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Les grandes stratégies de diversion

 
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Viguerie


Hors ligne

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MessagePosté le: Jeu 22 Nov - 10:39 (2018)    Sujet du message: Les grandes stratégies de diversion Répondre en citant

On s'impatiente, Il va y avoir encore de la salive de dépensée, la tactique ne change pas!

https://www.riposte-catholique.fr/

Le supérieur de la FSSPX reçu à Ecclesia Dei
22 novembre 2018
 


Lors de son élection comme supérieur général de Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X, l’abbé Davide Pagliarani avait demandé rendez-vous à Mgr Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei. Il est possible qu’il ait été reçu une première fois de manière informelle.
Le 9 novembre, aux doyens du district de France réunis à Saint-Nicolas du Chardonnet, il avait annoncé qu’il serait reçu à Rome dans une quinzaine de jours. C’est chose faite : ce jour, 22 novembre 2018, à 10 h, accompagné de l’abbé Emmanuel du Chalard, il a été reçu dans le bureau de Mgr Pozzo, au rez-de-chaussée du Palais du Saint-Office.
Dans une discussion franche et cordiale, selon les termes habituels des communiqués, l’abbé Pagliarani a demandé à Mgr Pozzo que soient reprises les discussions doctrinales entre la FSSPX et le Saint-Siège, qui s’étaient tenues à Rome de 2009 à 2011, la Fsspx étant représentée par Mgr de Galarreta et les abbés Gleize, de La Rocque et de Jorna.
Ce faisant, l’abbé Pagliarani applique la “ligne Galarreta”, qui veut que tout accord avec le Saint-Siège doit être subordonné à un éclaircissement doctrinal, les questions de foi étant le fondement du désaccord entre Rome et le groupe lefebvriste. Mais sachant que les discussions précédentes avaient examiné ces désaccords en profondeur et avaient permis aux deux parties de bien cerner les points de convergence et de divergence, comment interpréter cette requête de « repasser les plats » ?

À première vue, on pense à une manœuvre destinée à remettre aux calendes grecques la reconnaissance juridique de la FSSPX, qui répugne désormais à une frange notable des prêtres de la Fraternité, notamment français. Selon le principe classique qui veut qu’en politique, lorsqu’on veut enterrer un problème, on nomme une commission pour l’étudier, ici on nommerait une nouvelle commission d’études doctrinales pour ne plus parler de négociations canoniques.
Une autre interprétation est cependant possible : sachant que la direction nouvelle de la FSSPX n’est pas de soi hostile à des aménagements canoniques, comme ceux qui lui ont été récemment accordés (pouvoirs de confesser, de donner l’extrême-onction, de recevoir des mariages), mais qu’elle veut les encadrer et éviter qu’ils soient interprétés comme un début de « ralliement », elle mettrait en avant cette demande doctrinale de manière symbolique, pour montrer que la question de fond reste bien de cet ordre, quitte à négocier aux meilleures conditions possibles un « renouvellement de l’approbation canonique », jadis retirée à la FSSPX par l’évêque de Fribourg.
Les extraits des actes du chapitre d’élection, qui ont été communiqués par l’abbé de Jorna aux prêtres de France, pourraient appuyer cette interprétation : « Il lui revient [au Supérieur général], en prudence et quand l’heure de la Providence sera venue, de prendre en considération une modification du statut canonique, étant sauve la convocation d’un Chapitre préalable.
Mieux encore, le Chapitre précisait : « Dans l’hypothèse d’une structure juridique proposée par Rome, la Prélature personne s’adapterait le mieux à la réalité actuelle de la FSSPX ». Mais le Chapitre ajoute immédiatement : « Elle serait finalisée une fois la question doctrinale résolue de manière satisfaisante pour la Tradition ».
« Résolue de manière satisfaisante » ? On peut comprendre : une fois que la Fsspx se verrait reconnu un droit à la non-réception du concile Vatican II. En réalité, depuis le début, c’est là qu’est le nœud : une sorte de reconnaissance de facto que l’on peut légitiment tenir la doctrine antérieure au Concile est-elle possible ? Le paradoxe est que cela pourrait s’avérer plus facile sous François que sous Benoît XVI.


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MessagePosté le: Jeu 22 Nov - 10:39 (2018)    Sujet du message: Publicité

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Sean Johnson


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Inscrit le: 06 Jan 2017
Messages: 94
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MessagePosté le: Jeu 22 Nov - 14:11 (2018)    Sujet du message: Les grandes stratégies de diversion Répondre en citant

Mgr Fellay, déçu des résultats des discussions doctrinales 2009-2011, obtient une nouvelle occasion de "dialogue".


Incroyable.


Mais l'évêque Williamson a expliqué la frivolité de tout cela à maintes reprises : 


Soit Rome se convertira à la Tradition,


Ou la FSSPX se convertira au conciliarisme,


Ou (comme c'est le vrai plan), les deux vont brouiller leurs positions pour parvenir à un compromis communiste.


2 + 2 = 4.5


Quant à "suivre la ligne de Galarreta", c'est du suicide, car une petite bombe à retardement était cachée dans les pages, ce qui n'a pas été manqué par le Chapitre général de 2012 :


Tout en passant 6-7 pages à condamner un accord purement pratique, vers la fin, Mgr de Galarreta s'est contredit en disant :


"En conséquence, ce n'est pas le moment de changer la décision du Chapitre de 2006 (pas d'accord pratique sans résoudre la question doctrinale) et il n'est ni juste ni prudent de se lancer dans la préparation des esprits autrement, avant qu'il y ait en nous la conviction, le consensus et la décision de changer, sinon cela ne fera que causer la division et, par réaction, des querelles, l'anarchie".


En d'autres termes, tant qu'il y aura un accord pour trahir la Tradition au sein de la FSSPX, il sera acceptable de contredire leur position antérieure.


Et bien sûr, l'évaluation de Mgr de Gallareta selon laquelle les discussions doctrinales 2009-2011 ont clairement démontré l'incompatibilité absolue et l'impossibilité de parvenir à un accord doctrinal quelconque avec la Rome moderniste a rendu un accord pratique absolument inacceptable.


Mais c'était en 2011.


Aujourd'hui, après presque 8 ans de compromis doctrinal, il doit y avoir une croyance que la FSSPX peut accepter 2 + 2 = 4.5


PS : 


Pour ceux qui n'ont pas lu les "Réflexions sur une proposition romaine" de Mgr de Gallareta (distribuées par lui aux supérieurs majeurs en novembre/2011 lors de la rencontre d'Albano, Italie...qui excluait Mgr Williamson), il est disponible en anglais ici :


http://strobertbellarmine.net/Reflections_about_the_Roman_Proposal___Complete_Transcript_with_Quotes.pdf 


Je ne sais pas où trouver une copie en français.
_________________
Tradidi quod et accepi


Dernière édition par Sean Johnson le Jeu 22 Nov - 15:55 (2018); édité 2 fois
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Viguerie


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Inscrit le: 04 Jan 2017
Messages: 539

MessagePosté le: Jeu 22 Nov - 14:46 (2018)    Sujet du message: LE TEXTE DE MGR DE GALARETTA: RÉFLEXIONS AUTOUR DE LA PRO Répondre en citant

LE TEXTE DE MGR DE GALARETTA:



RÉFLEXIONS AUTOUR DE LA PROPOSITION ROMAINE
 
  
LE TEXTE ROMAIN
Pour me limiter à la « Note préliminaire » et au « Préambule doctrinal », je dois dire d'emblée qu'ils sont confus, équivoques, faux et mauvais pour l'essentiel. Même l'apparente ouverture à une critique du Concile est sibylline et rusée, un piège bien dressé (« ... légitime [?] discussion... d'expressions ou de formulations... » selon les « critères d'interprétation de la doctrine catholique nécessaire... », c'est-à-dire, selon « Préambule » II et III, 2, surtout in fine). Ce document est substantiellement inacceptable. Il est pire que le Protocole de 1988, en particulier par rapport au Concile et au magistère postconciliaire.


Monseigneur Lefèbvre : « Nos vrais fidèles, ceux qui ont compris le problème et qui nous ont justement aidés à poursuivre la ligne droite et ferme de la Tradition et de la foi, craignaient les démarches que j'ai faites à Rome. Ils m'ont dit que c'était dangereux et que je perdais mon temps. Oui, bien sûr, j'ai espéré jusqu'à la dernière minute qu'à Rome ont témoignerait d'un petit peu de loyauté. On ne peut pas me reprocher de ne pas avoir fait le maximum. Aussi maintenant , à ceux qui viennent me dire : il faut vous entendre avec Rome , je crois pouvoir dire que je suis allé plus loin même que je n'aurais dû aller."» (Fideliter n° 79, p. 11).

Fideliter : Que pensez-vous de l'instruction du cardinal Ratzinger instituant le serment de fidélité et que comporte une profession de foi ?


Monseigneur Lefèbvre: Il y a d'abord le Credo, qui ne pose pas de problème. Il est resté intact. Le premier et le deuxième alinéas ne soulèvent pas non plus de difficultés. Ce sont des choses courantes au point de vue théologique. Mais le troisième est très mauvais. C'est pratiquement s'aligner sur ce que les évêques du monde entier pensent aujourd'hui. Dans le préambule il est d'ailleurs clairement indiqué que cet alinéa a été ajouté en raison de l'esprit du Concile. Il se réfère au Concile et au soi-disant magistère d'aujourd'hui qui est celui des conciliaires. Il aurait fallu ajouter: en tant que ce magistère est en pleine conformité avec la Tradition. Telle qu'elle est cette formule est dangereuse. Cela démontre bien l'esprit de ces gens avec lesquels il est impossible de s'entendre. C'est absolument ridicule et faux - comme certains l'ont fait - de présenter ce serment de fidélité, comme une résurgence du serment antimoderniste supprimé depuis le. Concile. Tout le venin est dans le troisième alinéa qui semble fait exprès pour obliger ceux qui sont ralliés à signer cette profession de foi et d'affirmer leur plein accord avec les évêques.


C'est comme si au temps de l'arianisme on avait dit, maintenant vous êtes en accord avec tout ce que pensent les évêques ariens. Non je n'exagère pas, c'est clairement exprimé dans l'introduction. C'est de la fourberie. On peut se demander si l'on n'a pas voulu à Rome, corriger ainsi le texte du protocole. Bien qu'il ne nous satisfasse pas, il paraît encore trop en notre faveur en l'article 3 de la déclaration doctrinale, car il n'exprime pas assez la nécessité de nous soumettre au Concile. Alors je pense qu'ils se rattrapent maintenant. Ils vont sans doute faire signer ces textes aux séminaristes de la Fraternité Saint-Pierre avant leur ordination et aux prêtres de cette Fraternité, qui vont alors se trouver dans l'obligation de faire un acte officiel de ralliement à l'Eglise conciliaire. A la différence du protocole, par ces nouveaux textes on se soumet au Concile et à tous les évêques conciliaires. C'est leur esprit et on ne les changera pas » (Fideliter, n° 70, p. 16). 


• Fideliter : Pensez-vous que la situation se soit encore dégradée depuis que vous aviez -avant les sacres- engagé des conversations qui avaient abouti à la rédaction du protocole du 5 mai 1988 ? 


Monseigneur Lefebvre : Oh oui ! Par exemple le fait de la profession de foi qui est maintenant réclamée par le cardinal Ratzinger depuis le début de l'année 1989. C'est un fait très grave. Car il demande à tous ceux qui se sont ralliés ou qui pourraient le faire de faire une profession de foi dans les documents du Concile et dans les réformes pose-conciliaires. Pour nous c'est impossible » (Fideliter n° 79, p. 4).


PRINCIPE DE JUGEMENT


De fait il correspond parfaitement à la pensée et à la position que la Commission Romaine a manifestée tout le long des discussions doctrinales. Il est essentiel pour la question actuelle d'avoir présent à l'esprit le constat indubitable que nous venons de faire à cette occasion : ils ne sont pas prêts à renoncer au Concile Vatican II, ni aux doctrines libérales de celui-ci, et leur intention, leur volonté manifeste, est de nous y ramener. Tout au plus, Rome accepterait un rééquilibrage et une meilleure formulation, toujours dans le cadre de « l'herméneutique du renouveau dans la continuité ». Et là on peut discuter et nous sommes même utiles... pour cautionner le renouveau de la reforme avec la continuité.


IMPOSSIBLE ACCORD


Le document proposé ne fait que nous confirmer qu'il est illusoire et irréaliste de croire que nous pourrions arriver à un accord pratique bon, convenable et garanti, et même tout simplement acceptable pour les deux parties. Étant données les circonstances, il est certain qu'à la fin, après de longs parlements, nous n'arriverions à absolument rien. Alors, à quoi bon nous y engager ?



RAISONS D'UN REFUS


Suite à la proposition romaine, la vraie question, cruciale, est la suivante : devons-nous, pouvons-nous, nous engager dans la voie d'un « possible» accord d'abord pratique ? Est-il prudent et convenable de maintenir des contacts avec Rome en vue d'un tel accord? Pour moi la réponse est claire : nous devons refuser cette voie parce que nous ne pouvons pas faire un mal pour qu'un bien arrive (bien d'ailleurs incertain) et parce que cela va nécessairement engendrer des maux (très certains) pour le bien commun que nous possédons, pour la Fraternité et pour la famille de la Tradition. Voici en résumé quelques unes des raisons de mon point de vue :


OBÉIR A QUI ? A QUOI ?


I. Comment nous soumettre et obéir à des autorités qui continueront à penser, à prêcher, et à gouverner en modernistes ? Nous avons des fins et des buts contraires, des moyens différents même, comment travailler sous leurs ordres ? Le problème n'est pas d'intentions subjectives, mais objectives, manifestes, du constat que nous venons de faire sur leur volonté : acceptation du Concile Vatican II et ses principes libéraux. Pour l'essentiel rien n'est changé, il n'y a pas de « retour ».


• Monseigneur Lefebvre: « Ce sont des choses qui sont faciles à dire. Se mettre à l'intérieur de l'Eglise, qu'est-ce que cela veut dire ? Et d'abord de quelle Eglise parle-t-on? Si c'est de l'Eglise conciliaire, il faudrait que nous qui avons lutté contre elle pendant vingt ans parce que nous voulons l'Eglise catholique, nous rentrions dans cette Eglise conciliaire pour soi-disant la rendre catholique. C'est une illusion totale. Ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs, mais les supérieurs qui font les sujets » (Fideliter n° 70, p. 6)


• Monseigneur Lefebvre: « je ne pense pas que ce soit un véritable retour. C'est comme dans un combat, quand on a l'impression que les troupes vont un peu trop loin, on les retient, on freine un tout petit peu l'élan de Vatican II, parce que les tenants du Concile vont trop loin. D'ailleurs ces théologiens ont bien tort de s'émouvoir. Ces évêques sont tout acquis au Concile et aux réformes post-conciliaires, à l'œcuménisme et au charismatisme.


Apparemment ils font quelque chose d'un peu plus modéré, un peu dé sentiment religieux traditionnel, mais ce n'est pas profond. Les grands principes fondamentaux du Concile, les erreurs du Concile, ils les accueillent, ils les mettent en pratique. Cela ne fait pas de problème. Au contraire, je dirais même que ce sont ceux-là qui sont les plus durs avec nous. Ce sont eux qui exigeraient le plus que nous'rious soumettions aux principes du Concile » (Fideliter n° 70, p. 12). 

• Monseigneur Lefebvre: « C'était parfaitement clair et cela illustre bien leur état d'esprit. Il n'est pas question pour eux d'abandonner la nouvelle messe. Au contraire et cela est évident. C'est pourquoi ce qui peut apparaître comme urne concession n'est en réalité qu'une manoeuvre pour parvenir à détacher de nous le plus possible de fidèles. C'est dans cette perspective qu'ils semblent donner toujours un peu plus et aller très loin. Il nous faut absolument convaincre les fidèles qu'il s'agit bien d'une manœuvre, que c'est un danger de se mettre entre les mains des évêques conciliaires et de la Rome moderniste. C'est le plus grand danger qui les menace. Si nous avons lutté pendant vingt ans pour éviter les erreurs conciliaires, ce n'est pas pour nous mettre maintenant dans les mains de ceux qui les professent » (Fideliter n° 70, pp. 13-14).


ATTEINTE A LA CONFESSION DE LA FOI


II. Comment alors ne pas aller contre la confession et la défense publiques de la foi, contre la nécessairement publique protection des fidèles et de l'Église ? À cet égard, si nous faisons un accord purement pratique nous sommes, dans les circonstances actuelles, déjà dans la duplicité et dans l'ambiguïté. Le fait même est un témoignage et un message publiques : nous rentrerions en « pleine communion » avec des autorités qui demeurent modernistes. Nous ne pouvons pas faire non plus abstraction du contexte, c'est-à-dire, des événements et des enseignements constants dans la vie de l'Église actuelle : visites réitérées aux temples protestants et synagogues, béatification (bientôt canonisation), de Jean Paul II, Assise III, prédication à temps et contretemps de la liberté religieuse, et un long etcetera.


Par ailleurs si nous faisons un accord nous perdrons la liberté de parole, nous devrons mettre en sourdine nos critiques publiques des faits, des autorités et même de certains textes du Concile et du magistère postconciliaire. Pour comprendre et illustrer les points I et II, il suffit de regarder ce qui est arrivé avec tous les ralliés, depuis la F. St. Pierre jusqu'à l'IBP : ils sont inéluctablement devant l'alternative de céder ou trahir leurs engagements... et c'est le premier qui arrive.

Fideliter : Quand on voit que Dom Gérard et la Fraternité Saint-Pierre ont obtenu de conserver la liturgie et le catéchisme, sans -disent-ils- n'avoir rien concédé, certains qui sont troublés de se trouver en situation difficile avec Rome, peuvent être tentés à la longue de se rallier à leur tour par lassitude.,« Ils arrivent bien, disent-ils, à s'entendre avec Rome sans n'avoir rien lâché ». 


Monseigneur Lefebvre : Quand ils disent qu'ils n'ont rien lâché, c'est faux. Ils ont lâché la possibilité de contrer Rome. Ils ne peuvent plus rien dire. Ils doivent se taire étant données les faveurs qui leur ont été accordées. II leur est maintenant impossible de dénoncer les erreurs de l'Eglise conciliaire. Tout doucement ils adhèrent, ne serait-ce que par la profession de foi qui est demandée par le cardinal Ratzinger. Je crois que Dom Gérard est en passe de faire paraître un petit livre rédigé par l'un de ses moines, sur la liberté religieuse et qui va essayer de la justifier » (Fideliter n° 79, pp. 4-5).


• Fideliter : Depuis les sacres il n'y a plus de contacts avec Rome ; cependant comme vous l'avez raconté, le cardinal Oddi vous a téléphoné vous disant : « Il faut que les choses s'arrangent. Demandez un petit pardon au Pape et il est prêt à vous accueillir ». Alors pourquoi ne pas tenter cette ultime démarche et pourquoi vous paraît-elle impossible ? 


Monseigneur Lefebvre : C'est absolument impossible dans le climat actuel de Rome qui devient de plus en plus mauvais. Il ne faut pas se faire d'illusions. Les principes qui dirigent maintenant l'Eglise conciliaire sont de plus en plus ouvertement contraires à la doctrine catholique.


Devant la Commission des droits de l'homme des Nations Unies, le cardinal Casaroli a récemment déclaré : « Je désire m'attarder quelque peu sur un aspect spécifique de la liberté fondamentale de pensée et d'agir selon sa conscience, donc la liberté de religion... L'Eglise catholique et son Pasteur suprême, qui a fait des droits de l'homme l'un des grands thèmes de sa prédication, n'ont pas manqué de rappeler que, dans un monde fait par l'homme et pour l'homme, toute l'organisation de la société n'a de sens que dans la mesure où elle fait de la dimension humaine une préoccupation centrale ». Entendre cela dans la bouche d'un cardinal ! De Dieu il n'en parle pas ! De son côté le cardinal Ratzinger, en présentant un document fleuve sur les relations entre le Magistère et les théologiens, affirme dit-il « pour la première fois avec clarté » que « des décisions du Magistère ne peuvent être le dernier mot sur la matière en tant que telle » mais « une espèce de disposition provisoire... Le noyau reste stable mais les aspects particuliers sur lesquels ont une influence les circonstances du temps peuvent avoir besoin de rectifications ultérieures. A cet égard on peut signaler les déclarations des papes du siècle dernier. Les décisions  antimodernistes ont rendu un grand service... mais elles sont maintenant dépassées ». Et voilà, la page du modernisme est tournée ! Ces réflexions sont absolument insensées. Enfin le Pape est plus œcuméniste que jamais. Toutes les idées fausses du Concile continuent de se développer, d'être réaffirmées avec toujours davantage de clarté. Ils se cachent de moins en moins. Il est donc absolument inconcevable que l'on puisse accepter de collaborer avec une hiérarchie semblable » (Fideliter n2 79, PP• 3-4) 

•Fideliter : "Vous avez dit en désignant Dom Gérard et les autres : « Ils nous trahissent. Ils donnent maintenant la main à ceux qui démolissent l'Eglise, aux libéraUx, aux modernistes ». N'est-ce pas un peu sévère ? 


Monseigneur Lefebvre : Mais non. Ils ont fait appel à moi pendant quinze ans. Ce n'est pas moi qui suis allé les chercher. Ce sont eux-mêmes qui sont venus vers moi pour me demander des appuis, de faire des ordinations, l'amitié de nos prêtres en même temps que l'ouverture de tous nos prieurés pour les aider financièrement. Ils se sont tous servis de nous tant qu'ils ont pu. On l'a fait de bon coeur et même généreusement. J'ai été heureux de faire ces ordinations, d'ouvrir nos maisons pour qu'ils puissent profiter de la générosité de nos bienfaiteurs... Et puis, tout à coup, on me téléphone : on n'a plus besoin de vous, c'est terminé. Nous irons chez l'archevêque d'Avignon. On est maintenant d'accord avec Rome. Nous avons signé un protocole. Ce n'est pas de gaieté de coeur que nous avons eu des difficultés avec: Rome. Ce n'est pas par plaisir que nous avons dû nous battre. Nous l'avons fait pour des principes, pour garder la foi catholique. Et ils étaient d'accord avec nous. Ils collaboraient avec nous. Et puis tout à coup on abandonne le vrai combat pour s'allier aux démolisseurs sous prétexte qu'on leur accorde quelques privilèges. C'est inadmissible. Ils ont pratiquement abandonné le combat de la foi. lis ne peuvent plus attaquer Rome. C'est ce qu'a fait aussi le Père de Blignières. Il a changé complètement. Lui qui avait écrit tout un volume pour condamner la liberté religieuse, il écrit maintenant en faveur de la liberté religieuse. Ce n'est pas sérieux. On ne peut plus compter sur des hommes comme ceux-là, qui n'ont rien compris à la question doctrinale. J'estime en tout cas qu'ils commettent une grave erreur. Ils ont péché gravement en agissant comme ils l'ont fait, sciemment avec une désinvolture invraisemblable » (Fideliter ne 79, p. 6).


LA QUESTION DOCTRINALE, PROBLÈME ESSENTIEL


III. Il faut regarder le cadre dans lequel ils entendent nous incorporer. Un accord  est, qu'on le veuille ou non, nous intégrer dans leur système, dans une pensée et une réalité données qui ne dépendent pas de nous mais qui dépendent de leur pensée, leur théologie et leur action. Et c'est comme cela qu'ils vont le présenter (cf. Campos, texte signé par Mgr. Licinio). Or, nous venons de constater dans les discussions doctrinales quelle est leur conception : du pur modernisme révisé et corrigé. En particulier il y en aura sous-entendus trois principes que nous accepterions implicitement :


I - Relativisme de la vérité, même dogmatique, nécessité du pluralisme dans l'Église. Pour eux nous avons l'expérience et le charisme de la Tradition, bons et utiles à l'Église, mais  seulement vérité partielle. Leur système moderniste et dialectique (qui réclame les contraires) leur permet de nous intégrer au nom de « l'unité dans la diversité », comme un élément positif et même nécessaire, pourvu que nous soyons dans la pleine communion (soumission à l'autorité .et respect des autres personnes et réalités ecclésiales) et que nous restions ouverts au dialogue, toujours à la recherche de la vérité. La preuve de ceci en est qu'ils sont prêts à nous accepter après le constat, de part et d'autre, d'une opposition doctrinale -de foi- foncière et essentielle. Comment accepter implicitement un tel principe, par une intégration explicite dans leur système et par l'interprétation officielle qu'ils en donneront, alors qu'il est le fondement même du modernisme et qu'il est destructeur de toute vérité naturelle et surnaturelle ? C'est accepter le relativisme de la Tradition, de la seule vraie foi.

2.- On peut interpréter tout Vatican II en accord avec la Tradition. Nous pourrions aider à trouver, au besoin, la « bonne » interprétation. C'est « l'herméneutique de la continuité ». « L'herméneutique de la rupture » (alors que c'est la vraie) doit être rejetée, parce que ni Vatican II ni le magistère postconciliaire majeur ont pu se tromper. Après les discussions et le document proposé, il. n'est que trop clair, qu'ils ne nous accepteraient que dans le cadre de la première et le rejet de la seconde. C'est avaliser Vatican II. 


• Monseigneur Lefèbvre: « Les réponses à nos objections qui nous ont été envoyées de Rome par des intermédiaires, tendaient toutes à démontrer qu'il n'y avait pas de changement, mais continuation de la Tradition. Ce sont des affirmations qui sont pires que celles de la Déclaration conciliaire sur la liberté religieuse. C'est le vrai mensonge officiel. Tant qu'à Rome on restera attaché aux idées conciliaires : liberté religieuse, oecuménisme, collégialité... on fera fausse route. C'est grave parce que cela va jusque dans des réalisations pratiques. C'est cela qui justifie la visite du Pape à Cuba. Le Pape visite ou reçoit les chefs communistes tortionnaires ou assassins qui ont du sang de chrétiens sur les mains, comme s'ils étaient aussi dignes que des honnêtes gens » (Fideliter n2 70, p. 1.0).


3.- La vérité de foi évolue, les dogmes aussi, les formules dogmatiques et les définitions de la foi sont seulement des approches substantiels aux mystères de la foi. Le noyau demeure, tout le reste évolue au gré des temps, des cultures, des circonstances historiques, de l'expérience et du vécu du.Peuple de Dieu. En conséquence la Tradition est vivante, la Tradition c'est Vatican II, les condamnations du libéralisme et du modernisme sont dépassées.


• Monseigneur Lefebvre: « C'est pourquoi ils ont voulu que Vatican II soit un Concile pastoral et non un Concile dogmatique, parce qu'ils ne croient pas à l'infaillibilité. Ils ne veulent pas de vérité définitive. La Vérité doit vivre et doit évoluer. Elle peut changer éventuellement avec le temps, avec l'histoire, la science, etc... L'infaillibilité, elle, fixe à jamais une formule et une vérité qui ne changent plus. Cela ils ne peuvent pas y croire. C'est nous qui sommes avec l'infaillibilité, ce n'est pas l'Eglise conciliaire. Elle est contre l'infaillibilité, c'est absolument certain. Le cardinal Ratzinger est contre l'infaillibilité, le Pape est contre l'infaillibilité de par sa formation philosophique. Que l'on nous comprenne bien, nous ne sommes pas contre le Pape en tant qu'il représente toutes les valeurs du siège apostolique, qui sont immuables, du siège de Pierre, mais contre le Pape qui est un moderniste qui ne croit pas à son infaillibilité, qui fait de l'œcuménisme. Evidemment nous sommes contre l'Eglise conciliaire qui est pratiquement schismatique, même s'ils ne l'acceptent pas. Dans la pratique c'est une Eglise virtuellement excommuniée, parce que c'est une Eglise moderniste. Ce sont eux qui nous excommunient, alors que nous voulons rester catholiques. Nous voulons rester avec le Pape catholique et avec l'Eglise catholique. Voilà la différence » (Fideliter n2 70, p.8).


• Monseigneur Lefebvre: « Mais précisément, nous ne sommes pas dans 'k même vérité. Pour eux la vérité est évolutive, la vérité change avec le temps, et la Tradition : c'est Vatican II aujourd'hui. Pour nous la Tradition c'est ce que l'Eglise a enseigné depuis les apôtres jusqu'à nos jours. Pour eux, non, la Tradition c'est Vatican II qui résume en lui-même tout ce qui a été dit précédemment. Les circonstances historiques sont telles que maintenant il faut croire ce qiie Vatican II a fait. Ce qui s'est passé avant, çà n'existe plus. Cela appartient au temps passé. C'est pourquoi le Cardinal n'hésite pas à dire « Le Concile Vatican II est un anti-Syllabus ». On se demande bien comment un cardinal de la Sainte Eglise peut dire que le Concile de Vatican II est un anti-Syllabus, acte très officiel du Pape Pie IX dans l'encyclique Quanta Cura. C'est inimaginable. J'ai dit un jour au cardinal Ratzinger : « Eminence, il faut que nous choisissions : ou bien la liberté religieuse telle qu'elle est dans le Concile, ou bien le Syllabus de Pie IX. Ils sont contradictoires et il faut choisir. » Alors il m'a dit : « Mais Monseigneur nous ne sommes plus au temps du Syllabus. — Ah ! Ai-je dit, alors la vérité change avec le temps. Alors ce que vous me dites aujourd'hui, demain ce ne sera plus vrai. Il n'y a plus moyen de s'entendre, on est dans une évolution continuelle. Il devient impossible de parler ». Ils ont cela dans l'esprit. Il m'a répété : « Il n'y a plus qu'une Eglise, c'est l'Eglise de Vatican II. Vatican II représente la Tradition ». Malheureusement, l'Eglise de Vatican II s'oppose à la Tradition. Ce n'est pas la même chose » (Fideliter ne hors série - 29-3o juin, p.15).


• Monseigneur Lefebvre : « Certainement la question de la liturgie et des sacrements est très importante, mais ce n'est pas la plus importante. La plus importante c'est celle de la foi. Pour nous elle est résolue. Nous avons la foi de toujours, celle du concile de Trente, du catéchisme de saint Pie X, de tous les conciles et de tous les papes d'avant Vatican II. Pendant des années ils se sont efforcés à Rome de montrer que tout ce qui était dans le Concile était parfaitement conforme à la Tradition. A présent ils se découvrent. Le cardinal Ratzinger ne s'était jamais prononcé avec autant de clarté. Il n'y a pas de Tradition. Il n'y a plus de dépôt à transmettre. La tradition dans l'Eglise, c'est ce que dit le Pape aujourd'hui. Vous devez vous soumettre à ce que le Pape et les évêques disent aujourd'hui. Pour eux voilà la tradition, la fameuse tradition vivante, seul motif de notre condamnation. Ils ne cherchent plus maintenant à prouver que ce qu'ils disent est conforme à ce qu'a écrit Pie IX, à ce qu'a promulgué le concile de Trente. Non tout cela est fini, c'est dépassé, comme dit le cardinal Ratzinger. C'est clair et ils auraient pu le dire plus tôt. Ce n'était pas la peine de nous faire parler, de discuter. C'est maintenant la tyrannie de l'autorité, parce qu'il n'y a plus de règle. On ne peut plus se référer au passé. Dans un sens les choses deviennent aujourd'hui plus claires. Elles nous donnent toujours davantage raison. Nous avons affaire à des gens qui ont une autre philosophie que la nôtre, une autre manière de voir, qui sont influencés par tous les philosophes modernes et subjectivistes. Pour eux il'n'y a pas de vérité fixe, il n'y a pas de dogme. Tout est en évolution. C'est là une conception tout à fait maçonnique. C'est vraiment la destruction de la foi. Heureusement, nous, nous continuons de nous appuyer sur la Tradition ! » (Fideliter, n2 79, p. 9).



• Monseigneur Lefebvre :

« Le Pape veut faire l'unité en dehors de,lanfoi. C'est une communion. Une communion à qui? A quoi? En quoi?, Ce n'est plus une unité. Celle-ci ne peut se faire que dans l'unité de la foi. C'est ce que l'Eglise a toujours enseigné. C'est pourquoi il y avait les missionnaires, pour convertir à la foi catholique. Maintenant il ne faut plus convertir. L'Eglise n'est plus une société hiérarchique, c'est une communion. Tout est faussé. C'est la /destruction de la notion de l'Eglise, du catholicisme. C'est très grave et cela explique que nombreux soient les catholiques qui abandonnent la foi » (Fideliter, n° 79, p. 8).


LE VRAI COMBAT EST DOCTRINAL


Dans toutes les révolutions, après la « fureur » et la « terreur » il y a un temps de rééquilibrage dans la nouvelle situation, une période d'institutionnalisation. D'autre part il est prévisible que, si retour il y en a, il soit graduel. Nous savons donc à l'avance qu'il y aura des phases- plus confuses : à côté d'un mieux dans la pratique et peut-être dans les intentions, d'un peu plus d'ordre (tout cela par rapport au pire), il y aura nécessairement une aggravation par rapport à la clarté des choses, l'erreur sera plus trompeuse ,et séductrice, moins évidente et plus subtile, bref, beaucoup plus dangereuse... capable de tromper même les élus. L'erreur est plus équivoque et dangereuse lorsqu'elle rassemble d'avantage à la vérité, comme par exemple la fausse monnaie Nous savons donc à l'avance que notre combat et notre position seront de moins en moins compris, plus difficiles à expliquer, à justifier et à maintenir. Les choses vont nécessairement évoluer comme cela : il faut donc une réponse appropriée de notre part, pour ainsi dire, inversement proportionnelle à la confusion. Les trois raisons citées ci-dessus montrent que nous sommes dans cette phase d'une fausse restauration, d'un faux retour. L'attitude du Pape et de la Curie romaine - beaucoup plus confuse, contradictoire et séductrice- n'a que l'apparence de Tradition. Il faut bien distinguer les bons aspects du pontificat actuel -accidentels ou ponctuels de l'enseignement et de la direction doctrinale. Or, notre combat est doctrinal. C'est sur le terrain doctrinal que se joue la victoire ou la défaite de la foi et par là de tous les biens de l'Église.


• Cardinal Pie : «Ne dirait-on pas que certains hommes ne veulent un peu d'ordre dans les faits que pour faire revivre impunément le désordre dans les esprits, et qu'ils ne demandent au ciel quelque sécurité matérielle que pour avoir le droit de reprendre, sans trop de danger, le vieux tissu de leurs mensonges un instant interrompu par la peur ? Insensés, de n'avoir pas encore compris que c'est, en définitive, sur le terrain de la doctrine que se gagnent ou se perdent les batailles qui décident de l'avenir ! Non, toute une portion de la société ne saurait garder plus longtemps cette attitude dans laquelle nous sommes encore condamnés à la peindre: la plume en main pour enseigner toujours les mêmes principes, l'arme au bras pour en exterminer les conséquences; descendant volontiers le soir dans la rue pour fusiller les actes provoqués par les doctrines et par les exemples du matin. Contradiction toujours renaissante, et que ne cessera qu'autant que les' hommes qui ont quelque autorité et quelque ascendant sur leurs semblables, embrasseront sincèrement la vérité et la pratique chrétiennes » (OEuvres, t. II, pp. 170-171). 


• Fideliter : Le Cardinal Qddi a récemment déclaré : « Je suis persuadé que la rupturene durera pas longtemps et que Mgr Lefebvre regagnera assez tôt l'Eglise de Rome. »De même prête-t-on au Pape et au cardinal Ratzinger le sentiment que « l'affaire Lefebvre » n'est pas terminée. Dans votre dernière lettre au Saint Père vous déclariez attendre des temps plus propices au retour de Rome à la Tradition. Que pensez-vous d'une éventuelle reprise des conversations avec Rome?


Monseigneur Lefebvre : Nous n'avons pas la même façon de concevoir la réconciliation. Le cardinal Ratzinger la voit dans le sens de nous réduire, de nous ramener à Vatican IL Nous, nous la voyons comme un retour de Rome à la Tradition. On ne s'entend pas. C'est un dialogue de sourds. Je ne peux pas beaucoup parler d'avenir, car le mien est derrière moi. Mais si je vis encore un peu et en supposant que d'ici à un certain temps Rome fasse un appel, qu'on veuille nous revoir, reprendre langue, à ce moment-là c'est moi qui poserais les conditions. Je n'accepterai plus d'être dans la situation où nous nous sommes trouvés lors des colloques. C'est fini. Je poserais la question au plan doctrinal : « Est-ce que vous êtes d'accord avec les grandes encycliques de tous les papes qui vous ont précédés. Est-ce que vous êtesd'accord avec Quanta Cura de Pie IX, Immortale Dei, Libertas de Léon XIII, Pascendi de Pie X , Quas Primas de Pie XI, Humani generis de Pie XII ? Est-ce que vous êtes en pleine communion avec ces papes et avec leurs affirmations ? Est-ce que vous acceptez encore le serment antimoderniste ? Est-ce que vous êtes pour le règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ ? Si vous n'acceptez pas la doctrine de vos prédécesseurs, il est inutile de parler. Tant que vous n'aurez pas accepté de réformer le Concile en considérant la doctrine de ces papes qui vous ont précédés, il n'y a pas de dialogue possible. C'est inutile. Les positions seraient ainsi plus claires. Ce n'est pas une petite chose qui nous oppose. Il ne suffit pas qu'on nous dise: vous pouvez dire la messe ancienne, mais il faut accepter cela. Non, ce n'est pas que cela qui nous oppose, c'est la doctrine. C'est clair » (Fideliter, ng 6p6p . 12-14).


ENTRER DANS LA CONTRADICTION


IV. Aller dans le sens d'un accord pratique serait renier notre parole et nos engagements devant nos prêtres, nos fidèles, Rome et devant tout le monde. Cela aurait des conséquences négatives énormes ad intra et ad extra. Il n'y a aucun changement au point de vue doctrinal de la part de Rome qui justifierait le nôtre. Bien au contraire, les discussions ont démontré qu'ils n'acceptent en rien nos critiques. Il serait absurde de notre part d'aller dans le sens d'un accord pratique après le résultat et les constatations des discussions. Ou alors il faudrait penser que Mgr. Riffan et l'abbé Aulagnier avaient raison. Une telle démarche manifesterait une grave faiblesse diplomatique de la part de la Fraternité, et à vrai dire, plus que diplomatique. Il serait un manque de cohérence, de droiture et de fermeté, qui auraient comme effets la perte.de crédibilité et de l'autorité morale dont nous jouissons.


IMPLOSION DE LA FRATERNITÉ


V. Le simple fait de nous engager dans cette voie engendrera chez nous le doute, des disputes, méfiances, partis, et surtout la division. Beaucoup de supérieurs et de prêtres auront un problème de conscience légitime et s'y opposeront. L'autorité et le principe même de l'autorité seront remis en question, minés. Nous ne pouvons pas aller à la remorque dans nos contacts avec Rome, nous devons garder les commandes, marquer les temps et les conditions. Il nous faut donc une ligne définie à l'avance, claire et ferme, indépendante des sollicitations et des éventuelles manœuvres romaines. En conséquence, ce n'est pas le moment de changer la décision du Chapitre de 2006 (pas d'accord pratique sans solution de la question doctrinale) et il n'est pas correct ni prudent de se lancer à préparer les esprits dans le sens contraire, avant qu'il n'y ait chez nous la conviction, le consensus et la décision de changer. Le contraire ne fait que provoquer la division et, par réaction, une guéguerre, l'anarchie.


MISE EN GARDE AUTORISÉE


VI. L'avertissement du R. P. Ferrer, secrétaire du Card. Cailizares : « Ne faites pas d'accord avec Rome, elle ne pourra pas tenir ce qu'elle vous promettra ». Nous avons reçu d'autres avertissements similaires à Rome.


GARDER LA LIGNE


Alors que faire, quoi répondre ? Ce que nous avons de mieux à faire c'est de garder la ligne qui a assuré la cohésion et la survie de la Fraternité et qui a donné beaucoup de fruits vis-à-vis de Rome, pour l'Église. Ils hésitent, ils commencent à céder, leur édifice s'écroule, ils ne peuvent pas s'en passer de nous... Restons fermes dans notre politique et attendons qu'il y ait des conditions clairement sûres et garanties. Comme le signalait Mgr. Lefebvre après les sacres, il faudra attendre, malheureusement, que la situation s'aggrave chez eux... jusqu'à ce qu'ils soient prêts à lâcher Vatican II. Nous pourrions répondre que, vues les Conclusions des discussions, par fidélité et loyauté envers Dieu, envers notre conscience, envers l'Église et même envers le Saint Siège, nous ne pouvons pas nous engager dans une voie premièrement pratique, mais comme nous l'avions déjà dit, que nous restons ouverts à collaborer ou participer dans une étude et critique doctrinale du Concile.


SUIVRE LA PROVIDENCE


S'ils coupent alors avec nous, une pause dans la tension constante que signifient les contacts pour la Fraternité, serait bienvenue et, à mes yeux, providentielle. De toutes façons, les connaissant, ils ne tarderaient pas longtemps à reparler avec nous.


En conclusion, nous ne devons pas devancer la Providence, c'est Elle qui résoudra la crise. Nous devons faire très attention à la tentation sub specie boni, éviter l'empressement, patienter, et seulement nous engager dans cette voie lorsqu'il n'y aura pas un seul doute que Rome (le Pape) veut la Tradition, qu'ils ont une idée juste de celle-ci, que c'est prudent et que c'est la volonté de Dieu. Il nous faut plus de raisons pour changer que pour rester dans la ligne sûre et éprouvée que nous avons. Or, c'est le contraire qui arrive.


• Monseigneur Lefebvre: « Sans s'attarder sur le fait que beaucoup de choses n'allaient pas, l'accent a été mis sur les grands espoirs que font naître le charismatique et le pentecôtisme. A Rome, ils veulent se convaincre de cela. Ils ferment obstinément les yeux sur les catastrophes engendrées par le Concile et qu'ils sont en train d'accomplir, sur la ruine à laquelle ils sont en train de conduire l'Eglise. Et ils veulent que nous entrions dans ce courant. Si nous faisons un pas dans cette voie, si nous nous soumettons à l'autorité sans garantie, à plus ou moins longue échéance, dans deux, trois ou cinq ans, nous perdrons la Tradition. Or nous ne voulons pas la perdre. Nous ne pouvons donc pas nous soumettre aux autorités qui veulent nous faire perdre la Tradition. Ainsi que je l'ai déjà exposé, si je suis allé discuter à Rome, c'est parce que je voulais essayer de voir si nous pourrions réaliser un accord avec les autorités ecclésiastiques, tout en nous mettant à l'abri de leur libéralisme et en sauvegardant la Tradition. Force m'a bien été de constater qu'aucun accord ne pouvait être réalisé qui nous donne à la fois toute garantie et la conviction que Rome voulait sincèrement concourir à la préservation de la Tradition. J'ai attendu jusqu'au 5 juin pour écrire au Pape : « Je regrette, mais nous ne pouvons pas nous entendre. Vous n'avez pas le même but que nous. En faisant cet accord votre but est de nous ramener au Concile. Le mien est au contraire de pouvoir nous maintenir en dehors du Concile et de ses influences » (Fideliter,68, p. 15).


GARE AU DANGER !


Pour le bien de. la Fraternité et de la Tradition, il faut refermer au plus vite la « boîte de Pandore », afin d'éviter le discrédit et la démolition de l'autorité, des contestations, des discordes et des divisions, peut-être sans retour. Dans ce sens, la vraie question à laquelle il faut répondre est la suivante : quelles sont les autres conditions requises, ad intra et ad extra, dans le cas hypothétique d'une proposition « bonne », totalement acceptable en elle-même, pour tenter de faire un accord ? Les textes cités de Monseigneur Lefebvre nous permettent d'y répandre avec clarté et fermeté.


+ Mgr. Alfonso de Galarreta


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Viguerie


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MessagePosté le: Jeu 22 Nov - 17:18 (2018)    Sujet du message: Rencontre entre le cardinal Ladaria Ferrer et l’abbé Pagliar Répondre en citant

vrai ou intox ?
https://www.riposte-catholique.fr/



Rencontre entre le cardinal Ladaria Ferrer et l’abbé Pagliarani
22 novembre 2018 / pas de commentaires


Comme on peut l’imaginer, nos informateurs romains sont sur le qui-vive. Après la réunion de ce matin avec Mgr Guido Pozzo, l’abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la FSSPX, sera reçu ce soir, dans quelques heures, par le cardinal Luis Ladaria Ferrer, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, et à ce titre président de la Commission Ecclesia Dei…


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Joseph


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MessagePosté le: Jeu 22 Nov - 21:53 (2018)    Sujet du message: Les grandes stratégies de diversion Répondre en citant

Merci Sean d'avoir relevé ce passage pour le moins incroyable de Mgr de Galarreta. Personne, à ma connaissance, n'avait remarqué cette petite bombe bien cachée dans un ensemble pourtant d'apparence correcte, et même souvent cité par des prêtres hostiles au ralliement. Au passage, c'est une preuve que nous lisons trop vite les textes !

Cette phrase explique parfaitement son attitude d'apaisement en interne après le chapitre de 2012 et sa déclaration de Villepreux.

Elle révèle surtout le côté très démocrate de Mgr de Galarreta, qui semble chercher à s'adapter à l'évolution (disons la régression) spirituelle de la société. Nous l'avons entendu, par exemple, faire la louange du gouvernement espagnol d'Aznar (droite molle des années 2000) ou condamner l'attentat du Petit-Clamart contre De Gaulle, sous prétexte que la majorité de la population allait en ce sens.

Puisque le Chapitre FSSPX de 2012 avait décidé majoritairement de rechercher un accord pratique avant la doctrine, il suivra ce mouvement (Villepreux sept 2012) et fera régulièrement le tour des communautés religieuses pour les inviter à ne pas bouger.

Si Mgr de Galarreta a l'esprit qui penche plutôt à droite, il n'est pas question pour lui de soutenir les prêtres opposés publiquement à ce mouvement de ralliement : il reniera d'abord Mgr Williamson, et ensuite tous les prêtres dits résistants. Il abandonnera l'abbé de La Rocque dans son triste exil, et déclara même de façon très cynique que les sept Doyens qui avaient accepté leur sanction avaient ainsi reconnu implicitement leur faute.

Mgr de Galarreta ne veut pas faire la guerre contre la Rome moderniste, il ne veut pas la guerre contre les libéraux infiltrés dans la Fraternité.... Puisse-t-il comprendre un jour que sans combat, il n'y aura jamais de victoire pour la Vérité catholique.


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Viguerie


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MessagePosté le: Ven 23 Nov - 13:25 (2018)    Sujet du message: Lettre du Père Jean, franciscain de Morgon - 2009 Répondre en citant

On peut s'interroger sur la publication par la LP d'un texte du père Jean de 1999, en réalité ces deux extraits décrivent l'attitude du padre Pio face au concile et la Nouvelle Messe.

http://laportelatine.org/vatican/sanctions_indults_discussions/1989_2000/02…

Si LP fouille dans ses archives, il pourrait nous faire lire la lettre de ce capucin de 2009, elle a le mérite de nous donner un éclairage de l'époque.

Pour rappel, je la publie, puisse sa lecture éclairer ceux qui doutent ou ceux qui ont encore des illusions, elle a dix ans mais reste d'actualité.


Lettre du Père Jean, franciscain de Morgon - 2009

    
Couvent St Antoine Aurenque
Castelnau d’Arbieu
32500 FLEURENCE
Aurenque, le 11 Février 2009

Notre Dame de Lourdes
 Déclaration Annexe

Monseigneur
Mon révérend Père,
Ma révérende Mère,

En conscience, devant Dieu et devant les hommes, et pour le bien commun de la tradition catholique – et donc de l’Église –, il me paraît être de mon devoir d’ajouter à ma lettre d’excuse ce qui suit :
Après mon intervention véhémente du 5 Février, aux pressions qui m’ont été faites, que ce soit à Saint-Nicolas ou à Caussade, j’ai répondu que je m’excuserai sur la forme (la colère) mais non sur le fond (la plainte).

Je regrette donc vivement mon emportement, non seulement dans la mesure où il aurait pu scandaliser autrui (quoique j’ai reçu par la suite des félicitations par téléphone et par lettre), mais aussi du fait qu’il pourrait disqualifier ou faire oublier le sujet de ma plainte. De plus, une simple lettre d’excuses pouvant vous laisser croire que je regrette aussi ce que j’ ai dit, je me vois donc obligé à revenir sur la question de fond, et même l’expliciter.

Ma première rencontre avec son Excellence Monseigneur Lefebvre remonte à Juin 1973, à Écône, quand il invita mes parents (qui avaient légué un héritage au séminaire) à venir parler et manger avec lui. Trois ans après, j’étais à la messe de Lille. Mes parents ont sacrifiés toute leur fortune familiale à acheter des bâtiments pour la Tradition. Et en ce moment, ils usent leurs dernières forces à aménager une hôtellerie pour notre couvent, dans une maison qu’ils ont acheté en vendant la dernière dont ils étaient propriétaires. Je pense que mon vieux père mourra d’un arrêt cardiaque, le jour où il apprendra que tous ces bâtiments passeront sous le contrôle de l’Église conciliaire…

Jusqu’à dimanche dernier, en chaire, j’ai toujours défendu la FSSPX devant les fidèles, et répercuté ses communiqués. Je dois avouer une seule incartade – si c’en est une –, en annonçant le premier « bouquet spirituel » de chapelets en 2006. Après avoir lu les trois intentions dans l’ordre donné par la fraternité, en commençant donc par la libéralisation de la messe de saint Pie V, j’ai ajouté qu’à mon avis personnel, c’est le retour de la Royauté Sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ qui méritait d’être mis en premier (Monseigneur Lefebvre disait que ce point est plus important que la messe. Cf. « L’Église infiltrée… » p.70).

Si je n’ai pas fait chanter le Te Deum après le Motu Proprio, c’est que mon supérieur m’a laissé libre sur ce point, et que je ne voulais pas acclamer un texte qui identifie dans un même rite la messe de toujours et une messe « bâtarde », comme l’a souvent appelée Monseigneur Lefebvre. J’ai cependant lu le communiqué de Monseigneur Fellay aux fidèles, que Suresnes ne m’avait pas envoyé, mais qu’un fidèle m’avait trouvé sur Internet. De même pour le deuxième bouquet, que j’ai annoncé, et dont j’ai fait photocopier le communiqué final de Monseigneur Fellay (24 Janv.) pour que les fidèles puissent le lire et l’emporter chez eux.

Pardon pour ces longueurs, mais qu’on ne dise pas que je suis contre la FSSPX, un sédévancantiste, etc.. La FSSPX, je la considère comme œuvre d’Église, et une seconde mère pour moi : c’est à elle que je suis redevable de la conservation intégrale de ma foi, de ma vie religieuse, et de mon sacerdoce. Je l’aime de tout mon cœur, et c’est pour cela que je rugis quand je la crois menacée.

Un des tous premiers prêtres de la FSSPX me racontait, un jour d’ordination à Écône, que son père lui avait enseigné les méthodes subversives, mais interdit de les employer. Seulement pour savoir dépister les attaques et les personnes subversives. Pendant son professorat à Écône, il sut ainsi découvrir certains séminaristes subversifs, et les signaler au chanoine Berthod, ainsi qu’à Monseigneur Lefebvre. Ce dernier ne voulut pas les renvoyer, car ils étaient bons élèves par ailleurs. Le chanoine Berthod avait jugé l’affaire assez grave, pour menacer de démissionner, si ces éléments subversifs n’étaient pas chassés. On sait ainsi non seulement comment Écône a perdu un de ses plus éminents professeurs, mais aussi a connu de graves crises de dissidence dans les années suivantes.

Sans prétendre être un spécialiste en ce domaine, et encore moins être engagé dans cette lutte antisubversive – car je me suis consacré totalement à Dieu et aux times – je pense cependant savoir de quoi je parle quand j’emploie le mot subversif, et connaître un minimum dans le traitement des informations, avant d’en tirer des conclusions.
Lorsque j’ai pris le micro, j’ai dit, à peu près dans les termes suivants, qu’avec plusieurs prêtres, nous étions très inquiets de l’évolution des rapports de la FSSPX avec le Vatican, qui semblait nous mener lentement (mais sûrement) vers un ralliement avec la Rome conciliaire et moderniste.

Parlant au nom d’autres prêtres, dont deux m’ont encouragés à prendre la parole, – ce qui me répugnait fort – en cette occasion, je n’ai pas même exprimé ma conviction personnelle, bien établie depuis maintenant cinq ans, que cette évolution n’est qu’un processus habilement programmé par certains prêtres subversifs qui ont réussi à occuper des postes stratégiques de la FSSPX (supériorat, séminaires, médias et finances) en vue de la mener au ralliement.

Jean Vaquié avait déjà établi une liste de ces séminaristes (d’alors) et prêtres subversifs, avant sa mort en 1992 ; et si certains sont aujourd’hui ralliés (comme l’abbé Leschenne), d’autres sont toujours en place dans des postes d’influence, et particulièrement en France. L’un d’eux porte même la bure. Dans l’organigramme de cette organisation subversive, il faut placer dans les cases supérieures, un ancien disciple du professeur Borella (Nancy), qui, sous le pseudonyme d’Abbé Michel Beaumont, enseigne à nos fidèles dans Fidéliter (N° 163, p.20-25) que d’après la doctrine classique des papes, le Règne Social de Notre Seigneur Jésus Christ n’est plus possible dans notre monde d’aujourd’hui.

Dès mon retour de Paris, la Providence a pris le soin de me confirmer – si besoin était – le progrès de ce processus de ralliement, dans un tract, apporté par un fidèle ayant internet, tract à signer pour manifester notre soutien à Benoît XVI. Aux annonces du dimanche, j’ ai cru devoir mettre en garde les fidèles contre cette campagne, leurs expliquant que nous devons soutenir le Pape Benoît XVI par nos prière s, car il porte de très lourdes responsabilités, mais qu’il n’est pas question de lui apporter un soutien inconditionnel, alors qu’il vient de déclarer récemment (oss.nom.fr 23/30 Déc. 08, p.6) que l’Église se réjouit de l’autonomie [ « autonomia » dans le texte italien original] entre l’État et l’Église, comme d’un grand progrès de l’humanité. Et d’inviter nos fidèles à lire l’article de Monseigneur Tissier de Mallerais sur les graves erreurs enseignées (et rééditées telles quelles) par le professeur Ratzinger (Sel de la Terre N° 67, p.22-54).

Et enquêtant plus loin sur cette pétition, on en trouve la source sur le site du forum catholique (http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=463376), où tout le monde peut lire que cette pétition émane et est encouragée par le G.R.E.C., « Groupe de Réflexion Entre Catholiques », institué depuis 1997 (nous n’avons donc jamais été informés de l’existence de ce club depuis plus de dix ans !), réunissant des clercs et laïcs de toutes les tendances de la « tradition », surtout des ralliés, mais y compris la FSSPX, et travaillant à « permettre un jour une réconciliation dans les formes institutionnelles et juridiques ». Ce qui ne peut viser évidemment que la FSSPX, la seule qui y soit représentée, et non (encore) ralliée.

Cette entreprise, y lit-on aussi, est encouragée par le nonce apostolique, Monseigneur Baldelli, et Monseigneur Breton, évêque d’Aire et de Dax, y représente la conférence des évêques de France. J’ai appris d’ailleurs par un confrère de la FSSPX, que Monseigneur Breton lui avait dit avoir fait la connaissance de Monsieur l’abbé de Cacqueray à une réunion du G.R.E.C. … Je n’ai donc pas été surpris, quand on m’a dit, tout à l’heure, que le supérieur du district de France venait d’exhorter tous nos fidèles, à la Mutualité, à signer cette lettre de soutien à Benoît XVI.

A-t-on encore besoin d’autres preuves de la détermination des autorités de la FSSPX à se rallier à la Rome conciliaire ? Faut-il réécouter l’enregistrement de l’émission de Radio Courtoisie, du 17 Juillet 2007, où le père Lelong, membre actif du G.R.E.C., n’a pas craint d’assurer aux auditeurs que, pour lui, la direction actuelle de la FSSPX serait entièrement acquise au ralliement et qu’il s’agirait essentiellement pour elle, de parvenir à réduire ou à faire taire les récalcitrants dans la FSSPX ?

Je suis parfaitement conscient de la gravité de ces révélations et de leurs conséquences. Je les ai pesées et vérifiées autant que possible, avec les moyens que la providence s’est ingéniée à me donner ces derniers temps. En conscience, je ne puis rester plus longtemps silencieux, ni me contenter de la seule prière , ni attendre que la maison soit complètement en flammes pour crier au feu ! Je suis absolument sûr de faire mon devoir et donc la volonté de Dieu, en vous faisant part de cela. A vous d’en juger devant votre conscience. Et de penser au nombre d’âmes qui vous sont confiées par Notre Seigneur Jésus Christ et dont vous devrez lui rendre compte au jour du jugement, sous le rapport essentiel de la foi : « Que demandez-vous à l’Église ? » Réponse : La FOI.

Pour mon proche avenir, je m’en remets totalement à la divine Providence. Je m’attends à être jeté à la rue, traité de « sédévancantiste » (la marginalisation par diffamation étant une technique classique des subversifs). Au cas où il m’arriverait quelque malheur (car il faut tout prévoir) j’ai confié cette lettre et tout mes documents brûlants à des amis sûrs, capables de les transcrire et de les diffuser au besoin. Je sais que mes parents me soutiennent, et m’aideront à recommencer, ou plutôt continuer ma vie religieuse ailleurs. Cela me peine énormément de devenir « vagus », mais si c’est la volonté du Bon Dieu dans cette incroyable crise, Fiat !

Car je n’ai aucune confiance en Monseigneur Fellay, qui couvre toute cette opération de son autorité, et guère confiance en Monseigneur Williamson, qui a été observé pendant ses contacts secrets à Rome la semaine après Pâques 2008. Pour nos deux autres évêques, j’espère bien que le jour officiel du ralliement (qui ne devrait pas être si loin qu’on le prétend, car Benoît XVI se fait vieux … ), ou même avant, l’un d’eux au moins se lèvera et poursuivra le combat de Monseigneur Lefebvre.

Ce jour là, que nos frères de Morgon et d’Aurenque, qui refuseront cette capitulation dans le combat de la Foi, sachent que je reviendrai me mettre sous l’obéissance de leur supérieur ou du plus ancien. En attendant, restons tous bien unis dans la prière du Rosaire, et confiant dans le triomphe final du Cœur Immaculé de Marie.

Fr. Jean O.F.M.


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Sean Johnson


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MessagePosté le: Ven 23 Nov - 14:55 (2018)    Sujet du message: Les grandes stratégies de diversion Répondre en citant

Chère Viguerie.


Merci d'avoir posté à nouveau cette importante lettre du P. Jean.


Il explique beaucoup de choses, et il est important que les gens n'oublient pas son message.
_________________
Tradidi quod et accepi


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Gillou47


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MessagePosté le: Ven 23 Nov - 22:14 (2018)    Sujet du message: Les grandes stratégies de diversion Répondre en citant

Ecoutez entre les minutes 16' et 18' du sermon de Mgr de Galarreta à Lourdes le samedi 25 octobre 2014. Un ami m'avait fait remarquer ce passage. Je vous laisse apprécier cette façon de séparer sanctification et dénonciation de Vatican II.

Le sermon est disponible à cette adresse : http://laportelatine.org/mediatheque/audiotheque/audiotheque2014.php

voici ma transcription de cette partie de son sermon :

"(...) Les hommes d'Eglise abandonnent la vraie Foi, la vraie Espérance, la vraie Charité. Nous le voyons bien, après presque cinquante ans, ils appellent erreur la vérité, et l'erreur vérité. Maintenant certains appellent le mal bien et le bien mal, au nom d'un humanisme tout-à-fait terrestre et charnel. Démolition de l'espérance chrétienne. (...) Nous pouvons réparer cela, et obtenir des grâces pour eux qui sont nos frères. La plus forte leçon, c'est qu'ils font partie de la sainte Eglise. On se dit qu'ils sont morts pour l'Eglise, mais qu'en savons-nous ?... Ce que nous savons, c'est que nous pouvons obtenir des grâces. Alors à quoi bon, à passer toute sa journée à les critiquer, à les accabler... Il faut le faire, oui, et nous le ferons, surtout les doctrines, c'est sûr, nous l'avons fait, nous le faisons et nous le ferons encore, soyez tranquilles. Mais enfin il faut être conscient que la restauration de la sainte Eglise se fera seulement par notre sainteté, par notre offrande, par notre amour, par notre sacrifice, dans la mesure où nous participerons au sacrifice de NSJC, qui est renouvelé tous les jours à la sainte messe, que nous aimons tant, grâce à notre cher fondateur. Donc il faut réparer, il faut expier, il faut satisfaire, il faut consoler. Et pour cela il faut offrir des sacrifices (...)"



A comparer avec cette phrase de Mgr Lefebvre : on me dit qu'il y a des évêques de bonne volonté [càd comme NNSS Schneider, Burke, Rey, ...], mais seraient-ils des saints à partir du moment où ils acceptent le faux oecuménisme, permettent de mauvais catéchismes, etc. (voir dans les premières pages de son Itinéraire Spirituel)


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Gillou47


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MessagePosté le: Mar 27 Nov - 22:02 (2018)    Sujet du message: Les grandes stratégies de diversion Répondre en citant

En tout cas M. l'abbé Beauvais n'est pas d'accord avec le propos de Mgr de Galarreta souligné par Sean. Ci-après un extrait de l'Acampado n°129 de septembre 2017, pages 7 et 8.
L'exercice de 'Maubert' porte sur la proposition "pas d'accord pratique sans accord doctrinal". Après plusieurs considérations de convenance pour expliquer en quoi ça relève des principes et pas simplement de la prudence, il s'appuie sur les paroles et les actes de Mgr Lefebvre pour confirmer cette vérité. La faiblesse de l'abbé Beauvais, on en conviendra, est d'être encore de la "résistance interne", et alors dans sa revue il présente la chose comme s'il s'agissait de la ligne de l'ensemble de la FSSPX, il cite quelques phrases de Mgr Fellay datant de 2008 dans le numéro suivant de l'Acampado, qui vont également dans ce sens ; il n'ose pas dire à ses fidèles qu'en fait ses supérieurs ne pensent pas tellement comme ça. Cela dit c'est un bon article, qui manie bien les objections et les réponses :


Il est très juste de dire que Mgr Lefebvre, avant les sacres, n'avait pas refusé les propositions romaines par principe. A ce moment, il envisageait comme possible un accord avec une autorité néo-moderniste : la seule chose à bien établir, c'étaient les conditions. Ses refus étaient donc purement prudentiels.

Mais, tout de même, après les sacres et jusqu'à sa mort, il a bien affirmé qu'un accord était impossible tant que Rome ne recouronnerait pas Notre-Seigneur, et qu'elle ne reviendrait pas à la Tradition. Ceci est-il suffisant pour dire que c'était un refus de principe ? Il ne semble pas. Si Mgr Lefebvre n'avait dit que cela, ç'aurait pu être un refus purement prudentiel : « Étant donné que nous nous sommes enlisés, aurait-il pu dire, pour éviter de nous retrouver dans une situation inextricable, il vaut mieux attendre leur retour à la Tradition. » Et tant que cette circonstance (le modernisme des autorités romaines) demeure, le même refus prudentiel peut être légitimement maintenu.

Cependant, il y a plus : après les sacres, lorsque Mgr Lefebvre exprime ses refus d'accord, désormais, il énonce la plupart du temps un principe justifiant ce refus. Par exemple, déplorant le départ de ceux qui se rallièrent : «Nous disons, nous, que l'on ne peut pas être soumis à l'autorité ecclésiastique et garder la Tradition. [...] Nous ne pouvons pas être d'accord avec ceux qui découronnent Notre-Seigneur. » « Ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs, mais les supérieurs qui font les sujets. » «On ne peut pas à la fois donner la main aux modernistes et vouloir garder la Tradition. » C'est donc très clairement un refus de principe.

Il est vrai qu'il a dit, après les sacres : « J'aurais bien signé un accord définitif après avoir signé le protocole, si nous avions eu la possibilité de nous protéger efficacement contre le modernisme de Rome et des évêques.» Il décrit ensuite ces conditions (commission romaine etc.). Puis de conclure : « Je sentais bien une très nette opposition. Nous n'avions déjà qu'un évêque au lieu de trois, et deux places à la commission sur sept. Ce n'était pas possible de continuer ainsi. La volonté de Rome de ne pas aider la Tradition, de ne pas vouloir lui faire vraiment confiance était évidente ». Ce qu'on peut conclure de ce passage, c'est que, après les sacres, Mgr Lefebvre dit qu'il avait envisagé un accord comme possible, qu'il aurait alors signé. Il ne dit pas : si on m'accordait ces conditions maintenant, je signerais.

« En réalité, dit-il encore lors de cette même conférence, Rome ne veut ni soutenir, ni poursuivre [c'est-à-dire continuer] la Tradition. On veut amener tout doucement ces jeunes [de la Fraternité Saint-Pierre] et ces prêtres au Concile. C'est évident. Au cours des derniers contacts que j'ai eus à Rome, j'ai plusieurs fois voulu sonder leurs intentions, mesurer s'il y avait un véritable changement. Cela n'apparaissait pas impossible, après le constat des échecs catastrophiques et désastreux qui ont suivi le Concile, et aussi après la visite du cardinal Gagnon et de Mgr Perl. » On en revient toujours à cela : Mgr Lefebvre a voulu « sonder les intentions », voir s'il y avait « possibilité » de se protéger. Il a bien fallu se rendre à l'évidence : leurs intentions sont de combattre la Tradition, parce qu'ils sont modernistes. Et donc, pour qu'il y ait possibilité de s'entendre, il faut au préalable qu'ils reviennent à la Tradition.

Il est aussi vrai qu'il a dit le 9 juin 1988 : « C'est vrai, j'ai signé le protocole le 5 mai, un peu du bout des doigts, il faut bien le dire. En soi, c'est acceptable, sans quoi, je ne l'aurais même pas signé, bien sûr. » Mais avec le recul du temps, on peut affirmer que ce texte était dangereux, puisqu'il a servi de base pour les accords avec le Barroux, avec la Fraternité Saint-Pierre, avec les prêtres de Campos ... Ce n'est qu'aujourd'hui que l'on mesure tout le danger de cette situation. En mai-juin 1988, Mgr Lefebvre a perçu ce danger surtout par la malhonnêteté de ses interlocuteurs.

Enfin, comme nous l’avons vu, le fait que la Rome néo-moderniste cherche à nous ramener au Concile, cela tient à son système, cela découle de la nature de son système pluraliste ; ce n'est pas une condition extrinsèque.


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MessagePosté le: Jeu 29 Nov - 16:35 (2018)    Sujet du message: Dossierdoctrinal Morgonl Répondre en citant

L'Acampado de M. l'abbé Beauvais dans son étude signée "Maubert" nous explique "La question des relations de la Tradition avec la Rome conciliaire"  depuis octobre  2016, l'approche est la même que les capucins de Morgon dans leur  Dossier Doctrinal.(mis sur internet le 2 septembre 2017) https://www.medias-presse.info/etude-des-capucins-sur-la-question-des-relat…

Il est vrai que Marseille et Morgon font cause commune, il suffit de consulter ce site pour se rendre compte de leur coopération.

L'une comme l'autre de ces deux  études si l'on en juge n'a pas suscitées beaucoup de réactions?





Etude des capucins sur la question des relations des communautés traditionnelles avec la Rome conciliaire


Il y a maintenant un peu plus d’un an, le 3 juin 2016, en la fête du Sacré-Cœur de Jésus, les capucins de Morgon distribuaient à leurs amis et aux membres de leur Tiers Ordre une étude doctrinale sur la question des relations des communautés traditionnelles avec la Rome conciliaire.

Dans ce document de près de 100 pages, rédigé selon une méthode très scolastique (St Thomas d’Aquin), les religieux avancent les raisons profondes pour lesquelles l’« accord » avec Rome, tel qu’il est envisagé aujourd’hui, leur paraît néfaste pour l’Eglise ;


Etude des capucins
extraits :



ANNEXE II : LE DIALOGUE p. 92

2) Dialogue entre la Rome conciliaire et les traditionalistes
a) Principe général
Si nous appliquons tout cela à notre situation, le premier principe est que ce qui vient des modernistes est à interpréter en un sens moderniste. Nous l’avons vu, entre autres, au sujet de l’expression du « Concile vu à la lumière de la Tradition ». Leur but est d’entraîner tout le monde dans la dynamique révolutionnaire de Vatican II, c’est-à-dire l’évolution des dogmes, et finalement
l’œcuménisme, base de la « nouvelle évangélisation 402 », et à terme, l’unité du genre humain dans la diversité des croyances, chacune étant égale et libre.
402 Tout cela est très clairement expliqué par B ENOIT XVI, dans sa lettre du 10 mars 2009. La priorité aujourd’hui, dit-il, est de lutter contre l’extinction de la « foi ». Pour cela, il faut unir les catholiques entre eux (conciliaires et traditionalistes), puis les chrétiens (œcuménisme) et enfin les croyants (dialogue interreligieux). Ces trois phases sont dans la même dynamique. Il ne faut pas entrer dans le jeu, dont les règles ont été posées par les révolutionnaires.

b) Faire glisser les traditionalistes du plan doctrinal au plan disciplinaire
Pour attirer les traditionalistes dans ce mouvement, ils commencent par des accusations : » vous êtes des dissidents, coupés de Rome. » Ou bien, ils font des propositions alléchantes : les possibilités d’un plus grand rayonnement apostolique ; enfin, rien de plus efficace que des cadeaux : le Motu proprio de 2007, la levée d’excommunications (2009), la juridiction pour les confessions .
403 . Dans la même lettre du 10 mars 2009, B ENOIT XVI reconnaît que par le passé, des faveurs faites à des groupements traditionnels ont changé leur climat interne, et qu’ils ont cessé d’avoir des comportements « unilatéraux » : autrement dit, ils se sont ramollis et ont fait des concessions.
Il pourrait nous être opposé que le pape Benoît XVI, lorsqu’il a reconnu que la messe traditionnelle n’avait jamais été interdite et a déclaré que les prêtres du monde entier pouvaient la célébrer, n’a tout de même pas fai là une concession de détail. Certes, nous saluons le courage certain qu'il lui a fallu puisque ces paroles ont suscité la mauvaise humeur d’à peu près tout l’épiscopat. Mais la
vérité demande de souligner que Benoît XVI, dans l’acte même où il lâche ces fortes concessions, les reprend en même temps en souhaitant la fécondation réciproque des deux messes. Il ouvre en réalité un processus dialectique en vue de parvenir à une réforme de la réforme, consensus où chacun est invité faire des concessions. Quant aux autres concessions mentionnées, c'est le Saint-Siège qui est gagnant, car il apparaît comme un bon prince, faisant miséricorde ; notre refus de faire des concessions apparaîtra comme d’autant plus odieux ; ainsi, une pression psychologique est exercée sur nous pour faire cesser le combat. Et ces avancées laissent entendre publiquement que les choses s’arrangent, alors qu’en réalité, le problème de fond, qui est doctrinal, demeure entier. Les catholiques de la Tradition sont invités à venir « en tant que fidèles de la Tradition » ; on veut embarquer la Tradition « en tant que telle » dans la Révolution ; il faut qu’ils gardent leur « charisme propre ». Par ce jeu, la lumière de la Tradition n’est plus celle qui doit éclairer tout homme ; elle est une opinion parmi tant d’autres. Ainsi, le processus de ralliement met en premier des questions pratiques, et entre parenthèses le problème doctrinal. C'est à ce niveau que s’opère le glissement. On ne ni certes pas la doctrine, mais on insiste sur la régularisation. Et à force de parler principalement de cela, on finit par penser que nous sommes dans l’irrégularité. Tout est envisagé de ce point de vue. De la même façon que les communistes faisaient de la religion une question politique, ainsi les autorités romaines font de l’adhésion au Concile une question d’obéissance. De cette façon, le motif du martyre — la foi — est supprimé. Toute réclamation contre les erreurs conciliaires ou contre les scandales œcuméniques sera taxée de désobéissance ou de péché contre l’unité. Ainsi, il n'y a plus de martyrs, et peu à peu la résistance disparaît.

c) La réduction au silence, ou l’oubli du bien commun de l'Église
On voit par là que, par le fait même de la reconnaissance canonique, on se réduit au silence. Mgr Lefebvre le disait d’ailleurs à propos de Dom Gérard : « Ce n’est pas vrai qu’ils n’ont rien lâché ; ils ont lâché la possibilité de contrer Rome. Ils ne peuvent plus rien dire. Ils doivent se taire 404 . »
404 Fideliter 79, p. 5.
Ce point est fondamental, car, par là, on voit que, même si l’on n’exige de nous aucune déclaration doctrinale sur Vatican II, déjà on cesse de le critiquer, et, dans les faits, on entre dans la machine révolutionnaire : celle-ci, en effet, admet en son sein tout le monde avec ses opinions, mais à condition d’admettre comme défendables celles du voisin. Ainsi, dans les faits, en se taisant, on
admet l’idéologie conciliaire comme acceptable ; dès lors, c’est une reconnaissance implicite de Vatican II. Puis, on ne tarde pas à relativiser les questions doctrinales, et à admettre explicitement les erreurs modernes. Ceci nous permet de donner une précision importante : la question du bien commun. Par notre combat doctrinal et notre opposition publique aux erreurs conciliaires, nous défendons le bien commun de l'Église. En nous taisant, nous serions admis dans l'Église officielle avec des avantages certains, mais ce faisant, nous mettrions notre bien particulier au-dessus du bien commun. Tel est le piège des libéraux : faire de l’absolu [la vérité, la Tradition] quelque chose de relatif. En effet, à ce moment, la vérité, la Tradition est considérée comme un bien pour certaines personnes attardées (nous), donc un bien relatif, mais en aucun cas un bien nécessaire pour tous, un
absolu. Au contraire, notre attitude est une attitude de membres de l'Église. Le membre est la partie d’un tout ; la partie est pour le tout. Ce que nous voulons, c’est le bien de l'Église, le bien commun, à savoir, que Rome retrouve sa Tradition. Certes, quelques-uns peuvent penser que par une reconnaissance canonique on pourrait faire davantage retentir la voix de la Tradition ; les intentions sont sincères, mais nous avons vu que c’est une illusion. La petite chèvre de Monsieur Seguin croyait qu’elle vaincrait le loup, mais la terrible réalité s’est imposée à elle. Ce qui compte, c'est la
réalité objective. Il faut y réfléchir, car le bien commun, ici, est une question de salut éternel.

d) Des formules ambiguës
Quant à la séduction venant des formules ambiguës, prenons par exemple : « Nous accepter tels que nous sommes. » « Quand Rome dit à une communauté : “ On vous accepte tels que vous êtes”, Rome ne pense pas cela. Rome pense en réalité : “ On vous accepte tels que vous serez, tels que vous allez devenir ”. Les romains savent par expérience que, lorsqu’il y a un accord, la communauté
va évoluer plus ou moins vite. Donc, ils nous acceptent tels que nous serons dans un an, cinq ans, dix ans ; pas tels que nous sommes aujourd’hui, avec notre opposition à la nouvelle messe et au Concile 405 . »
405 Le Sel de la terre 88, « Chute et dérive du Barroux », par le père B RUNO . Toute la suite de l’article est la parfaite illustration du phénomène dont nous traitons.
Autre exemple : le simple mot « Église ». « Il n'y a qu’une Église, disait le cardinal Ratzinger à
Mgr Lefebvre, il ne faut pas faire d’Église parallèle. » Qui ne souscrirait à cette proposition, en soi parfaitement catholique ? « Quelle est cette Église, pour lui ? Rétorquait l’archevêque. L’Église conciliaire, c’est clair, [...] il voulait nous ramener à l'Église conciliaire. »

e) Les concessions
Alors commencent les compromis, les reniements du passé. Par exemple, au Barroux, où le discrédit était jeté sur Mgr Lefebvre, où on a accepté que les prêtres de passage y célèbrent la messe Paul VI etc. Finalement la thèse sur la liberté religieuse. Ces actes à répétition font disparaître totalement le sens du combat de la foi. C’est une persécution sans martyrs. La séduction a réussi : si certains sont partis, ç’a été au compte goutte, il n’y a pas eu une opposition en masse. Il est facile d’appliquer tout cela au protocole d’accord de 1988. Nous en avons déjà relevé les dangers. Ce n'est que sous la pression psychologique toujours plus forte exercée par les autorités romaines que Mgr Lefebvre l’a signé ; on se souvient du malaise terrible qu'il en a éprouvé, et de la rétractation de sa
signature la nuit suivante. C'est en effet un texte de compromis qui n’aurait pas manqué de générer son « dynamisme interne ». Ce texte servait d’ailleurs si bien la Révolution que les autorités conciliaires s’en sont servies comme base pour les accords avec les ralliés. En effet, voyons ce qui s’est passé au Barroux. Dom Gérard écrivait en été 1988 un article dans Présent pour justifier sa position. Il affirmait entre autres : « Ce que nous demandions depuis le début (messe de saint Pie V, catéchisme, sacrements, le tout conforme au rite de la Tradition séculaire de l'Église), nous était octroyé sans contrepartie doctrinale, sans concession, sans reniement. Le Saint-Père nous offrait donc d’être intégrés dans la Confédération bénédictine tels que nous sommes. » Il dit plus loin les conditions qu'il avait posées, dont la deuxième : « Que nulle contrepartie doctrinale ou liturgique ne
soit exigée de nous et que nul silence ne soit imposé à notre prédicationniste 406 . »
406 Fideliter 65, p. 18-19.

Le cardinal Mayer fut interviewé, et interrogé à ce sujet. « L’affirmation de Dom Gérard n'est pas exacte, dit-il. Il suffit de se rappeler que l’accord a été négocié sur la base du protocole du 5 mai, qui exigeait l’acceptation de la doctrine contenue dans la Constitution dogmatique Lumen Gentium (no 25) [et le cardinal rappelle les autres alinéas que nous avons énoncés plus haut]. On ne peut accepter uniquement les concessions offertes par le protocole et en oublier les obligations ! De même que dans le Motu proprio Ecclesia Dei du 2 juillet dernier on ne peut se limiter à voir l’ouverture à de justes aspirations spirituelles et liturgiques et oublier la critique implicite d’un faux concept de Tradition [c’est-à-dire le concept traditionnel de la Tradition] 407 . »
407 Fideliter 67, p. 17.
Autrement dit, Dom Gérard n’a fait aucune concession explicite sur tel ou tel point de Vatican II, mais il a implicitement reconnu le nouveau magistère, par l’accord avec Rome sur un texte de compromis, que désormais Rome interprète dans le sens moderniste ; et, toujours d’après le cardinal Mayer, il a implicitement rejeté le concept traditionnel de la Tradition. Peu à peu, on en demande davantage. Mgr Lefebvre montre comment la profession de foi de 1989 demande plus explicitement ce qui était implicite dans le protocole 408 .
408 Fideliter 70, p. 16.
« Voyez-vous, disait-il à un ami, je suis un peu dans la position du pape Pie VII, et Jean-Paul II, c'est Napoléon. Si je signe, Jean-Paul II m’imposera plus tard des articles organiques 409 . »
409 Le Sel de la terre 32, p. 178.
Telle est la duplicité de la Révolution.

f) Conclusion : refuser le dialogue dès le début, et préférer le martyre moral.
C’est pourquoi en 1988 Mgr Lefebvre a compris qu'il était impossible de discuter, tant que les autorités romaines étaient imbues de modernisme. Car la duplicité est consubstantielle au modernisme ; non pas une duplicité morale, mais ontologique : ce sont des esprits faussés. « Si un aveugle conduit un aveugle, tous deux tombent dans la fosse 410 . »
410 Mt 15, 14.
Mgr Lefebvre a préféré le martyre moral pour sauver la foi. « Ne serait-ce pas [...] dans le plan de
la Providence, que la Tradition catholique de l'Église ne soit pas réintégrée dans le pluralisme de
" l'Église conciliaire ", tant que celle- ci souille l’honneur de l'Église catholique et offusque tant son unité que sa visibilité ? "Le Christ a souffert en dehors des portes de Jérusalem", nous dit saint Paul, et il ajoute : "Donc, pour aller à lui, sortons hors du camp,en portant son opprobre 411 ". »

411 He 13, 12-13. Fideliter 65, p. 20. Abbé S CHMIDBERGER .


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 07:27 (2018)    Sujet du message: Les grandes stratégies de diversion

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