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A PROPOS D’OPINIONS EXTRÊMES

 
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Gillou47


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MessagePosté le: Ven 19 Oct - 16:25 (2018)    Sujet du message: A PROPOS D’OPINIONS EXTRÊMES Répondre en citant

J'ai retrouvé ce document dans mes archives, j'ai trouvé intéressant de le partager sur le forum, c'est le discours de la Rome conciliaire voici 42 ans et voyez si les choses ont changé depuis.


A PROPOS D’OPINIONS EXTRÊMES


Sous ce titre, le cardinal GARRONE, préfet de la Congrégation pour l’Éducation catholique, a publié l’article ci-après dans l'Osservatore Romano. Ce texte a paru en italien dans l'Osservatore Romano du 3 septembre [1976]. Nous reproduisons ici le texte français paru dans l’édition hebdomadaire de l'Osservatore Romano en langue française, le 10 septembre. Les sous-titres sont de la Documentation Catholique.


Qui, parmi ceux qui aiment l’Église, ne se trouverait comme étourdi, en ces jours où l'affaire dite d'Écône éveille de part et d'autre de si violents échos ? Qui ne chercherait à retrouver son équilibre entre ces vents contraires ?

D'une part, une obstination difficile à comprendre et qui fait peur, des décisions qui atteignent un évêque et sont moins, en vérité, des sanctions que des constatations de fait ; le refus et la condamnation d'un Concile œcuménique, dans lequel l’Église voit l'un des ultimes et suprêmes arbitres de la foi !

D'autre part, le malaise et la détresse d'une foule de fidèles que le grand éclat d'Écône, répercuté à l’infini par la presse et la radio, amène à rompre le silence : ils souffrent des innombrables et graves infractions aux lois de l’Église qui leur semblent, à juste titre, gardiennes de leur foi ; respect de la présence eucharistique, fidélité scrupuleuse à la liturgie dans sa suprême expression, celle du sacrifice et de la consécration, place normale de la pénitence privée, etc. ; ils souffrent des libertés prises à l’égard du Credo baptismal lui-même et à l’égard de l’enseignement de la foi démesurément étouffé par les problèmes et les options d’ordre social et politique. On dirait un tremblement de terre qui met au jour tout ce qui travaillait sourdement les âmes : étonnement, scandale, souffrance, bien propres à égarer le jugement.

De quoi s’agit-il en réalité ?

C’est du Concile qu’il s’agit

Essentiellement de savoir si un Concile œcuménique doit ou non avoir aux yeux d’un chrétien vraie et pleine valeur. Il faut beaucoup de sophistique pour prendre, sur un point aussi grave, une position de refus. Il y va en vérité de l’Église dont un Concile est l’une des suprêmes expressions. Le Collège épiscopal, que le Concile rassemble, succède au Collège apostolique ; un évêque ne peut s’arroger à lui seul un magistère équivalent, même opposé à celui du Collège. Réunis en Concile, les évêques sont garants de l’authenticité de la foi, et cela les distingue absolument d’un simple Congrès de théologie ou de pasteurs.

C’est en vain qu’on chercherait à éluder cette question fondamentale. Elle commande tout dans le désordre présent des discussions et des esprits. Les résultats des votes de Vatican II permettent de mesurer l’importance relativement insignifiante des opposants.

Mais surtout, que nul ne parle du Concile sans le connaître. Il est plus que probable que les séminaristes formés à Écône contre lui ne le connaissent pas. Beaucoup d’autres, que les soi-disant conséquences du Concile révoltent n’en savent pas davantage.

En tout cas, c’est de lui qu’il s’agit et non de telle ou telle autre question abusivement présentée comme enjeu du débat : le latin, dont l’usage n’a jamais été interdit, la liturgie de la messe, qui n’est qu’un point particulier des dispositions de l’Église, et même le séminaire d’Écône, qui n’a jamais fait l’objet que d’une condamnation indirecte comme centre de formation d’une Fraternité fondée, elle, sur le refus du Concile et non reconnue pour cette raison et pour les conséquences qu’on en tirait.

C’est du Concile qu’il s’agit également dans tous les cas où il est évoqué pour revendiquer le droit à des abus qui contredisent en fait le Concile lui-même et l’interprétation qu’en donne l’Église dans ses instructions et directives. Là encore, quelle connaissance a-t-on prise du Concile lui-même ?

De cette ignorance, voulue ou non, des équivoques entretenues résulte la douloureuse confusion d’aujourd’hui. En particulier, on ne peut invoquer le caractère « pastoral » du Concile Vatican II pour échapper à son autorité, en se réclamant des Conciles du passé ou en cherchant au contraire à les « corriger » : dans la révélations divine, le IIe Concile du Vatican a été « réformateur », mais dans la ligne traditionnelle où nouveauté et continuité sont inséparables.

C'est donc de ce côté qu’il faut chercher les remèdes. Dieu, seul, juge le fond des coeurs et l’on peut discerner de part et d’autre des richesses spirituelles qui aideraient l’Église d’aujourd’hui à faire face à sa mission.

C’est ici qu’il est permis de faire tout haut un rêve.

Ceux qui refusent le Concile

Si ceux qui refusent le Concile décidaient de mettre à son service cette générosité et cette volonté de fidélité qu’ils épuisent à le combattre ? L’Église présente a besoin de ces forces.

Si, au lieu de s’obstiner artificiellement à entretenir des nostalgies, on s’appliquait à savoir exactement ce que demande officiellement l’Église et à s’y conformer ?... Est-il besoin de condamner ce qu’on ignore ?

Si, au lieu de s’attacher à quelque forme que l’Église, légitimement, peut considérer comme devant être aujourd’hui modifiée, on se mettait à célébrer la messe telle que la prescrit l’Ordo Missae, avec le même cœur et la même volonté de fidélité à la tradition que l’on met à célébrer la messe dite de saint Pie V, dont le Canon, d’ailleurs, figure intact dans l’Ordo actuel ?...

Si, au lieu de lire un Office dont personne ne peut raisonnablement nier les imperfections et dont la réforme de Pie X commençait de réaliser le progrès, on consentait à voir ce que contient l’admirable « Liturgie des Heures »

offerte aujourd’hui, pour en goûter la saveur et en faire profiter sa prière...

Si, au lieu d’en rester à une liturgie de la Parole dont personne ne peut nier ce qu’elle avait avant le Concile au moins d’incomplet, on acceptait de s’ouvrir sans présomption défavorable à l’incomparable richesse de la liturgie actuelle et de ce qu’elle apporte en pleine assemblée eucharistique, de bienfaits pour la foi...

Si, même, on acceptait de lire, entre autres textes conciliaires indûment calomniés, un texte comme celui de la liberté religieuse pour voir qu’on y condamne en propres termes l’indifférence et qu’on y rappelle le devoir de chercher la vérité, même si la coercition sur les consciences est justement réprouvée.

Tout cela est-il un rêve ?

Je ne le crois pas. Car tout fait penser qu’il y a en ce moment des générosités authentiques qui s’égarent et qui manquent à l’Église pour mettre, en œuvre son Concile comme le Seigneur le veut.

Ceux qui en abusent

Et, de l’autre côté, si tous ceux qui abusent du Concile, consentaient, au lieu de l’interpréter à leur guise et souvent de l’invoquer sans le connaître, consentaient à apporter réellement et fidèlement à son service le souci qui les travaille de rejoindre à tout prix le monde présent jusqu’en ceux qui en sont le plus loin...

Si ceux qui, dans la pensée de mieux engager leurs fidèles les heurtent en réalité si souvent dans leur légitime conscience qu’un Credo baptismal est inaltérable et que l’Eucharistie se célèbre en stricte conformité avec la volonté de l’Église, seule juge en cette grave matière, si ceux-là consentaient à croire à la valeur des expressions inviolables de la foi pour la nourrir et même l’éveiller, s’ils leur faisaient confiance...

Si ceux qui font à l’occasion bon marché des résistances et des réticences des « bonnes gens » consentaient à leur donner ce que l’Église prescrit de leur donner — rien de plus mais rien de moins — pour les entraîner, eux aussi, car ils n’en sont pas incapables, à la recherche des âmes éloignées...

Si, enfin, ceux que brûle le souci d’un monde si lointain voulaient faire crédit à l’Église qui a mission de diriger l’action apostolique et traduit dans ses directives les orientations conciliaires, plutôt qu’à vouloir les dépasser par des initiatives arbitraires et non garanties du côté de Dieu...

Oui, si tout cela était ! Car cela aussi manque à l’Église cruellement, et nous sommes témoins des conséquences...

Ne pas disperser les forces dont l’Église a absolument besoin

Est-ce encore une fois un rêve ?

Non, car le Seigneur aime son Église.

Il faut seulement accepter de voir où est le point central du conflit. Il s’agit de « recevoir » de l’Église le Concile où elle s’est exprimée avec l’aide promise de l’Esprit-Saint, et de mettre à son service, consciemment, généreusement, toutes les ressources spirituelles dont on dispose : ici une fidélité qui se veut capable de tous les courages, là un souci d’évangélisation qui n’est pas moins riche de promesses.

C’est le Concile qui paraît être un signe de contradiction.

En réalité, c’est lui, et lui seul qui peut être principe d’unité si on le connaît, si on l’accepte, si, de toute sa bonne volonté, on cherche à le mettre en œuvre.

La leçon d’aujourd’hui est, pour tous ceux qui ne l’entendent pas ainsi, véritablement tragique.

Elle l’est pour ceux que frappent durement des mesures qui ne sont en rien que la constatation d’un fait. Ceux-là perdent dans une fausse direction des forces dont l’Église a absolument besoin. Que ne pourraient, pour le bien de l’Église, des prêtres qui mettraient au service du Concile le vouloir de fidélité qu’ils dépensent follement à lui désobéir !

Elle l’est non moins pour ceux que frappe durement l’évidence, en ces jours, qu’une part considérable des fidèles ne comprend plus, qu’elle est prête à se tourner de désespoir dans une fausse direction. Que ne pourraient, pour le bien de l’Église aujourd’hui, des prêtres dont les audaces apostoliques se fonderaient sur une confiance absolue dans les directives de l’Église gardienne de la foi, interprète des volontés conciliaires !

*
* *

Non ! Tout cela n’est pas un rêve.

Dieu aime son Église. Dieu peut tout sur des cœurs droits.

Rien n’est jamais joué quand il s’agit du salut du monde.

Ni Port-Royal — cette Église des purs par excellence ni une entreprise apostolique indépendante ne peuvent avoir d’avenir pour le bien commun du Corps du Christ.

Il appartient aux responsables et à tous les fidèles de se serrer autour du dernier Concile et de ses interprètes officiels pour que nulle force ne soit perdue en vue du salut du monde. S’il y avait quelque doute ou quelque échappatoire à propos de ce Concile, Dieu ne nous a pas laissés sans la suprême garantie du successeur de Pierre, tête de l’épiscopat rassemblé dans le Concile, juge et arbitre de nos perplexités. Dieu ne nous donne-t-il pas, par surcroît, dans le Pape d’aujourd’hui, un modèle de patience et de respectueuse charité jusque dans les pires épreuves, le signe vivant de la présence du Christ au milieu de l’Église, et de l’unité qui est la marque de celle-ci ?

+ Gabriel-Marie card. GARRONE.


La Documentation Catholique, 3 octobre 1976 — N° 1705, pages 822 et 823


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MessagePosté le: Ven 19 Oct - 16:25 (2018)    Sujet du message: Publicité

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