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Sean Johnson


Hors ligne

Inscrit le: 06 Jan 2017
Messages: 94
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MessagePosté le: Dim 25 Nov - 00:15 (2018)    Sujet du message: Retour au début ? Répondre en citant

Retour au début? 

 
par 
 
 
Sean Johnson (aka "Seraphim") 
  
 
11/24/18 
 
 
https://forum.tradidi.com/t/communique-of-the-general-house-on-the-meeting-between-cardinal-ladaria-and-father-pagliarani-november-22-2018/228/5

 

 
 
[Parce que certains dans la Résistance sont trompés par le dernier article de Tornielli, croyant que le P. Pagliarani "met la doctrine en premier", je soumets cet article à votre considération.] 


 
J'ai écrit dans le passé que, sur des points particulièrement délicats et dangereux pour le processus de ralliement romain/Menzingen, les parties ont déclaré que les négociations s'étaient effondrées et que tout était "retour à la case départ".
Il s'agit bien entendu de dissiper les tensions et les oppositions potentielles qui se sont formées autour des nouveaux développements du processus de ralliement et qui l'ont en fait rapproché de sa conclusion "réussie".


Ainsi, par exemple, en 2012 (peu après que Mgr Williamson eut saboté le rassemblement par la fuite de la "Lettre des trois évêques", et juste avant le Chapitre général), Mgr Fellay a utilisé la technique pour lui permettre de survivre à ce Chapitre avec son autorité (et donc le rassemblement) intacte, en déclarant au sermon des ordinations du 29 juin 2012 à Econe :


"Il y a eu beaucoup de va-et-vient, d'échanges, de lettres et de protestations, mais nous sommes revenus à la case départ."


Cinq ans plus tard, au printemps 2017, l'acceptation par Mgr Fellay des "directives pastorales", qui soumettaient les mariages de la SSPX à l'approbation du diocèse (c'est-à-dire, subordonnaient la SSPX à l'autorité diocésaine), suscita un tollé. Mgr Fellay utiliserait encore une fois la même technique pour tenter (inévitablement avec succès) de dissiper les pressions et de sauver le processus de ralliement incrémentiel :


"C'est comme dans le Jeu de l'Oie. Nous étions presque à la fin, puis nous avons atterri sur la case "retour au point de départ". Tout est tombé à terre, il faut tout recommencer à zéro."


Aujourd'hui, face à la nouvelle bizarre que le P. Pagliarani est allé mendier à Rome, et a initié une demande de réouverture des discussions doctrinales (discussions pour lesquelles les deux parties reconnaissent l'existence d'une divergence doctrinale inconciliable), soulevant le soupçon fondé que la SSPX est prête à adopter une approche plus libérale cette fois, la machine médiatique romaine et Andrea Tornielli (de Vatican Insider 1 sont revenus à la case 1, en déclarant que tout est à nouveau en ordre, au secours de la mobilisation :


Tout va mal, il faut tout recommencer. Après des années de dialogue théologique, de dures discussions, de réunions réservées dans les palais du Vatican, la relation entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X se poursuit en haute mer, et toute solution ou approche possible semble se déplacer. Malgré la grande disponibilité manifestée d'abord par Benoît XVI (avec la libéralisation de l'ancienne messe et l'annulation des excommunications) et ensuite par François (assurant la validité des confessions et des mariages célébrés par les prêtres de la Fraternité), il semble que l'on retourne au point de départ... ".


Mais est-il vraiment vrai qu'à l'une ou l'autre de ces occasions, le processus de ralliement a été détruit et que l'état des relations a été ramené à un point de départ ?


Non.


Des compromis et des concessions profonds avaient déjà été faits de part et d'autre, et ils n'ont pas été retirés ou annulés en 2012, 2017 ou 2018 :


En 2012, par la signature de la déclaration doctrinale du 15 avril 2012, Mgr Fellay avait déjà accepté - et ne s'était jamais rétracté - la légitimité de la nouvelle messe et l'herméneutique de la continuité ; il avait déjà annoncé publiquement son départ avec la condition prudentielle de Mgr Lefebvre pour une "régularisation" par sa volonté d'accepter un accord purement pratique ; il avait déjà déclaré publiquement avoir accepté en principe la liberté religieuse dans son entrevue à la CNS ; il avait déjà décidé d'aliéner et de marginaliser la voix contrariante de Mgr Williamson en l'éliminant des réunions importantes de la SSPX sur le sujet du rassemblement ; etc.


Et la même année, Rome avait rendu la pareille : Le motu proprio (inacceptable) a été laissé en place ; les "excommunications" n'ont pas été réactivées ; Mgr Fellay avait reçu l'autorisation canonique de juger ses propres prêtres ; etc.


En d'autres termes, malgré l'affirmation de Mgr Fellay en 2012 selon laquelle les choses étaient revenues à la case départ, les relations entre Rome et la SSPX étaient assez avancées, et si des inconvénients ou des retards survenaient quant au moment de l'accord final, et que des feux de brousse devaient être éteints, l'état du rassemblement restait exactement où il était et avait même évolué.


Il en va de même pour les revendications de Mgr Fellay en 2017 :


Après la fureur (surtout en France) à l'égard des "orientations pastorales", Mgr Fellay est revenu sur cette tactique, mais en fait, le "progrès" vers le ralliement de la SSPX a fait des progrès remarquables dans les années intermédiaires entre 2012 et 2017 :


La SSPX avait reçu la juridiction ordinaire pour entendre les confessions ; elle avait reçu la juridiction pour l'extrême-onction ; elle avait reçu l'approbation tacite d'ordonner des prêtres ; elle avait même des messes dominicales dans certains diocèses avec la permission des évêques locaux ; elle pouvait maintenant dire la Messe dans les basiliques romaines ; etc.


Pour sa part, Menzingen s'est empressée de rendre la pareille :


Les défenses des groupes de l'Ecclesia Dei sont apparues sur les sites Internet de la SSPX, et dans sa condamnation du livre du P. Pivert (qui, selon elle, mettait trop l'accent sur Christ le Roi !) ; la participation à des événements tradcuméniques devint banale ; elle ne disait plus à ses fidèles qu'ils ne pouvaient assister aux Messes d'indulgence ; de plus en plus de prêtres d'ordination douteuse commencèrent à remplir ses paroisses ; elle choisit de ne pas commenter le barrage sans fin des scandales romains ; elle refuse de condamner le modernisme romain ou Vatican II de la chaire.


On peut dire la même chose des affirmations de Tornielli aujourd'hui :


Non seulement il n'y a pas eu de recul dans le "progrès" vers un accord depuis la revendication de Mgr Fellay en 2017 jusqu'à aujourd'hui, mais au contraire, il y a eu des progrès remarquables :


La fureur à l'égard des "directives pastorales" qui soumettent les mariages de la SSPX au contrôle diocésain a été contenue, même en France (où ceux qui s'y opposent ont soit quitté la SSPX, soit subi le châtiment infligé pour "désobéissance" et se sont tus) ; Mgr Fellay est brièvement destitué au Chapitre général 2018, puis remplacé par son sauveur au Chapitre général 2012 : Le P. Davide Pagliarani (lui-même en faveur d'un accord pratique), avant de revenir sur le devant de la scène en se replaçant dans une position de pouvoir par la création d'une nouvelle position de "conseiller" (avec son collègue accordiste, le P. Franz Schmidberger) ; la SSPX se sent obligée de soumettre ses résultats électoraux à la ratification romaine ; la SSPX encourage même une nouvelle ouverture (comme au concile Vatican II) et une attitude nouvelle ; etc.


Mais Tornielli voudrait vous faire croire que le P. Pagliarani est un dur, un revers pour le processus de ralliement, et intransigeant en matière de doctrine, ramenant ainsi tout le processus à la case départ (même si le P. Pagliarani lui-même a exprimé son ouverture à un accord pratique) :


Si nous n'arrivons pas à une régularisation canonique, cela signifie simplement que la hiérarchie n'est pas encore suffisamment convaincue de l'urgence de cette contribution. Dans ce cas, nous devrons attendre encore quelques années, en espérant une augmentation de cette prise de conscience, qui pourrait se produire parallèlement et parallèlement à l'accélération du processus d'autodestruction de l'Église. Voir l'interview ici


Par conséquent, si d'un côté le P. Pagliarani reconnaît une divergence doctrinale entre Rome et la SSPX, tout en exprimant simultanément son désir de rouvrir les discussions doctrinales, la conclusion est évidente.


Par conséquent, le P. Pagliarani, loin de représenter un revers pour les négociations Roman-SSPX et le processus de ralliement, représente plutôt une continuité remarquable avec le régime précédent.


Comme je l'ai déjà dit, quand la SSPX ou Rome vous disent que les relations sont de retour à la case départ, vous feriez mieux de vous accrocher à votre chapeau. C'est généralement peu de temps après que certains des plus grands "progrès" vers l'impossible réconciliation sont réalisés.


Si nous revenions vraiment à la case départ, cela signifierait que Rome et la SSPX ont renoncé et/ou repris ce qu'elles ont concédé ou reçu.


Mais cela ne s'est pas produit.


Non, les choses ne sont pas revenues à la case départ.


Ils ont repris là où ils s'étaient arrêtés.
_________________
Tradidi quod et accepi


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MessagePosté le: Dim 25 Nov - 00:15 (2018)    Sujet du message: Publicité

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CMS


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Inscrit le: 02 Juin 2018
Messages: 34
Localisation: Bayonne

MessagePosté le: Dim 25 Nov - 15:29 (2018)    Sujet du message: Retour au début ? Répondre en citant

Cher Sean,
 
Votre analyse est fouillée et très intéressante. Le "jeu de l'Oie" est la meilleure image de la valse-hésitation des autorités de la Fraternité face à Rome. Mais les fidèles apprécient de moins en moins cette situation.
 
Sans remonter au début de ce "Jeu de l'Oie", c’est-à-dire au point de départ de l'itinéraire en zigzag du ralliement (certains le placent dès 1994, d'autres vers 2000, quelques-uns en 2006, et les plus nombreux en 2012), on pourrait concilier tout le monde sur une "case départ" plus récente, qui serait le 1er septembre 2015.
 
A cette date fatidique - mais passée inaperçue - le pape a « mis le pied » dans la Fraternité par la concession de la juridiction sur la confession (et l'extrême-onction).
 
"Un peu rusé" comme il se qualifie lui-même, François n'a pas demandé son avis au Supérieur général de la Fraternité, n'ayant d'ailleurs nullement à le faire en sa qualité de Souverain pontife, chef suprême de l'Eglise universelle.
 
Le soir même de ce 1er septembre 2015, Mgr Fellay a remercié le pape pour son "geste paternel". Et il a "omis" de recueillir l'autorisation de son Chapitre : pourquoi en effet respecter cette procédure prescrite par le Chapitre de 2012 pour toute "éventuelle normalisation canonique" ?... puisqu'il ne s'agissait pas d'un "accord" entre Rome et Menzingen, mais d'une mesure unilatérale du pape relevant indiscutablement de ses pouvoirs : tout s'est joué sur ce subtil distinguo !
 
Mais on sait que remercier son bienfaiteur... vaut accord sur le bienfait reçu.
 
Qui plus est, Mgr Fellay a feint la surprise ("comme tout le monde, je l'ai appris par la presse" a-t-il écrit), alors que le processus avait été mis en place en accord avec les autorités romaines un an avant lors de l'entrevue du 23 septembre 2014 avec le Cardinal Müller : "les parties ont convenu de procéder par paliers (...) dans un délai raisonnable vers le dépassement des difficultés (...) dans la perspective d'une pleine réconciliation" disait le communiqué du Vatican.
 
Le premier "palier", c'était donc le sacrement de pénitence ! On connaît les paliers suivants de 2016 (l'ordre) et de 2017 (mariages), et la situation de paralysie qui en résulte désormais pour la Fraternité face à Rome, spécialement sur la question des futures (et indispensables) consécrations épiscopales. Peut-on risquer une deuxième excommunication ?
 
C'est pourquoi, pour faire diversion, on se remet à "parler doctrine", et à vouloir reprendre sur de nouvelles bases les "discussions doctrinales" de 2009-2011. Mais chacun sait qu'on s'engage ainsi dans la même impasse, car la crise de l'Eglise n'a fait qu'évoluer en pire sur les dix dernières années. Où sont les points de convergence entre la foi de Mgr Lefebvre et celle du pape François, entre la Royauté sociale de Jésus-Christ et les embrassades oecuméniques et interreligieuses de ce pontificat calamiteux ? Ce sont les "attelages" impossibles dénoncés par l'Apôtre.
 
Alors, veut-on revenir aujourd'hui à la bonne "case départ" du Jeu de l'Oie ?
 
Il suffit que la Maison Générale de Menzingen récuse officiellement la juridiction "ordinaire" concédée par le pape "par morceaux" (septembre 2015, juin 2016, et mars 2017) pour les sacrements, sachant que ces mesures, par elles-mêmes légitimes selon le droit de l'Eglise, dissimulaient en fait un "pré-ralliement" par étapes de la Fraternité à la Rome conciliaire.

C'est ce que l'abbé Denis Puga, vicaire à Saint-Nicolas, qualifie de "décision officielle matériellement bonne (mais) profondément radioactive", car "irradiée par les erreurs libérales du Concile" (le Chardonnet, avril 2018).
 
Un prêtre de la prétendue "résistance interne" aura-t-il le courage de demander publiquement à ses Supérieurs le retour au régime de la suppléance de juridiction prévu par le droit canon et hérité de l'époque de Mgr Lefebvre, vu l'état de nécessité plus que jamais évident dans l'Eglise ?
 
A lui tout seul, il pourrait ainsi sortir la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X du piège où le pape l'a enfermée...

Une fronde, un petit caillou, ... il reste à trouver un David !  


Dernière édition par CMS le Mar 27 Nov - 21:07 (2018); édité 4 fois
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Mikaël


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MessagePosté le: Lun 26 Nov - 08:54 (2018)    Sujet du message: Retour au début ? Répondre en citant

CMS, votre dernière affirmation est effrayante quand on y réfléchit : y aura-t-il en effet un seul prêtre sur les quelque 600 que compte la Fraternité à se lever publiquement pour dénoncer ce ralliement par étapes ? Plus de 3 ans après (septembre 2015 - novembre 2018) ?

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Viguerie


Hors ligne

Inscrit le: 04 Jan 2017
Messages: 539

MessagePosté le: Mar 27 Nov - 07:39 (2018)    Sujet du message: Analyse des nouvelles discussions avec Rome Répondre en citant

Analyse des nouvelles discussions avec Rome
https://cristiadatradicinalista.blogspot.com/



Par M. l'abbé Girouard,  le 22 novembre 2018 

Chers paroissiens d’Aldergrove et Post Falls, 


Le nouveau supérieur de la néo-FSSPX, l’abbé Pagliarani, a été reçu aujourd’hui à Rome par le président de la Commission Ecclesia Dei (Mgr Pozzo). Il avait demandé une telle rencontre après son élection en juillet. Vous pourrez trouver plus de détails dans le lien suivant :  Source


Permettez-moi juste de dire ceci : 
  1. Comment un véritable amoureux et soldat du Christ-Roi peut-il souhaiter rencontrer les membres d’une telle organisation (l’Eglise Conciliaire) qui, comme l’a écrit Mgr Lefebvre, L’a découronné ? Comment une personne, ayant une claire vision de la Foi catholique et du culte pur dû au Dieu Tout-Puissant, peut-elle engager des discussions et négociations avec des ennemis de Dieu non repentis ? Comment peut-on prétendre travailler au salut des âmes alors que l’on « discute » avec ces responsables non repentis de la perte de millions d’âmes (beaucoup d’entre eux étant nos proches) ? 
  2.  La Fraternité a déjà discuté durant deux ans (2009-2011). Les résultats officiels furent qu’elles ont mis en évidence des différences doctrinales inconciliables entre l’Eglise Conciliaire et la Fraternité. Mais nous savons que Rome n’a pas changé depuis 2011, si ce n’est en pire. Nous savons aussi qu’ils ne sont pas sur le point de s’améliorer et de rejeter Vatican II et ses « réformes ». C’est pourquoi, de telles nouvelles discussions doctrinales, si elles doivent avoir un seul objectif, doivent tenter d’obtenir une autre conclusion que celle de 2009-2011, et ceci ne peut uniquement se réaliser que si la Fraternité est prête à changer ses propres vues doctrinales. (En pratique, l’abandon en 2012 de la Déclaration de 2006 était déjà un changement de doctrine, un virage vers le libéralisme). 
  3. Malgré cette conclusion « décevante » des discussions de 2009-2011, Rome proposa, le 14 septembre 2011, un « Préambule » en vue d’un accord. Il fut étudié et rejeté lors de la réunion spéciale des supérieurs majeurs à Albano en octobre 2011. Le fait que ce « Préambule » soit même étudié et discuté par les autorités de la FSSPX, malgré l’échec des discussions doctrinales de 2009-2011, et le fait qu’il soit refusé à Mgr Williamson d’y assister (à cause de son refus de fermer son blogue « Commentaires Eleison » qui dénonçait ces tractations avec Rome), nous montre que le désir d’une « normalisation » était déjà fort dans de nombreux cœurs… 
  4. Malgré ce refus du « Préambule » romain en octobre 2011, le Supérieur Général de la Fraternité à cette époque (Mgr Fellay) maintint des contacts avec Rome, et lui proposa sa propre version du Préambule le 15 avril 2012. Cette « Déclaration » destinée à Rome n’était que légèrement différente du Préambule romain de 2011. Mgr Fellay reçut alors l’assurance de ses « amis » romains que cette Déclaration était acceptée par le Pape, et qu’il serait convoqué à Rome en juin pour signer l’accord final. Alors Mgr Fellay et ses collaborateurs entreprirent une tournée mondiale de conférences, sermons et interviews télévisées pour promouvoir cette idée d’une « reconnaissance » romaine. 
  5. La seule chose qui empêcha cet accord formel entre Rome et la Fraternité à ce moment, ce fut la fuite, le 10 mai 2012, des lettres échangées les 7 et 14 avril de cette année-là entre Mgr Fellay et les trois autres évêques de la FSSPX qui étaient opposés à cette Déclaration (qu’il leur avait soumise avant de l’envoyer à Rome le 15 avril). Cette fuite et le voyage « promotionnel » de Mgr Fellay et ses amis ayant créé une forte réaction publique de nombreux prêtres de la FSSPX, Rome déclara, le 16 mai 2012, que le cas de Mgr Fellay et celui des trois évêques dissidents devraient être négociés séparément avec Rome. C’était une manière de dire que, en raison des dissensions internes au plus niveau dans la Fraternité, un accord général entre la Rome conciliaire et la Fraternité n’était pas possible à ce moment. En d’autres mots : avant que Rome puisse « normaliser » la Fraternité, celle-ci devait remettre de l’ordre dans ses rangs et revenir avec un front uni. 
  6. Alors, Rome, comme promis, convoqua Mgr Fellay à Rome. Il s’y conforma rapidement et le 13 juin, il était là-bas. Mais il lui fut donné à signer une nouvelle version de sa Déclaration du 15 avril, dans laquelle il y avait un paragraphe supplémentaire demandant l’entière acceptation de Vatican II. Ainsi Rome permettait-elle à Mgr Fellay de sauver la face à l’intérieur de la Fraternité, en lui donnant une raison officielle de refuser la dernière proposition romaine, et donc de paraître à nouveau « traditionnel ». Mgr Fellay déclara alors que tous les contacts avec Rome étaient suspendus et que la Fraternité était « revenue au point de départ ». (13 juin 2012)
  7.  Malgré ce « vaillant » refus de la proposition romaine de juin par Mgr Fellay, le Chapitre Général subséquent (Juillet 2012) fit un changement à 180° de la politique de la Fraternité, et déclara officiellement que la Déclaration du Chapitre Général de 2006 (« Pas d’accord pratique sans accord doctrinal », c’est –à-dire pas d’accord avec la Rome non-convertie) était désormais nulle et non nécessaire, et qu’une reconnaissance par la Rome non-convertie pouvait maintenant être acceptée, pour autant que Rome remplisse trois « conditions nécessaires » pour protéger l’ « identité » et la « mission » de la Fraternité. (Je reviendrai sur ce point plus loin) 
  8. En outre, le Chapitre Général de 2012, grâce à l’intervention de l’abbé Pagliarani (Et oui ! le nouveau Supérieur Général !), ne condamna pas Mgr Fellay pour sa proposition du 15 avril à Rome. De plus, il en sortit une Déclaration finale d’unité, disant explicitement que la Fraternité, après quelques temps de difficultés, avait retrouvé son unité. Plus tard, le Supérieur Général et ses assistants procédèrent à l’expulsion officielle, ou au déplacement « dans la brousse », de tous ceux qui avaient exprimé publiquement leur opposition à l’abandon de la politique de 2006, c’est-à-dire Mgr Williamson et quelques prêtres (votre humble serviteur étant l’un d’eux). Ainsi, seulement quelques mois après que Rome ait envoyé le message que les Supérieurs de la FSSPX avaient besoin de « remettre de l’ordre dans ses rangs » et de se présenter « avec un front uni », il fut visible que ces souhaits avaient été accomplis. 
  9. Cela conduisit à davantage de rencontres avec les officiels romains, et même avec le Pape François, et à l’adoption par Mgr Pozzo et Mgr Fellay, en septembre 2014, de la résolution de « régulariser » la situation de la FSSPX, et d’arriver à la « pleine communion », en travaillant « par palier ». Ils déclarèrent aussi qu’une « régularisation » pourrait s’opérer avant que tous les points de divergence soient éclaircis, et que ces « questions difficiles » pourraient être traitées, dans une atmosphère de « charité fraternelle », après la « normalisation ». 
  10. Ceci fut suivi de « concessions » de la part de Rome qui « régularisèrent » l’administration de sacrements par la Fraternité : la Pénitence (d’abord provisoirement en 2015, et ensuite à titre définitif en 2016) ; les Saints Ordres (2016) ; et le Mariage (2017). Ces « concessions » amenèrent la Fraternité, au moins pour l’administration de ces trois sacrements, sous l’autorité du Code de Droit Canon de 1983 (qui, comme l’a écrit J-P II dans sa Préface, met sous forme de lois les enseignements de Vatican II). Ces « concessions » furent toutes acceptées, avec gratitude et officiellement, par le Conseil Général de la Fraternité (Mgr Fellay et ses deux assistants). 

Tout ce qui précède nous montre que les discussions doctrinales de 2009-2011 ont mené à un tel point que, sans la fuite, en mai 2012, des lettres échangées par les quatre évêques, la Fraternité aurait été « reconnue », au printemps 2012, par la Rome non-convertie, et il lui aurait été donné un statut de Prélature Personnelle. 


Et même si ce plan ne fut pas réalisé en juin 2012, il a néanmoins conduit à des changements radicaux dans les orientations de la Fraternité et parmi ses membres, seulement quelques mois plus tard ! 
tr_bq a écrit:

(Une rapide remarque au sujet des « conditions nécessaires » à un accord avec l’Eglise Conciliaire décrétées lors du Chapitre Général de 2012 : Ces « conditions » posées par la néo-FSSPX sont une réminiscence du langage utilisé dans tous les accords signés par les autres Sociétés traditionnelles et l’Eglise Conciliaire ! En effet, tous ces accords affirment que Rome promet de protéger « la grâce et le charisme propres » de l’Institut ! Maintenant, réfléchissez un tout petit peu, et vous verrez à quel point un tel langage est très révélateur ! Effectivement, si Rome déclare qu’être Catholique est «une grâce et un charisme propres » de l’institut religieux qui nécessite une approbation spéciale et une protection de la part de Rome, cela implique que Rome ne considère pas le fait d’être Catholique comme le « courant dominant » et « normal » dans l’Eglise Conciliaire ! Et la raison en est que l’Eglise Conciliaire est officiellement œcuménique depuis la fin du Concile (1965). En d’autres mots, lorsque l’Eglise Conciliaire « reconnaît » un institut traditionnel,
  • Elle déclare implicitement que l’Eglise Conciliaire est différente de l’Eglise Catholique 


tr_bq a écrit:
  • Elle accepte la Tradition dans un esprit d’œcuménisme, c’est-à-dire celui de « L’unité dans la diversité ». ) 

Revenons au 22 novembre 2018 : à présent, que pouvons-nous raisonnablement espérer de la requête de l’abbé Pagliarani de ré-ouvrir les « discussions doctrinales » avec Rome ? 


Evidemment, rien de bon ! 


En effet, durant les discussions doctrinales de 2009-2011, la Fraternité était toujours officiellement guidée par la Déclaration du Chapitre Général de 2006 (mentionnée au point 7). De plus, durant ces discussions, la Fraternité avait trois de ses quatre évêques opposés à un accord « pratique » avec la Rome non-convertie. La Fraternité pouvait aussi compter en son sein sur un bon nombre de prêtres farouchement anti-libéraux, qui n’avaient pas peur d’ « aboyer face aux loups déguisés en agneaux » publiquement. 


Mais, en 2018, la Fraternité commencera une nouvelle série de discussions doctrinales avec la Rome Conciliaire sur une base beaucoup plus faible ! Parce que depuis 2012, la Fraternité a changé en profondeur ! 


En effet, depuis 2012 : 
  1. La Fraternité a accepté le principe d’un accord avec une Eglise Conciliaire qui resterait Conciliaire. 
  2. Elle a expulsé tous ses membres qui étaient publiquement anti-libéraux, et Mgr De Galarreta et Mgr Tissier ont changé d’avis et rejoint Mgr Fellay. 
  3. En acceptant les trois « concessions » romaines de 2015, 2016 et 2017, elle s’est déjà placée sous la juridiction du Code de Droit Canon moderniste de 1983 et sous les autorités modernistes. 
  4. Le Chapitre Général de 2018 a de nouveau négligé de condamner la Déclaration de Mgr Fellay du 15 avril 2012, qui avait été initialement approuvée par le Pape Benoît XVI. 
  5. Ce même Chapitre Général de 2018 a élu à sa tête cinq Supérieurs Majeurs qui ont été actifs dans la recherche d’une « régularisation » par l’Eglise Conciliaire. 
  6. Il adopta également une tournure de phrase ambiguë qui peut être interprétée comme donnant au nouveau Supérieur Général pleine et absolue autorité pour signer unilatéralement un accord avec l’Eglise Conciliaire, c’est-à-dire sans avoir besoin de l’approbation d’un nouveau Chapitre Général. (Evidemment, une telle ambiguïté dans les propres documents officiels de la Fraternité n’est pas de bon augure pour la clarté des discussions à venir avec Rome !) 

C’est pourquoi, si les discussions de 2009-2011 amenèrent la Fraternité solide au bord d’un accord formel avec l’Eglise Conciliaire, nous avons des raisons de craindre que les discussions de 2018 conduiront une Fraternité faible à accepter formellement de rendre « entière » ce qui n’a été jusqu’ici qu’un régularisation « partielle », en d’autres termes, à aller d’un « Communion » partielle à une « Communion » entière. Ceci peut uniquement apporter un désastre en ce monde et dans l’autre. 


Les Supérieurs, membres et fidèles de la néo-FSSPX devraient se souvenir de l’avertissement donné par Notre-Seigneur dans le Livre de l’Apocalypse : « Sortez de Babylone (c’est-à-dire la Grande Babylone sise sur les sept collines = la Rome Prostituée), mon peuple, de peur que vous n’ayez part à ses péchés et que vous ne receviez de ses plaies. » (Apocalypse 18:4 ) 


Que Dieu ait pitié de Son Eglise ! 


Abbé P. Girouard

Traduction par nos soins, revue et approuvée par l'abbé Girouard


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