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Campos (suite) Nouvelle de Chrétienté N°75

 
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Viguerie


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MessagePosté le: Mer 22 Fév - 19:22 (2017)    Sujet du message: Campos (suite) Nouvelle de Chrétienté N°75 Répondre en citant

En mai 2001, le cardinal Hoyos m’écrivit pour m’inviter à continuer les pourparlers. Nous ne pouvons pas vous accorder la messe tridentine, écrivait-il ; les évêques fidèles considèrent qu’on ne peut pas autoriser tous les prêtres à la célébrer, parce que ce serait compris comme une dévalorisation de la nouvelle messe. En aparté, je vous révèle ce qu’un évêque de France nous a dit : «  L’Eglise a besoin que vous donniez une forme à la nouvelle messe.  » Cela prouve qu’au moins un évêque reconnaît que la nouvelle messe n’a pas de forme. Eh bien, si elle n’a pas de forme, laissez la tomber ! N’essayez pas de la sauver ! Qu’elle disparaisse! Le cardinal disait encore que le pape est prêt à lever l’excommunication des évêques de la Fraternité, quand l’accord sera signé. Je me demandais : « Si ce n’était pas à ce moment-là, ce serait quand ?! » Nous avons demandé cela comme première étape, pas comme dernière étape. Je lui ai répondu en juin, le mois suivant : « Non. Vous nous mettez devant un dilemme. C’est une impasse. Si vous voulez poursuivre les entretiens, ai-je écrit, il faut que nous changions le sens de la question, à savoir, comment regardons nous tout cela ? » L’idée de fond de la lettre était : nous ne sommes pas coupables, nous ne sommes que la conséquence d’une situation qui a été provoquée par Rome. Le problème n’est pas dans la Fraternité, il est à Rome. Nous n’avons rien changé. Nous ne faisons que conserver la Tradition et la discipline catholiques, ce que l’Eglise a toujours fait, ce qui a toujours sanctifié les fidèles, les prêtres et les évêques à travers les siècles. C’est cela que nous faisons. Nous n’apportons aucun changement, donc le problème ne peut pas être de notre côté. A l’inverse, le problème est à Rome. Je lui ai demandé d’examiner de quelle façon Rome est en train de détruire le Magistère, de quelle façon elle est en train, pour ainsi dire, de scier la branche sur laquelle elle est assise. Apparemment, le cardinal n’a pas aimé ma lettre, bien qu’il ait appelé pour dire qu’il donnerait une réponse forte après les vacances, début septembre. Je n’ai toujours pas de réponse. Je sais qu’il avait préparé une réponse de 11 pages.
1 La situation à Campos
Pendant ce temps-là, il commençait à se passer des choses à Campos avec l’Union Sacerdotale  St-Jean-Marie Vianney. En juin 2001, Campos m’envoyait une lettre me demandant : «  S’il vous plaît, s’il vous plaît, ne rompez pas avec Rome. Il faut que vous examiniez ce qu’ils vous proposent. » J’ai répondu : « Nous n’avons jamais rompu, nous avons simplement dit que nous suspendions les entretiens. Nous allons attendre, c’est tout. » Campos a répondu : « Vous êtes en meilleure position que nous, vous savez ce qui se passe et nous vous suivrons. »
Cependant, le 15 juillet, un membre de la Congrégation du Clergé, rédemptoriste brésilien du nom de Guimaraes, rendait visite à Campos et proposait un accord séparé. Une proposition séparée était évidemment un procédé destiné à séparer Campos de la Fraternité. Je ne voulais justement pas cela. Je voulais former un ensemble. Nous sommes beaucoup plus forts sur un front uni que sur plusieurs. Rome leur a proposé de leur donner un évêque qui serait consacré dans la cathédrale de Campos par le cardinal Castrillon-Hoyos avec, comme co-consécrateurs Monseigneur Rangel et l’évêque local, qui s’appelle Guimaraes (homonyme du membre de la Congrégation du Clergé). L’envoyé du cardinal Castrillon promit que
l’évêque serait un des membres de l’Union Sacerdotale, qu’il ferait de lui son auxiliaire, avec le même statut que la Fraternité St-Pie X, pour tout le Brésil. Dans une lettre datée du 18 juillet, Campos m’écrivait : « Le pape veut nous donner un évêque. Si nous nous y opposons, nous sommes schismatiques ! Nous devons accepter cette volonté du pape. » Cette lettre m’a été remise en mains propres par l’abbé Rifan le 12 septembre ! Pendant les sept semaines d’intervalle, l’accord était conclu. La lettre demandait mon approbation pour ce que Campos projetait de faire. Et le temps que je la reçoive, l’acte était accompli. En tout cas, ma réponse aurait été celle-ci : « Non, en conscience, je ne peux pas approuver ce que vous faites. Vous êtes très imprudents. Vous ne regardez pas toutes les circonstances. En ce moment, vous êtes en train de diviser la Tradition. Vous n’êtes pas attentifs à ce qui se passe dans l’Eglise. Vous vous sabordez. » En septembre 2001, j’ai demandé à Mgr de Galaretta de se rendre à Campos pour parler avec l’Union sacerdotale. Il l’a fait, mais en vain. Les prêtres étaient déjà fermement décidés et il n’y avait rien à faire. Ils se défendaient en disant que c’était une question de prudence. Point. Fin de l’entretien. A la fin du mois d’octobre, je m’y suis rendu. J’ai parlé avec Mgr Rangel, j’ai essayé de leur dire : « Qu’est-ce que vous faites ? Regardez ce qu’on est en train de faire à la Fraternité StPierre, là, en ce moment ! » Rien ! Rien ! Ils ne voulaient pas parler avec moi. Leur décision était prise, c’était très clair. Ils disaient : « Vous ne leur faites pas confiance. Nous, si. » Que dire ? Pendant tous ces mois, septembre, octobre, novembre, l’abbé Rifan était à Rome, mais il m’a dit que tout ce qu’il avait fait était de transmettre la proposition de Campos à Rome, c’est tout. Différentes rumeurs circulaient, contradictoires. J’ai demandé à Mgr Rangel : « Que se passe-t-il ? » Il me répondit qu’ils avaient soumis leur proposition à l’approbation du pape. Une fois que le pape eut donné son accord, elle a été transmise à une commission de cardinaux qui ont étudié l’affaire; ils étaient d’accord. Ensuite, elle a été envoyée au Secrétaire d’Etat qui l’a étudiée et qui a fait des difficultés… Vous voyez comme tout marche la tête en bas. Je pensais que lorsque le pape dit « c’est bon », cela devrait être bon ; ce n’est pas le cas. Le bon sens commun nous dit qu’on commence par les autorités inférieures, puis qu’on monte jusqu’au chef, pas le contraire. Il était prévu que le Saint-Père signe l’accord avant son départ pour le Kazakhstan, le 25 septembre ; mais, en fait, il a été signé le 25 décembre ! Quelle sorte d’accord ?
Qu’est-ce qui a été signé ? Au début, c’était confus. Le cardinal Castrillon a appelé l’abbé Simoulin, le 26 décembre, pour lui dire que le pape avait signé un accord avec Campos, pour établir quelque chose comme un ordinariat militaire [qui donnerait à l’Union Sacerdotale son propre évêque, avec vraie juridiction sur ses sujets]. Mais ce n’était pas vrai. L’accord doit établir une administration apostolique [dont l’évêque a une juridiction personnelle sur les fidèles qui s’adressent à elle, qui se superpose à celle de l’évêque du lieu]. Le lendemain de la signature, le cardinal Castrillon, celui qui est supposé savoir ce qui se passe, nous dit quelque chose de faux ! Bizarre ! D’après ce que j’ai entendu dire, le cardinal Castrillon est passé au-dessus du cardinal Sodano, Secrétaire d’Etat, qui voulait n’accorder à l’Union Sacerdotale que ce qui a été accordé à la Fraternité St-Pierre (ce qui n’est ni un ordinariat militaire, ni une administration apostolique, puisqu’ils n’ont pas d’évêque de toutes façons). Le cardinal Castrillon est allé voir le pape et a obtenu l’administration apostolique pour l’Union Sacerdotale. Cependant, l’accord est maintenant limité au seul diocèse de Campos, et non plus valable pour tout le Brésil comme il avait été promis tout d’abord. (…) A remarquer également que c’est sous l’autorité de la Congrégation du clergé que Campos a été placé. Or, elle est dirigée par le cardinal Jean-Baptiste Re, de qui j’ai parlé précédemment ; c’est celui qui a dit en 1986 que la messe tridentine était temporairement autorisée, que la loi générale de l’Eglise était la nouvelle messe et qu’il faudrait y venir. Campos est sous les ordres de ce chef ! (…) Mgr Rangel a été nommé titulaire du diocèse de Zarna, en Afrique du nord. Or, Zarna est l’ancienne Carthage, la célèbre ville ennemie de la Rome antique ; et un dicton circulait chez les anciens Romains : « Carthago delenda est », « il faut détruire Carthage ». Vous pouvez être sûrs que le choix de ce titre pour Mgr Rangel n’est pas dû au hasard. Rome affectionne ce genre de jeu de mots. L’abbé Georges Cottier, théologien pontifical, a fait cette remarque que le pas important en l’occurrence était d’avoir accepté le Concile. Maintenant que c’est fait, « nous devons nous attendre peu à peu à d’autres actes de rapprochement: par exemple, la participation à des concélébrations dans le rite réformé. Mais il faut encore faire preuve de patience. Il est essentiel  que leurs cœurs ne s’y refusent pas plus longtemps. L’unité retrouvée au sein de l’Eglise renferme en elle-même une dynamique interne qui portera ses fruits.» Rome attend que l’administration entière vienne à la nouvelle messe. Que dit la Fraternité de l’accord Campos-Vatican ?
Nous reprochons deux choses à Campos. Le premier reproche est de n’avoir exigé aucun préliminaire de Rome, comme la Fraternité l’a fait. Cette première étape était nécessaire. Avant de construire la travée d’un pont, il faut construire sur les rives des assises solides, capables de le soutenir. Campos a négligé cette étape, parce qu’ils étaient pressés d’obtenir ce qu’ils voulaient. Maintenant ils ont leur belle voiture et les clous sont sur la route. Le second reproche est l’affaire de la réunion de prière du second Assise (24 janvier 2002). Cette affaire d’Assise est un tel scandale, qu’elle exige de quiconque se soucie du salut des âmes qu’il se lève et qu’il dise : « Non possumus ». Mgr Rangel ne s’est pas levé, les prêtres de l’Administration apostolique non plus. Ils n’ont fait aucune déclaration au sujet d’Assise. Savez-vous ce qui s’est passé dans le couvent St-François ? On a demandé aux différents groupes : « Quelle genre de pièce voulez-vous ? » Par exemple, les disciples de Zoroastre ont dit : « Nous avons besoin d’une fenêtre, parce que nous allons faire un feu. » Ils ont eu leur pièce avec une fenêtre. Les Musulmans voulaient une pièce orientée vers la Mecque. Ils l’ont eue. Les Juifs ont dit : « Nous voulons une pièce qui n’ait jamais été bénie. » Ceci est un rejet direct du Christ, puisque tout ce qui est béni, l’est toujours au nom de Jésus-Christ. Dire « nous voulons une pièce qui n’ait jamais été bénie », signifie « nous voulons quelque chose qui n’ait rien à voir avec Jésus-Christ ! » Qu’est-ce que Rome a fait ? Ils ont eu leur pièce. Tous les crucifix ont été retirés du monastère ! Et les crucifix qui ne pouvaient pas être déplacés, ont été recouverts. C’était exactement ce que voulaient dire certains dessins qui circulaient en 1986, au moment de la première réunion d’Assise, où on montre le pape disant à Jésus-Christ : « Allez-vous-en. Nous n’avons pas de place pour vous ici. » Pour avoir cette réunion avec d’autres religions, Rome a été obligée d’enlever
le Christ. C’est horrible. C’est vraiment l’abomination. Ils ont enlevé l’Essentiel, le vrai Dieu, le seul Médiateur, l’Unique par qui nous puissions obtenir tout bien ! Ils l’ont enlevé ! Et quand vous pensez que les animistes à Assise ont pris une poule et l’ont décapitée – c’est le moyen pour obtenir la paix ?  Ces histoires sont invraisemblables ! C’est absolument ridicule, mais ce n’est pas seulement ridicule ; c’est vraiment un sacrilège, un blasphème. La Fraternité est absolument contre cela. De Campos, rien ! Pour la première réunion d’Assise, Mgr de Castro Mayer avait cosigné une lettre avec Mgr Lefebvre contre la réunion. Ils étaient ensemble. Ils ont manifesté leur opposition. Maintenant, la Fraternité est seule. Campos ne dit plus rien. Psychologiquement parlant, c’est parfaitement compréhensible. On ne peut pas rejeter la main qui vous a donné une si belle voiture, n’est-ce pas ?
Pas de reconnaissance de la Tradition
Qui est Rome pour pouvoir signer un accord avec Campos et la même semaine faire quelque chose comme Assise II ? Ils ne diront certainement pas « Nous reconnaissons la Tradition » dans un sens universel. Mais Campos est satisfait parce que Rome a reconnu la Tradition à Campos. L’ont-ils vraiment reconnue ? Si Rome reconnaissait la Tradition quelque part, elle ne serait pas capable d’avoir un Assise II, le contraire même de la Tradition. Il est impossible de voir dans la reconnaissance de Campos, une reconnaissance de la Tradition.
Au contraire, Assise II s’est élargi pour inclure la Tradition ! Rome dit : « Nous avons de la place pour les Zoroastriens, pour les Juifs, pour les Musulmans, pour les animistes, les Bouddhistes, les Hindous… et nous avons une place pour vous ! » C’est cela. Rome a une place dans le zoo pour la Tradition.
Mais ce n’est pas comme cela que la Fraternité St-Pie X voit les choses. Notre point de vue est qu’il y a une seule vérité, la vérité éternelle. Cette vérité est exclusive. La vérité ne permettra pas que son contraire soit mis sur un pied d’égalité avec elle. En mathématiques, c’est clair. N’importe quel étudiant qui dirait : « Deux plus deux égalent cinq » serait recalé ; mais l’œcuménisme dit : « Ce sera le chiffre que vous voulez ». Nous disons : « Non, c’est quatre. Point. » Un seul nombre est le bon. Nous disons que toutes les autres religions sont fausses, une seule est la vraie. Cette vérité est exclusive. C’est la seule par laquelle nous puissions être sauvés. Toutes les autres trompent les gens. Elles ne peuvent pas mener à Dieu. Et je peux dire que la seule vue d’Assise II nous aide à comprendre l’énormité du problème qui existe dans l’Eglise aujourd’hui. La Fraternité n’est pas le problème ; le problème est à Rome. Quelle est la vraie Rome ?...
Rome ne doit pas être considérée comme étant plus traditionnelle uniquement parce qu’elle a fait ce pas vers nous. Les événements de l’année passée prouvent le contraire. Travail de sape de la théologie sacramentelle Le 20 juillet 2001, le Conseil Pontifical entre les Chaldéens – rite oriental de l’Eglise catholique –et les Assyriens (qui ont un rite semblable, mais ne sont pas catholiques). Les Assyriens sont les Nestoriens des temps modernes, hérétiques qui proclament que Jésus-Christ est deux personnes (ce qui est en contradiction avec l’enseignement catholique qui dit que Jésus-Christ a deux natures dans son unique personne). Il y a 400 000 Chaldéens catholiques et 300 000 Assyriens (non-catholiques). Les Assyriens sont répandus à travers le monde entier ; leur centre est l’Irak. Il leur reste très peu de prêtres. Suite à un accord antérieur (1994), les Chaldéens et les Assyriens peuvent donner la communion à la messe les uns des autres. C’est déjà discutable, mais le point que je veux souligner va plus loin. Ils ont une messe qui n’a pas de paroles de consécration, aucun mot de l’institution de l’Eucharistie. Cette messe s’appelle l’Anaphore de Addai et Mari. Or, le cardinal Kasper a annoncé que, après une longue étude historique et théologique, le cardinal Ratzinger est arrivé à la conclusion que cette messe – sans paroles de consécration – était valide. C’est absolument incroyable. Rome dit : « Les paroles de la consécration sont éparpillées tout au long de la messe. On trouve les paroles par-ci, par-là. Donc, il y a consécration. »
C’est là une destruction de toute la théologie catholique des sacrements (en particulier en ce qui concerne la forme du sacrement). Imaginez qu’un prêtre, ici à l’église Saint-Vincent-de-Paul, supprime la Consécration. Pour vous tous, il serait clair qu’il n’y a pas eu de messe. Eh bien, Rome nous dit que c’est une messe !2 Théologie de l’Eglise
La stratégie des modernistes pour détruire la théologie a toujours été de commencer par créer la confusion en éliminant la précision. Regardez le nouveau concept d’“Eglise” du cardinal Ratzinger, par exemple. Il a dit récemment, en subtance (dans une conférence donnée à Ancona, en Italie) : « Le terme pour “Eglise” était autrefois “le Corps mystique du Christ”. Mais nous voyons bien que cela signifi e que vous en êtes membre, ou vous n’en êtes pas membre, et cela ne colle pas à la réalité. C’est pourquoi les théologiens ont cherché dans la Sainte Ecriture un mot ou un concept qui collerait mieux à la réalité et ils ont trouvé “le Peuple de Dieu”. » Vous voyez de quelle façon la précision limpide a été supprimée ? Auparavant, ou bien vous étiez membre de l’Eglise catholique ou bien vous ne l’étiez pas. Mais les modernistes veulent une zone en demi-teinte et ils inventent “le Peuple de Dieu”, ce qui fait que personne ne sait qui en fait partie et qui est en dehors ! C’est cette stratégie qui vise maintenant gravement la consécration et l’ensemble de la théologie du sacrement. Le résultat sera sa destruction par les modernistes. Ils disent : « Enfi n, c’est la fi n de cette théologie moyennâgeuse des paroles magiques. » Canoniser un prêtre condamné ?
En juillet 2001, la Congrégation pour la doctrine de la foi a publié un verdict scandaleux concernant l’abbé Antonius de Rosmini
Serbati (1797-1855), ce prêtre italien dont 40 propositions ont été condamnées à titre posthume par le Saint-Offi ce en 1887. En dépit de cela, le pape Paul VI a mis en route un travail en vue de la béatifi cation de Rosmini et établi une commission pour étudier ce problème, puisqu’on ne peut pas canoniser quelqu’un qui a été condamné par l’Eglise. Cette commission a rendu son verdict : « Non, vous ne pouvez pas le béatifi er ». Le pape Jean-Paul II a appelé une nouvelle commission pour étudier le même problème ; celle-ci a rendu un verdict identique. Qu’a fait le pape ? Il est passé outre. Le problème reste que Rosmini a été condamné, et à juste titre. Le cardinal Ratzinger est venu à la rescousse : « Qu’il ait été condamné, en son temps, c’était normal. Mais maintenant, ce n’est plus comme cela. Au moment où il a été condamné, le Vatican se servait de lunettes thomistes pour rendre ses jugements. Si on se sert de lunettes thomistes, il est condamné. Par contre, si on se sert des lunettes de Rosmini, la condamnation n’a plus de valeur, elle peut être contestée. » Qu’est-ce que le cardinal Ratzinger est en train de dire ? Il est en train de mettre la vérité sur une pente glissante. Et une fois de plus, les modernistes ont très bien compris ce qui s’est passé. Ils disent que, pour la première fois, le Vatican a fait usage de la « méthode historico-critique » concernant une condamnation de l’Eglise. Cette « méthode historico-critique » est une tactique bien connue des modernistes qui proclament que la vérité évolue, que les vérités dogmatiques d’hier diffèrent de celles d’aujourd’hui et que ce qui était considéré comme faux hier, pourrait bien être considéré comme vrai aujourd’hui. Ce cas de Rosmini va provoquer une confusion énorme. Travail de sape de la Sainte Ecriture
Un autre fait nouveau et frappant est une décision, l’automne dernier, de la Commission Biblique, placée sous le contrôle de la Commission pour la Doctrine de la foi. La Commission biblique a publié un livre en français qui traite de la vision Juive de la Bible chrétienne. Il traite de la façon juive des temps modernes d’interpréter les Saintes Ecritures. La conclusion en est : « L’interprétation juive s’est développée en parallèle avec l’interprétation chrétienne et les deux sont valides. Il ne faut pas exagérer la valeur de preuve attribuée à l’accomplissement des prophéties. Les Juifs ne sont pas sans excuse de ne pas voir le Christ dans les Saintes Ecritures. » Mais Notre-Seigneur Lui-même a dit : « Lisez les Ecritures. Elles parlent de Moi. » Il l’a dit ! Les gens de la commission contestent les paroles de Notre-Seigneur. Comment les exégètes modernes interprètentils les paroles de Notre-Seigneur : « Malheur à vous, Pharisiens » ? Ils disent : « L’évangéliste refl ète l’attitude discrimatoire de la communauté chrétienne primitive, laquelle avait des problèmes avec les Juifs ! » Mais ces paroles viennentelles de Jésus Lui-même ou non ? Ces paroles sont-elles la vérité ou non ? Ce nouveau livre conclut que non. Ceci est directement contre le dogme catholique qui nous enseigne que les Saintes Ecritures disent la vérité, qu’elles sont authentiques, ont été écrites par des écrivains inspirés et non par des gens du deuxième ou troisième siècle. La Sainte Ecriture tout entière est discréditée maintenant. Sans que cela se remarque beaucoup, on lance des bombes atomiques contre l’Eglise, sans beaucoup de bruit  et depuis des années.
Et le futur ?
Cependant, à un tout autre niveau, quelque chose bouge à l’intérieur de l’Eglise. Nombre de prêtres et d’évêques se tournent vers la Tradition, qui voudraient célébrer la messe tridentine. Jusqu’à présent il est évident que les prêtres, individuellement, ont été plus courageux que les évêques. Mais des évêques viennent vers nous et nous parlent. Auront-ils, un jour, le courage de se lever et de nous rejoindre publiquement dans ce combat énorme contre les ennemis de l’Eglise, qui essaient de la détruire? Dieu seul le sait. Nous verrons. Combien de temps durera ce combat ? Je ne sais pas. La seule chose que je sais, est que l’Eglise catholique est notre Eglise et que ceux qui restent attachés à NotreSeigneur, le vrai Capitaine de la fl otte, gagneront. Donc nous sommes sûrs que nous gagnerons tant que nous resterons fi dèles, tant que nous resterons attachés à tous nos devoirs, même si nous sommes frappés, même si nous prenons de mauvais coups. L’important est de rester fi dèles.
Il se trouve que la Fraternité a dans les mains la messe et le macerdoce, les plus grands et les plus précieux trésors de l’Eglise. Nous n’y pouvons rien, c’est comme cela. Je dis qu’ils sont à la Fraternité parce que nous sommes catholiques, mais, bien sûr, ils appartiennent à l’Eglise catholique. Mais la Fraternité est comme un homme à qui on a confi é quelque chose de très précieux. Eh bien, quel est le devoir d’un tel homme ? Il est très simple : il doit garder ce bien, jusqu’à ce que le vrai propriétaire le reprenne. Il ne doit pas s’en débarrasser, ni en couper une partie. C’est le devoir de la Fraternité St-Pie X. Elle doit sauvegarder ces biens, jusqu’au jour où Rome s’en resservira et qu’elle en fera profi ter toute l’Eglise. C’est tout ce que nous devons faire. Nos entretiens avec Rome n’ont pas été des négociations, des transactions. Dès le départ, j’ai dit à Rome : « Il faut que vous nous preniez tel que nous sommes ». J’ai dit au cardinal Castrillon à la première rencontre : « Nous ne dirons jamais la nouvelle messe ! C’est hors de question. Cela ne se discute pas. » A première vue, il ne m’a pas donné l’impression qu’il voulait discuter à ce sujet. Il ne pouvait pas, parce que je ne voulais pas. Cette crise est une lutte tellement radicale entre le démon, ses instruments, et  Dieu et Son Eglise, qu’il serait ridicule de penser pouvoir la résoudre avec de simples moyens humains, avec une discussion humaine. Non. Cela va trop loin. Les moyens avec lesquels ce combat est à mener sont essentiellement des moyens surnaturels. Ce sont la prière, le recours à Notre-Seigneur Lui-même et le sacrifi ce. Certainement, la vraie consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, quand elle sera faite comme Notre-Dame l’a demandé, jouera un rôle important. C’est avec ces moyens-là que la crise sera surmontée.
Le sujet dépasse le fait que l’étiquette “excommunié” soit retirée. Cela ne change rien à la crise de l’Eglise. L’état de l’Eglise est horrible. Par exemple, il y a l’obéissance. Les gens à Rome disent que la désobéissance échappe au contrôle à l’intérieur de l’Eglise. Il y a quelques années, on a demandé au cardinal Ratzinger : « Quel pouvoir avez-vous ? » A quoi il a répondu : « Très peu ». Dans son dernier livre, il a écrit : « Le concept d’autorité a disparu. » Cela signifi e qu’il ne reste rien. Ils ont perdu le contrôle à Rome. Ils ne sont plus obéis. C’est dans cette terrible situation qu’ils se trouvent. Bien sûr, quand Rome fait des déclarations qui se contredisent, L’Eglise catholique est chaque fois plus broyée. Les Romains ne retrouveront aucun pouvoir, ni rien de bon de la façon dont ils se conduisent. A vues humaines, c’est sans espoir. Nous savons, cependant, ne pas regarder l’Eglise qu’avec nos yeux humains. L’Eglise est surnaturelle. C’est l’Eglise de Dieu, de NotreSeigneur. Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle, mais,
humainement parlant, nous sommes en train de mourir.
Il y a deux ans, j’ai compulsé un répertoire des religieux en Irlande : 10 000 frères ; dans les noviciats des frères : quatre. Cela prouve que c’est la fin. Les religieuses ? 32 000 ; au noviciat : 150. Est-ce que 150 vont en remplacer 30 000 ? Sûrement pas. C’est la fi n. Aux USA, les chiffres disent que le nombre des prêtres actifs va diminuer de 40%. D’ici 2005, en France, le nombre de prêtres va tomber de 17 000 à 8 000. Cela fait plus de la moitié en trois ans. Nous prenons le chemin du désert. C’est un désastre sans nom.
Donc, pour nous, c’est simple : il faut continuer. Nous prions pour le jour, où Rome dira non seulement que les fruits de la Fraternité sont bons, mais encore : « C’est le chemin que nous devons prendre. » En attendant, la Fraternité fera son travail ; elle ne restera pas inactive. Elle aidera des prêtres à comprendre les problèmes qui existent à l’intérieur de l’Eglise. J’ai assigné à plusieurs de nos prêtres la tâche de mener des études théologiques et de préparer des publications. On peut appeler cela des missiles, si on veut. Nous espérons que Rome dise fi nalement : « C’est vrai, il y a un problème. » Je vous assure que des gens, à l’intérieur de Rome, demandent cela à la Fraternité, des gens qui nous disent : « S’il vous plaît, ne cédez pas, continuez, insistez sur vos conditions préalables ! »
Il y a parallèlement tant de bénédictions, tant de consolations de Dieu, tant de signes de sa grâce dans notre travail. Tous les jours, nous marchons parmi des miracles, même je crois, des miracles de Monseigneur – il est à l’œuvre – même des miracles qui montrent aux gens où ils doivent aller.
Je pourrais vous raconter plusieurs histoires qui montrent clai
rement quelque chose : le Bon Dieu n’abandonnera pas ceux qui veulent rester fi dèles à la vérité. Dieu aidera ceux qui veulent Le servir, même si cela demande un miracle. Nous devons avoir confi ance en Dieu. Nous devons Lui accorder cette confi ance qu’Il est vraiment notre Père et que si nous voulons vraiment, vraiment être Ses fi ls, Il prendra soin de nous, quoi qu’il arrive. Bien sûr, nous devons être sérieux dans notre volonté d’être catholiques et nous conduire conformément à cette volonté. Si nous sommes sérieux et sincères, Dieu ne nous trompera pas.
Nous savons que nous vivons dans des temps diffi ciles. Mais Dieu est Dieu, Il est le ToutPuissant, maintenant comme avant. Il n’a pas changé. Il n’a pas perdu de Sa puissance. Une parole de Lui pourrait terminer cette crise dans l’Eglise. S’Il ne le fait pas, c’est Son affaire. Il donnera tout le secours dont nous avons besoin pour nous sanctifi er ici et maintenant. Il se peut que nous ayons à subir le martyre. Je ne peux pas exclure cette possibilité, mes chers frères. Quand nous voyons la gravité de ce combat, nous devons envisager cette éventualité. Nous devons prier le Bon Dieu qu’Il nous donne la grâce, quand le moment sera venu. En attendant, faisons chaque jour notre devoir d’état. Ce n’est pas compliqué. Confi ance en Dieu. Ne vous inventez pas de problèmes, faites ce que vous avez à faire. Restez catholiques, gardez votre foi, gardez votre espérance, gardez votre charité. (…) Je termine par une prière à la Sainte Vierge Marie et une bénédiction.
1 La réponse du cardinal Hoyos est arrivée au courant du mois d’avril sous forme d’une longue lettre dans laquelle il accuse certains membres de la Fraternité d’attitude schismatique. 2 A ce sujet, nous renvoyons nos lecteurs à l’article paru dans Nouvelles de Chrétienté 73, mars-avril 2002.


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MessagePosté le: Mer 22 Fév - 19:22 (2017)    Sujet du message: Publicité

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