-on parler d'une Eglise Conciliaire ?", quelques paragraphes importants dans son raisonnement :

§10. comme le rappelle le pape Benoît XVI dans son Discours de 2005, l’Église est identiquement la même avant et après le concile Vatican II, sans qu’il puisse y avoir aucune rupture entre Église préconciliaire et Église postconciliaire. On ne saurait donc parler d’une Église conciliaire.

§11. Mgr Fellay a récemment affirmé que l’Église actuelle, telle que représentée par les autorités romaines, reste la vraie Église, une, sainte, catholique et apostolique : « Quand on dit extra Ecclesia nulla salus, en dehors de l’Église il n’y a pas de salut, c’est bien de l’Église d’aujourd’hui dont nous parlons. C’est absolument certain. Il faut le tenir. […] Le fait d’aller à Rome ne veut pas dire qu’on est d’accord avec eux. Mais c’est l’Église. Et c’est la vraie Église. » Et de renchérir en évoquant « cette Église qui n’est pas une idée, qui est réelle, qui est devant nous, que l’on appelle l’Église catholique et romaine, l’Église avec son pape, avec ses évêques, qui peuvent être aussi en débilité ». On ne saurait donc parler aujourd’hui de l’Église officielle comme d’une Église conciliaire autre que l’Église catholique.


§17. Lorsque nous parlons de l’Église, nous recourons à une certaine manière de nous exprimer pour désigner la réalité qui fait l’objet de notre connaissance. Or, c’est une loi de notre psychologie humaine que nous nommons les choses non pas comme elles sont en réalité mais comme nous les connaissons, les mots étant directement reliés non à la réalité mais aux concepts qui la représentent dans notre esprit. Il y a donc une grande différence entre d’une part le mode de connaître et de nommer et d’autre part le mode d’être réel. [...] Et plus l’être dont nous parlons est un analogue éloigné de la substance, plus grande aussi sera la distance entre notre manière de parler et la manière dont cet être se tient réellement. Plus grand aussi sera le danger de nous abuser, en oubliant cette distance. Nous devons redoubler de vigilance afin de ne pas être dupes des mots que nous employons.

§18. Cela importe au plus haut point lorsque l’on parle de l’Église : celle-ci se définit comme une société, et la société se ramène au prédicament ou à la manière d’être de la relation, qui est précisément celui où l’être se dit dans un sens fort ténu et d’autant moins perceptible. En parlant d’Église, voire d’Église visible, d’Église officielle, d’Église catholique ou d’Église conciliaire, nous nous exprimons comme pour désigner une substance et nous oublions trop vite que la réalité ainsi désignée ne correspond pas à ce mode de désignation. L’Église est non une substance mais un ordre de relations unissant ses membres du fait qu’ils exercent sous la même autorité la même opération commune en vue de la même fin.


§25. En conformité avec ce que dit le pape Benoît XVI dans son Discours de 2005, dans l’esprit des autorités actuelles, l’expression d’Église conciliaire a le même sens que l’expression d’Église de la Contre-Réforme ou d’Église post-tridentine. L’épithète n’y a de sens que chronologique et l’on entend désigner ainsi non l’Église en tant que telle ni une autre Église distincte de l’Église catholique, mais la période la plus récente de son histoire. Il est vrai que la réalité récente de l’Église comporte quelque chose de plus qu’une simple succession chronologique et que, comme l’a d’ailleurs reconnu Paul VI, « les fumées de Satan » se sont introduites dans l’Église depuis le dernier Concile. Mais on ne saurait en conclure ni que les détenteurs actuels de l’autorité considèrent l’Église qu’ils gouvernent comme une Église formellement autre que l’Église catholique, ni que dans la réalité les choses soient aussi simples qu’un schisme actuel et notoire entre deux Églises.

§26. Mgr Lefebvre parle exactement de « la Rome catholique » mais non pas d’une « Rome moderniste ». Il parle très précisément d’une « Rome de tendance néo-moderniste, néo-protestante, qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le Concile dans toutes les réformes qui en sont issues ». Dans son esprit, les deux Romes ne sont donc pas sur le même plan. Mgr Lefebvre ne veut pas dire qu’il y aurait deux Romes ou deux Églises diamétralement opposées comme le seraient deux corps mystiques et deux sociétés. Il veut dire qu’il y a Rome et l’Église, l’unique Corps mystique du Christ dont la tête visible est le pape, évêque de Rome et vicaire du Christ. Mais il y a aussi des tendances mauvaises qui se sont introduites dans cette Église, à cause des idées fausses qui sévissent dans l’esprit de ceux qui détiennent le pouvoir à Rome.



Remarques :
- le §10 est la conclusion à laquelle il veut aboutir ; Okay
- le §17 introduit une approche subjective de la connaissance ; Shocked
- §25 : Cela concerne l'emploi de la locution "Eglise conciliaire" par le cardinal Benelli, très proche collaborateur de Paul VI. Relisez bien, sous la plume de Mgr Benelli, "conciliaire" de même que "tridentin" serait juste chronologique (on oublie la rupture doctrinale) ; Mr. Green
- §26 : la Rome de tendance néo-moderniste, c'est justement celle qui tend à mettre en oeuvre l'Eglise Conciliaire, on ne déforme pas Mgr Lefebvre sur ce point ;
- §11 : on ne définit pas une société par les gens qui la composent mais par le but qui les tient ;
- au §18 : c'est lui qui veut parler comme s'il s'agissait d'une substance.

Sa nouvelle théorie est que l'Eglise conciliaire est un état complexe de l'Eglise après le Concile Vatican II, qui, à travers les gens qui la composent, mélange l'idée de servir Dieu avec des idées de servir les droits de l'homme. Et rien de plus. Il ne veut plus voir que l'on a affaire à une réorganisation de l'Eglise dominée par des dissidents. Il veut croire que ce n'était qu'une manière pour nous de représenter les choses, et que Mgr Lefebvre (puisque l'abbé Gleize a besoin de lui faire endosser ses idées) n'a jamais vu les choses de manière aussi tranchée.


Pour esquisser une réponse (encore imparfaite) :
L'Eglise conciliaire "invite" les catholiques à une nouvelle approche davantage en conformité avec les exigences de notre temps (on connaît le discours) (... et elle met en gestion les réfractaires si elle ne les persécute pas). Les gens se laissent tenter et réinventent tout, de la définition du pape aux relations avec les non-catholiques. On perçoit donc l'Eglise conciliaire en mettant ensemble plusieurs éléments (= des courants de pensée + des passages en force + des réformes), mais ceux-ci sont bien déterminés. Par exemple les libéraux conciliaires sont flous sur le but mais très affirmés sur la façon de pensée et sur les moyens. Et l'Eglise conciliaire, sans être une substance autonome, est alors d'une existence aussi déterminée que les éléments qui l'entretiennent. L'abbé Gleize écrit comme si l'on ne pouvait pas sérieusement saisir de tenants et d'aboutissants à l'Eglise conciliaire.


Dans le fond :
- Il y a donc perte de toute cette vision selon laquelle les comportements actuels des autorités de l'Eglise entraînent la laïcisation complète des sociétés, la perte des âmes, l'apostasie générale.
- Il pense que l'on peut essayer d'agir avec Rome comme si le Concile n'avait jamais eu lieu, c'est-à-dire : si elles nous mettent le Concile sous les yeux on recule, si elles nous parlent de manière catholique on avance.
- Autre amusante tentation ralliériste : maintenant, après la vague conciliaire, les catholiques ne savent plus rien et c'est à nous de les ré-instruire (!).

Et surtout, le but inavoué de tous ces raisonnements est de justifier une régularisation de la Fraternité par les autorités conciliaires.


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 21:00 (2017)    Sujet du message: Pas de Justice pas de Paix?

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